Nous suivre :



Dossiers :
 
Articles :

Hier, mercredi 25 mai, des dizaines de milliers de Grecs indignés se sont rassemblés, de façon quasiment spontanée, dans plusieurs villes du pays. A Athènes, ils étaient entre 30 et 60 000 devant le parlement, à réclamer des députés qu’ils osent leur faire face, leur parler, ou au moins sortir sur le balcon, devant la foule.

Islande, Irlande, Grèce, Portugal, Maghreb, Espagne, France, Allemagne, Grande-Bretagne, Italie, Pays-Bas, Amérique du Sud, Afrique, Amérique du Nord... : la révolution mondiale s’est mise en branle.

Retrouvez une carte des Acampadas mise à jour, cliquez ici.

Ce mercredi soir [25 mai 2011], des dizaines de milliers de Grecs sont descendus dans les rues des principales villes du pays de manière pratiquement spontanée, à l’appel d’aucune organisation, simplement par le bouche à oreille moderne des « réseaux sociaux » de l’Internet. Les références au mouvement de contestation espagnol étaient évidentes.

A Athènes, une foule immense s’est rassemblée à partir de 17 h sur la Place Syntagma (Place de la Constitution, devant le Parlement). Jusqu’à 21 h, la foule n’a cessée de grossir. Une agence de presse grecque parle de 30 000 manifestants, des camarades sur place d’au moins 60 000. Des rassemblements ont également eu lieu à Thessalonique (8000), Patras (3000), Héraklion (1500), à Rhodes...

Les slogans les plus entendus étaient, à l’adresse des politiciens : « Voleurs ! » et « Qu’ils s’en aillent tous ! ». Il y avait des pancartes dont une « contre la cleptocratie ». La petite histoire dit que l’appel à ce rassemblement est né d’une banderole aperçue sur une photo de la Puerta del Sol occupée demandant que les Grecs se réveillent. C’est pourquoi, une grande banderole parfaitement visible disait en castillan et sur les couleur du drapeau espagnol (monarchiste) : « Nous sommes réveillés ! Quelle heure est-il ? C’est l’heure qu’ils s’en aillent ! »

Les manifestants d’Athènes exigeaient que les députés sortent du Parlement ou, au moins, se montrent à la fenêtre et osent leur faire face.

A Athènes comme à Héraklion, les manifestants ont organisé une assemblée avec micro et sonorisation où il a été décidé de rester indéfiniment sur les places centrales, de les occuper nuit et jour. Des groupes de travail ont été créés. D’après une correspondance, il y aurait des groupes « nettoyage, cuisine, organisation d’événements, et aussi un groupe de contact avec l’Espagne ».

En fin de soirée devant le Parlement, des milliers de personnes restaient et nombreux étaient ceux et celles qui semblaient vouloir y passer la nuit. Les tentes, l’installation pratique du camp, tout cela sera pour quand il fait jour, pour demain jeudi.

Les raisons de ces rassemblements quasi spontanés sont les mesures imminentes que le gouvernement s’apprête à prendre en urgence pour obtenir un nouveau versement (le cinquième, de 12 milliards d’euros) du prêt de 110 milliards imposé par la « Troïka » (BCE, UE, FMI), faute de quoi, dans quelques semaines, en juin prochain, l’État grec devra se déclarer en faillite (en cessation de paiement). Ce plan vise dans un délai très court (avant 2015), à récupérer 50 milliards d’euros, par des mesures d’austérité encore plus draconiennes que toutes celles déjà prises depuis plus d’un an et par une vague de privatisations de grande ampleur : la compagnie publique de téléphone, les ports, aéroports, casinos, sociétés de paris et loteries, banques, terrains... Une mission du FMI s’est installée dans le pays jusqu’au 6 juin pour diriger les opérations.

C’est la première fois qu’une mobilisation de masse se déroule dans ce pays indépendamment des syndicats et des partis.

Ce qui est intéressant de constater c’est que la vague de contestation de connaît aujourd’hui l’État espagnol est arrivée en Grèce, comme elle peut arriver ailleurs, mais que là, elle a été reprise comme une source d’inspiration évidente et s’est rapidement articulée avec la réalité de situation du pays et son urgence, avec l’exaspération et la révolte de toute une population qui ne se résigne pas et qui voit là l’occasion de reprendre l’initiative.

En sera-t-il de même ailleurs en Europe ? On verra.

Chaque jour, les coordonnées de la situation se modifient et tout pronostic est bien sûr impossible

Une chose est sûre, le « réveil » grec de ce mercredi 25 mai ne peut que renforcer la détermination des participants au mouvement actuel dans l’État espagnol et l’envie d’en faire autant partout ailleurs.

A suivre...

[Source : Mille Babord]