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À la fin de la Free Parade qui visait à dénoncer la répression que subit la Tekno Libre, samedi 20 avril, à Paris, les manifestant-es ont décidé de prolonger la “teuf” au bois de Boulogne, en célébrant dès minuit une Fête de “leur” Musique..

Quelques centaines de personnes se trouvaient déjà sur le site lorsqu’une cinquantaine d’agents de la B.A.C et de policiers en tenues anti-émeute, bientôt rejoint par de nombreux renforts, ont violemment chargé la foule à coups de matraques...

La police a pendant plusieurs heures conduit une véritable « chasse aux Ravers », n’hésitant pas à lâcher des chiens à leur poursuite…

Ce samedi 20 avril, une quinzaine de chars sonorisés et plusieurs milliers de Ravers ont défilé dans une ambiance festive à l’occasion d’une « Free Parade », manifestation en faveur des valeurs d’autonomie, de partage, de gratuité et de liberté (http://www.freeparadeparis.org/).

En cette veille de fête de la musique, cet événement était aussi porteur d’un message d’alerte et d’inquiétude des acteurs et des actrices de cette scène musicale.

Cette mobilisation visait à dénoncer la répression que subit la Tekno Libre (musique techno non-marchande), faisant ainsi écho aux manifestations de la semaine passée, qui avaient rassemblé plus de 1000 teufeurs et teufeuses dans les rues d’Évreux et de Mulhouse.

C’est en effet toute une mouvance musicale et culturelle qui est en proie à une répression drastiquement durcie depuis quelques mois, dont le « traditionnel » Teknival du 1er mai 2009 (festival autogéré rassemblant plusieurs milliers de Ravers et dont Nicolas Sarkozy s’etait engagé à faciliter la tenue chaque année) a constitué le point d’orgue : plus de 30 « Sounds Systems » français ont été
arbitrairement saisis par les autorités de l’État (http://www.systematek.org/gargouilles/), qui ont réquisitionné tout le matériel de sonorisation de ces collectifs musicaux, artistiques et culturels (matériel dont la valeur peut être estimée à deux ou trois millions d’euros !). Des centaines de personnes se retrouvent ainsi dépossédées (voire ruinées) pour avoir voulu offrir des fêtes
autonomes et non-commerciales. Une répression sans précédent en près
de 20 ans de Zones d’Autonomie Temporaire festives...

À l’ère du numérique, saisir le matériel sonore n’est il pas une nouvelle forme d’autodafé ?

À la fin de cette Free Parade les manifestant-es ont décidé de prolonger la « teuf » au bois de Boulogne, en célébrant dès minuit une Fête de « leur » Musique, conçue comme une légitime mise en accusation de la réduction croissante du droit d’expression des artistes et musiciens amateurs lors des festivités officielles du 21 juin.

Quelques centaines de personnes se trouvaient déjà sur le site lorsqu’une cinquantaine d’agents de la B.A.C et de policiers en tenues anti-émeute, bientôt rejoint par de nombreux renforts, ont violemment chargé la foule à coups de matraques. Les gens se sont alors regroupés pour éviter les coups et protéger le matériel sonore. En dépit de cette réaction manifestement pacifique, la police a poursuivi les charges au moyen de grenades lacrymogènes et de pistolets flash-balls, parfois de façon particulièrement dangereuse (tirs tendus ou même à bout portant, en direction du buste ou du visage, etc.). Des individus à terre ont été roués de coups de pieds et aspergés de gaz ; un handicapé, membre de Médecins Du Monde, fut même jeté hors de son fauteuil roulant avant d’être molesté au sol. Au passage, les forces de police ont volontairement détérioré des véhicules et du matériel appartenant aux fêtards.

Empêchant l’accès aux véhicules, la police a pendant plusieurs heures conduit une véritable « chasse aux Ravers », n’hésitant pas à lâcher des chiens à leur poursuite… Une attitude d’autant plus paradoxale que les Sound Systems avaient commencé à partir dès l’intervention policière.

Tandis que les membres de Médecins Du Monde tentaient d’effectuer des premiers soins, les policiers ont interdit l’accès aux pompiers venus secourir les blessé-es. En plus des dizaines de blessé-es à déplorer, nombre de personnes se trouvent en état de choc suite à cette longue nuit où les forces de l’ordre ont fait preuve d’une violence inconcevable face à des jeunes qui dansaient paisiblement au bord d’un
lac attendant l’aube d’un 21 juin normalement placé sous les auspices de la musique...

Nous demandons donc la libération immédiate des 4 interpelé-es et la restitution de tout les Sound Systems saisis, ainsi que l’arrêt des poursuites judiciaires à l’encontre des acteurs et des actrices de la mouvance Tekno !

Collectif des Sound Systems

A Propos de la Tekno Libre et des Free Party....

Ceux qui parlent de révolution et de lutte sans comprendre ce qu’il y
a de subversif dans notre culture, de positif dans le refus des
contraintes, ceux-là ont dans la bouche un cadavre !

Notre but est la participation immédiate à une abondance passionnelle
de la vie, à travers le changement de moments périssables délibérément
aménagés. La réussite de ces moments ne peut être que leur effet
passager. Nous envisageons l’activité culturelle, du point de vue de
la totalité, comme construction expérimentale de la vie quotidienne.
Il s’agit de produire nous-mêmes, et non des choses qui nous
asservissent. Notre identité est l’autogestion, la mobilisation
infinie notre force, la danse et la musique l’expression de notre
indéfectible liberté.

Or, la liberté absolue offense, déconcerte. On préfère alors invoquer
la maladie, la démoralisation, la déviance… pour légitimer son
oppression. Qui nous juge n’est pas né à l’esprit, à cet esprit de
liberté que nous voulons dire, et qui est pour nous bien au-delà de ce
que vous appelez la liberté.

Gare à vos logiques, Mes-sieurs-dames, gare à vos logiques, vous ne
savez pas jusqu’où notre haine de la logique peut nous mener.

Il faut lutter sans plus attendre, dans notre culture, pour
l’apparition concrète de l’ordre mouvant de l’avenir. Les forces
réactionnaires à l’œuvre dans notre pays ne laisseront à aucun prix,
tout en affirmant le contraire, une véritable contestation culturelle
se développer en dehors de celle qu’elles ont pris soin d’organiser
elles-mêmes. Des lois injustes existent : nous satisferons-nous de
leur obéir ou tacherons-nous de les amender, de leur obéir jusqu’à ce
que nous y ayons réussi, ou les transgresserons-nous sur le champ ? On
estime en général devoir attendre d’avoir persuadé la majorité de les
altérer. On pense que si l’on résistait, le remède serait pire que le
mal. Or c’est de la responsabilité du gouvernement lui-même que le
remède soit pire que le mal. C’est lui qui rend pire.

Alors jetez votre vote, pas un simple bout de papier, mais toute votre
influence. Une minorité est impuissante tant qu’elle se conforme à la
majorité. Ce n’est du reste plus une minorité, mais elle devient
irrésistible quand elle la bloque de tout son poids. La victoire sera
pour ceux qui auront su faire le désordre sans l’aimer.

Il nous reste, dans les limites où il nous appartient d’agir avec
efficacité, à témoigner en toutes circonstances de notre attachement
absolu à l’existence de notre culture, non pas seulement en assurant
individuellement la sauvegarde de ce principe, non pas seulement en
élevant une faible protestation contre chaque violation qui en est
faite, mais encore en recourant, le cas échéant, aux moyens
d’agitation générale les plus propices.

« Au vent qui sème la tempête, se récolte les jours de fête »