Nous suivre :



Dossiers :
 
Articles :

Fin d’une histoire ? Comment, dans les années 80, police française et espagnole ont organisé un groupe terroriste, le G.A.L (Groupe Antiterroriste de Libération). Cet intéressant dossier recense tous les (très nombreux) crimes de cette organisation – à laquelle on attribue au moins 23 assassinats –, et détaille l’impunité exemplaire dont il aura bénéficié, et la manifeste complicité de la police et de la justice française qui protégeaient ces terroristes d’extrême-droite.

Impunité judiciaire – dont on voir aujourd’hui le dernier épisode –, mais non extra-judiciaire, si on en juge par le nombre de morts suspectes parmi ses principaux acteurs. Le scandale d’État aura été singulièrement limité, bien qu’il ait beaucoup contribué à la chute de Felipe Gonzalez.

Ainsi, il n’y aura pas eu complète impunité politique, le PSOE ne survivant pas, aux élections de 1996, à l’enquête du juge Garzòn, et aux divulgations journalistiques extensives de1995. La droite espagnole ayant conquis le pouvoir grâce à ce dossier s’arrangera néanmoins pour enterrer l’affaire.

L’absence du nom de Felipe Gonzalez de ce dossier laisse pensif. De même que celle de François Mitterrand. Car les enquêtes de 1995 établissaient bien que c’est à la suggestion de Mitterrand, et de son ambassadeur à Madrid, le socialiste Pierre Guidoni, que les gouvernement français et espagnols ont alors mis en place cette stratégie extra-légale de lutte contre l’ETA.

Mitterrand considérait alors impossible de poursuivre la politique d’extradition des nationalistes basques réfugiés en France, ou, plus exactement, dans la partie nord du pays Basque qui leur servait de base arrière, comme aujourd’hui. N’ayant pas les moyens politiques d’une telle répression – légale –, l’ancien cagoulard, devenu président socialiste de la la République française, imagina alors de recruter des militants d’extrême-droite pour leur offrir un terrain de jeu en leur donnant carte blanche pour « terroriser les terroristes ».

Le nombre de “bavures” qu’on peut alors attribuer au GAL est simplement vertigineux. Lancer de grenade dans des bars servant supposément de repères aux nationalistes, enlèvements, assassinats, la liste noire est longue, ainsi qu’on peut le voir ci-dessous.

Parlant de “terroriser les terroristes”, une formule de Charles Pasqua, qui deviendra ministre de l’Intérieur lors de l’alternance de 1986, on doit au contraire à celui-ci d’avoir mis un terme à ce programme mortifère, reprenant une politique d’extraditions plus classique.

Ce crime de Mitterrand est un des plus ignorés, gauche et droite confondues ayant préféré jeter un voile pudique sur l’épisode. Ce qui est plus étonnant, c’est que même les nationalistes basques ne semblent pas vouloir ici dénoncer les plus hauts responsables des politiques dont ils ont été victimes.

Une omission vraiment très curieuse, qui oblige à s’interroger sur la réalité de la stratégie de l’ETA. S’agit-il d’un véritable groupe nationaliste ou bien, tout au contraire, d’un partenaire camouflé de l’État ? On peut légitimement s’interroger, quand on voit comment la stratégie des terroristes basques aura servi depuis tant d’années les intérêts de l’État central espagnol, disqualifiant leur propre nationalisme.

Si en Espagne les autonomies auront incroyablement progressé ces dernières décennies, c’est surtout du fait du nationalisme, pacifique, catalan. L’ETA aura surtout bloqué le jeu. Plus gravement, on peut mettre au débit du groupe nationaliste basque d’avoir empêché une véritable démocratisation de l’Espagne post-franquiste dont les espagnols payent encore les frais.

Le mauvais jeu de mots qui voudrait qu’en français ETA et État soient homophones trouverait-il ici son véritable sens ?

Paris s’éveille

7 Avril 2011

Le dernier procès du GAL touche à sa fin. Le dossier des attentats des bars Batxoki de Bayonne et Consolation de Saint-Jean-de-Luz est dans l’attente de la sentence de l’Audience nationale espagnole. Lors de la dernière journée d’audition, hier, le procureur a demandé la relaxe de Miguel Planchuelo, ex-responsable supérieur de la police de Bilbo, alors que la partie civile demande 114 ans de prison.

Miguel Planchuelo, accusé d’avoir ordonné les attentats perpétrés aux bars Consolation de Saint-Jean-de-Luz et Batxoki de Bayonne (1986), des attentats qui ont fait plusieurs blessés, a clamé son innocence, d’après l’agence Efe. La partie civile a justifié sa requête en se basant sur un document calligraphié, attribué par les experts à l’accusé, sur lequel est écrit « Aqui GAL » (« Ici GAL »).

Le procureur Pedro Rubira a affirmé que la « source directe qui aurait pu l’impliquer […] [a] assuré que l’accusé n’a pas participé aux faits reprochés », rapporte l’agence espagnole. Ces sources sont les ex-policiers José Amedo et Michel Dominguez. Ils ont déjà été condamnés pour ces attentats à 108 ans de prison.

Le dernier procès du GAL a suscité de l’intérêt, laissant dans les milieux abertzale un goût amer. La gauche abertzale a souligné dans un communiqué la « gravité » du fait que « des hauts responsables du gouvernement PSOE qui organisa le GAL, tels qu’Alfredo Perez Rubalcaba [ministre de l’Intérieur] ou Ramon Jauregui [député européen socialiste], continuent d’avoir d’importantes responsabilités ».

Des attentats non élucidés

Sur les 27 cas d’attentats mortels attribués aux GAL (Groupes antiterroristes de libération) seulement six dossiers ont abouti à un procès. Celui de cette semaine serait le dernier. Quatre attentats mortels (ceux de Joxean Lasa et Joxi Zabala, de Santi Brouard, de Jean-Pierre Leiba et de Robert Caplane) ont été jugés. Des sentences ont été prononcées pour d’autres actions “mineures” telles que l’enlèvement de Segundo Marey, les attentats dans le bar Consolation et au bar Batxoki.

Les autres cas n’auront abouti à aucun procès dans l’État espagnol, malgré l’ouverture de dossiers pour, entre autres, l’explosion du Monbar, la mort de Perez de Arenaza et l’enlèvement de Joxe Mari Larretxea. Tous classés sans suite.

Dans l’État français, des mercenaires mêlés à 13 attentats sont passés devant les tribunaux. Les autres dossiers ont été classés sans suite, faute de preuves.

Sur les 37 attentats commis par ce groupe paramilitaire s’appuyant sur un réseau de mercenaires, seulement deux condamnations ont atteint la sphère politique. En effet, le procès pour l’enlèvement de Segundo Marey et pour les assassinats de Joxean Lasa et Joxi Zabala sont des exceptions dans un cycle de procès qui n’a jamais dévoilé qui était derrière ce fameux “Monsieur X”.

HISTORIQUE

Février 1983 : le pouvoir socialiste récemment installé à Madrid se dote d’une véritable machine de guerre contre le peuple basque : le plan ZEN (Zona Especial del Norte - Zone special Nord). Lois d’exception, contrôle de la population, répression policière accentuée, action psychologique et désinformation seront les ingrédients de ce plan, destiné à en finir avec le « problème basque ».

Ces moyens légaux étant jugés insuffisants, une autre offensive parallèle se prépare, celle de la guerre sale. Dans les bureaux des ministères, dans la pure lignée des groupes para policiers qui sévissent depuis le franquisme, on organise le G.A.L (Groupe Antiterroriste de Libération).

Des escadrons de la mort près de chez vous.

Le GAL aura pour objectif l’élimination physique des réfugié(e)s politiques basques résidant sur le sol français. À ces cibles s’ajouteront celles des militants indépendantistes du Pays Basque Nord, et la population en général. C’est un climat de terreur qui sera instauré par le biais d’attentats indiscriminés. De 1983 à 1987, 40 attentats, 27 assassinats et 30 blessés. Voitures piégées, mitraillages de bars, enlèvements, coopératives incendiées... pendant quatre ans, le Pays Basque Nord connaîtra un rythme d’attentats en série (à peu près un tous les 15 jours) qui rappellent la sombre époque de l’OAS.

Ce terrorisme d’État, qui n’a rien à envier aux pratiques utilisées par les dictatures, sera un maillon supplémentaire de la stratégie utilisée par les gouvernements espagnol et français contre la volonté d’autodétermination du Pays Basque. Tortures dans les commissariats, rafles, conditions déplorables dans les prisons... au nom de la démocratie, tout est bon pour réprimer.

Des cicatrices qui ne se ferment pas.

Le 16 octobre 1983, Joxi Lasa et Joxean Zabala, jeunes réfugiés politiques, sont kidnappés à Bayonne. Ce sera la première action signée par le GAL. En mars 1995 leurs corps sont retrouvés à la morgue d’Alicante. Ils les avaient enterrés dans un champ, recouverts de chaux vive. Pendant plus de dix ans, on a caché leurs cadavres. Pour les amis et parents, la certitude que Joxi et Joxean avaient été sauvagement torturés et assassinés ne faisait pas l’ombre d’un doute. L’autopsie ne fera que confirmer leur calvaire : ongles arrachés, tiges d’acier enfoncées dans les gencives, coups portés par des barres de fer, balle dans la nuque.

Le silence complet a régné autour de cet enlèvement, tout comme autour de la plupart des actions du GAL : aucune condamnation, aucun incident diplomatique, aucun compte demandé aux responsables. Si ces escadrons de la mort ont pu agir impunément, c’est parce qu’ils ont été couverts politiquement et médiatiquement par les autorités espagnoles... et françaises.

IMPLICATION ACTIVE DE LA POLICE FRANÇAISE

De nombreux éléments montrent une implication importante de différents services de police ou tout au moins de plusieurs fonctionnaires français dans les activités du GAL.

1) Le troublant article du Nouvel Observateur du 24 août 1984 intitulé : “Quatre fronts contre ETA”, qui détaille les différents aspects de la stratégie madrilène contre l’organisation basque et notamment l’utilisation de la guerre sale.

2) Les réseaux “Coquilles” et “Furet” (articles d’El Mundo et d’El Pais). Il s’agit de réseaux de policiers ou gendarmes français collaborant directement et officieusement avec la police espagnole.

3) le “GAL français” de F. Alvarez, ancien chef du commandement unique (à Bilbao) de la lutte contre-terroriste et inculpé dans le dossier de l’enlèvement de Segundo Marey par le GAL : « en plus du GAL bleu, vert et marron (police, garde civile, armée) il y avait celui des policiers français » (déclaration devant le juge Garzon le 18 juillet 95).

4) Les relations et la collaboration étroites entre Vera, secrétaire d’État à la Sécurité (inculpé) et Cathala (article d’El Mundo), ainsi que Galindo, colonel de la Garde civile et Boslé chef de la PJ à Bayonne et plus tard coordinateur de la lutte anti-terroriste.

5) Les déclarations du commissaire espagnol Amedo Fouce :

• il a des contacts avec de nombreux policiers français dès 1982, même s’il n’a, à l’époque, donné que deux noms de policiers français décédés : Metge et Castets (déclaration devant le juge Garzon).

• il dit avoir reçu l’ordre de ses supérieurs « de prendre contact avec les fonctionnaires de la police française afin que ceux-ci apportent leur concours au groupe naissant » (dossier d’instruction Segundo Marey, bar Batxoki et La Consolation).

• cinq ou six policiers français sont venus le voir à Bilbo en juin 82 pour avoir des places pour un match de football. C’est là qu’il a connu Metge (déclaration du 16 décembre 94).

•il fréquentait le bureau de Metge à la PAF d’Hendaye.

• il fait état de plusieurs policiers français qui lui ont été présentés au cours d’une réception de la Légion étrangère à la mi-83 au Château Vieux à Bayonne ; il est passé au commissariat de Bayonne et a continué la soirée avec eux (interview à El Mundo du 27 décembre 94).

6) Un membre du CESID (Services secrets de l’armée espagnole), témoin anonyme qui, en septembre 1996, a déposé dans le dossier de l’Audiencia Nacional sur l’enlèvement des réfugiés Lasa et Zabala.

Il a aussi évoqué l’implication de policiers français offrant une aide logistique aux actions illégales, des gardes civils d’Intxaurrondo, en Pays Basque Nord. Ce témoin, connu sous le nom de code 1964-S, a été enlevé et torturé le 8 novembre 1996, trois jours après sa confrontation avec l’un des flics qu’il accusait.

NOTABLES LOCAUX : LES FOSSOYEURS DU PAYS BASQUE

Si l’implication des États français et espagnol dans l’organisation du GAL est connue, nous ne pouvons oublier celle de la classe politique du Pays Basque. Après les attentats du GAL, les réactions de Poulou, Destrade, Inchauspé et autres... (qui se déclarent contre toutes les violences) nous montrent bien la violence qu’ils condamnent et celle qu’ils soutiennent. Du RPR au PC, tous les notables, dans une sacro-sainte unité ont œuvré contre le mouvement basque, tout comme ils le font aujourd’hui.

La plupart des élus ont soutenu et protégé les actions du GAL

Au lieu de condamner les actions du GAL, ils dénoncent les manifestations et actions de protestation, transformant les victimes en coupables. Les réactions des dignitaires et notables étaient significatives.

En décembre 1984, après l’assassinat de Kattu, Jézéquel, sous-préfet de Bayonne, ne condamne pas l’attentat et accuse les réfugié(e)s : « une minorité qui s’abrite derrière le paravent d’une communauté pacifique pour mener ses activités subversives ». Après ces déclarations, arrestations et déportations vers Panama commenceront.

Toujours en décembre 1984, le Conseil municipal de Bayonne envoie une lettre au ministère de l’Intérieur, condamnant les protestations qui avaient eu lieu suite aux attentats et demandant plus de flics. Dans la même logique, après l’assassinat de Xabier Perez de Arenaza, le Conseil Municipal de Miarritze envoyait une lettre semblable au ministre Gaston Deferre. La majorité des élus de l’époque étaient d’accord pour demander que la répression contre la communauté des réfugié(e)s s’intensifie.

C’est aussi en décembre 1984 que naîtra une polémique significative entre Destrade (porte-parole du PS) et Bernard Marie (maire de Biarritz et père de Michelle Alliot Marie) : personne ne cherchait les moyens de protéger la communauté des réfugié(e)s contre les assassins, mais ils se renvoyaient l’un l’autre la responsabilité d’un trop grand laxisme envers les réfugiés. Parfois ils sont allés plus loin en justifiant des attentats. Exemple : en janvier 1984, l’Assemblée des maires du Labourd envoyait une motion ahurissante à Gaston Deferre, comprenant les attentats du GAL et défendant la thèse de la vengeance. Le changement de position de Destrade (porte-parole du PS) est significatif : après le 1er attentat du GAL il menace le gouvernement et la police, disant qu’il arrêterait les négociations pour l’entrée de l’Espagne dans la CEE. Quelques attentats plus tard, son discours changera et il se soumettra aux propos du sous-préfet Jézéquel et de l’État “socialiste”. Il ne dira plus rien sur les origines du GAL.

On ne peut pas nier que l’offensive de Paris et Madrid a été acceptée et soutenue par les élus locaux, mais ils ne s’arrêteront pas là.

Le climat, né autour de cette offensive, servira à attaquer tout le mouvement abertzale

Les élus continuent de dénoncer les actions de protestations et demandent leur interdiction : « Je mets en garde contre les manifestations à Bayonne. Le RPR ne va pas tolérer longtemps cet état de choses ». (Leclerc d’Orléac, adjoint à Bayonne, après les extraditions de 1984).

Ils se mobilisent pour l’unité nationale française ; ils organisent des manifestations de peu d’ampleur mais chargées de symbolisme : les notables dans la rue derrière le drapeau français.

Ils mettent systématiquement le GAL, ETA et IK dans le même sac. Pour prendre un exemple : « la ville de Biarritz vient d’être le théâtre d’actes de violence d’une extrême gravité (voiture piégée, assassinat en plein jour). Depuis plusieurs mois notre région vit au rythme de la violence. Qui aujourd’hui ne s’interroge pas sur l’origine et la cible et du prochain attentat : le GAL ? iparretarrak ? Où ? Quand ? Comment ? » (motion du conseil municipal de Biarritz).

Ils s’opposent aux revendications des basques afin de marginaliser le mouvement abertzale, en bloquant le dossier de Seaska par exemple, mais aussi à travers les déclarations de Destrade (député PS) à propos des associations Herritarki et Hitza Hitz : « Je comprends mal leurs véritables motivations. Sortir cette région de l’ornière et parfois de certains aspects obscurantistes, cela m’avait paru un objectif que nous pouvions partager... Ils se polarisent autour de la situation des ressortissants basques espagnols demandant l’asile. Des objectifs indépendantistes ou séparatistes seraient-ils les seuls qui les animent ? »

Ils justifient l’assassinat de sympathisants du mouvement abertzale. Déclaration de M. Poulou, maire de Ziburu, au micro de Radio Bayonne, après l’assassinat de Christian Olazkoaga : « on ne soupçonnait pas leur militantisme, ils ont été trop loin dans leurs engagements ».

Tout était bon pour éloigner les gens du mouvement abertzale. Ils rendaient responsables les abertzale des répercussions négatives sur le tourisme qu’avaient les attentats. UDIT (Union de Défense des Intérêts Touristiques) est né à ce moment-là, impulsé par des notables et des commerçants. Bernard Marie condamnera violemment l’attentat d’IK contre un syndicat d’initiative. À propos du GAL, pas un mot bien sûr.

Il fut également question d’organiser une milice. Lhonost, maire de Donibane Garazi déclare en août 1984, dans une émission de France Inter, à la question de la concrétisation d’une milice : « quelques personnes du village sont venues, en demandant l’anonymat, pour se mettre à la disposition éventuelle de la mairie pour mener des actions ».

Enfin il faut rappeler quelques événements obscurs survenus à cette époque : attentat contre Xabier Manterola, celui contre Casteits, incendies dans des coopératives jamais revendiqués. Qui ? Pourquoi ?

GAL ET JUSTICE FRANÇAISE : TROIS P’TITS TOURS ET PUIS S’EN VONT...

Alors même que le GAL sévissait en Pays Basque, quelques exemples de procès démontrent à quel point la justice française tenait à faire la lumière sur les affaires GALeuses : quelques petits mafieux (derniers maillons de la chaîne) incarcérés, mais dans tous les cas, les gros bonnets, les instigateurs n’ont jamais été inquiétés.

OCTOBRE 1983. Deux jours après la disparition de Joxi et Joxean, quatre policiers espagnols étaient interpellés à Hendaye alors qu’ils tentaient d’enlever le réfugié basque Larretxea. Moins de deux mois après ils étaient libérés sur intervention du préfet de police de Bilbao, qui assurait la justice française de leur présence le moment venu. Ce qu’ils ne firent bien entendu jamais. Déjà un exemple bien de chez nous de la collaboration franco-espagnole.

DÉCEMBRE 1983. Segundo Marey est enlevé par le GAL. Une heure après le rapt, P. Sanchez est arrêté à la frontière. “À son domicile la police découvre des armes, le n° de téléphone du chef de la police de Bilbao et 43 fiches de renseignements sur les réfugiés résidant en France. Plusieurs de ces documents proviennent des renseignements généraux français ou encore de la sous-préfecture de Bayonne”. (Antenne 2, 10-04-86. Reportage de l’émission Magazine)

Segundo Marey fût libéré au bout de dix jours ; il y avait eu erreur du GAL sur la personne. P. Sanchez sera mis en liberté par le juge Swahn en juin 84. En août 84, Mohamed Talbi est arrêté en Savoie : il avait été vu avec Sanchez quelques jours avant la séquestration. Ses déclarations au juge Cousteau entraînent en août son incarcération ainsi que celle de Sanchis et à nouveau de Sanchez. En août 85 Sanchez ressort de prison pour raison de santé et décède un mois plus tard d’un soi-disant cancer.

AVRIL 1984. Mohamed Khiar, Bernard Roger, Yves Peijnter, Robert Maldonado, Mohamed et Yamina Mekaoufi, Daniel Schroeder ainsi que deux parisiens ont été arrêtés et libérés rapidement. La chambre d’Accusation de Pau présidée par le juge Swahn (membre de la très à droite Association Professionnelle des Magistrats) déclara en effet nulle la procédure les concernant. Leurs noms avaient été trouvés lors d’une perquisition au domicile de Chérid, membre du GAL mort dans l’explosion de la bombe qu’il était entrain de poser sous une voiture.

NOVEMBRE 1984. Yan Brouchos est relâché, la chambre d’accusation de Pau n’ayant pas statué dans les délais impartis sur une demande de mise en liberté. Brouchos, ex-para, ancien du SAC, avait été incarcéré le 13 septembre 84 pour l’incendie de la coopérative Denek. Prévenu libre il fût condamné à cinq ans de prison ferme le 2 octobre 86.

Nicolas Maurice, ancien fleuriste de Kanbo, membre de l’UDIT (Union de Défense des Intérêts Touristiques), informateur du GAL, fournira entre autre les plans de la champignonnière d’Armendaritz à un certain Bounin (un des réfugiés y travaillant trouvera une bombe sous sa voiture). Maurice était sur écoute téléphonique. Lors de son procès le président fera entendre une conversation entre N. Maurice et un certain Goiti :

Maurice : “Philippe a été arrêté. Toute l’équipe a été arrêtée, je préfère rester en sommeil, j’ai pas envie d’atterrir en cabane...”

Goiti : “il a été averti, il avait l’occasion de partir, il est resté. Il a fait le con. Ils sont allés le voir en lui disant qu’ils allaient faire l’enquête le lendemain, et il est pas parti !”

Maurice : “il était couvert ?”

Goiti : “Oui. On le sait parfaitement (que vous n’êtes pas repéré) parce qu’on a des contacts à l’intérieur... assez haut”

Maurice : “J’abandonne pas, je reste à couvert”

Goiti : “Mais puisque je vous dis qu’on a des contacts avec la police française !”

À la stupeur générale, même celle de N. Maurice qui vient d’écouter ses propres aveux, il ressort libre du tribunal. Ainsi que Bounin. Encore le juge Swahn.

JUIN 1985. R. Sanchis, membre du Front National, correspondant de Minute, est relâché sans explications par la chambre d’accusation de Pau.

MARS 1988. « Le fait de connaître des personnes du GAL et même de partager des idées d’extrême droite ne constituent pas une charge suffisante » explique la direction de la police d’Andorre où furent entendus et relâchés Dominique et Marie-Chantal Thomas, deux paloises « réfugiées » en Andorre, recrutées à Pau par Christian Hittier et liées à deux attentats en mars 85.

Hittier est connu pour ses idées d’extrême droite. Il avait milité dans l’OAS et s’était réfugié en Espagne à la fin de la guerre d’Algérie. À son retour d’« exil » en 77 il ouvrait à Pau un magasin d’antiquités. Passionné d’armes, il s’intéressait à tout ce qui touchait le 3e Reich en général et le néo-fascisme en particulier. Dans une cache du GAL à Urruña, avait été découverte une photo de Christian Hittier et Patrick Bourdeau, tenancier de l’Hollywood Bar situé à deux pas du palais de justice à Pau...

HITTIER et LABADE. Ces deux GALeux avaient une passion commune : collectionner des livres et objets de l’époque d’Hitler. Ils vivaient tous deux en Andorre. Labade est une des pièces maîtresse du GAL sur la côte basque. Il y est l’intermédiaire privilégié des commanditaires espagnols à qui il rend compte de sa mission ; il va aux ordres, recrute, recueille des renseignements, organise les attentats, héberge les commandos (chose d’autant plus aisée qu’il est agent immobilier et donc dispose de logements vacants).

Arrêté le lendemain de l’attentat à la moto piégée à Biarritz (15/06/84), Labade est incarcéré en même temps que P. de Carvhalho, R. Sampietro (auteurs de l’attentat) et de Bounin (dans son appartement sera retrouvé le n° de voiture d’un réfugié assassiné le 23 mars 84). Remis en liberté « sous contrôle judiciaire » le 28 novembre 84 par, encore et toujours, le juge Swahn, Labade « contacta Amedo qui le cacha en Andorre. Au bout de quelques mois, celui-ci lui dit d’aller au Portugal et d’y contacter Mario Correa da Cunha, membre des services d’espionnage, bien connu d’Amedo », confesse un ex-GAL au magazine espagnol Interview (16/03/88).

MORTS SUSPECTES : LE PRIX DU SILENCE

Pedro Sanchez : ce mercenaire, ex-membre de l’OAS, sort de la prison de Gradignan en août 85 pour raison de santé. Il décède officiellement un mois plus tard d’un cancer. Cette version est fortement contestée par le journal Diario 16 (24/11/87) : Sanchez, menaçant de tout révéler si on ne le sortait pas de prison, serait mort des suites de l’administration d’oestrogènes par un médecin et un gardien de prison soudoyés par le GAL à Gradignan.

Marie Jeanine Pueyo : mercenaire, elle aurait participé à l’attentat d’un groupe parapolicier antérieur et similaire au GAL : le BVE. Elle est tuée en novembre 1984 suite à un règlement de compte (d’après la police française).

Mohamed Khiar : mercenaire, membre du BVE et du GAL. Il est mort, abattu par la police française en tentant de s’enfuir du fourgon de police... (version officielle).

Liliane Satin : mercenaire, impliquée dans l’attentat d’Etxabe (réfugié politique basque ). Elle est décédée à sa sortie de prison, on ne sait ni quand, ni comment...

Paul Raguet : mercenaire, collaborateur de l’OAS et du GAL. Il est retrouvé mort en été 1984 à Tenerife.

Guy Metge : policier français faisant partie intégrante du GAL, subordonné de Cathala (responsable de la PAF), il est officiellement mort d’un accident de voiture.

ANECDOTES TÉMOIGNANT DE LA COMPLICITÉ DE LA POLICE FRANÇAISE

février 84 : le réfugié Angel Gurmindo signale à la police le manège suspect de deux voitures autour de son domicile. Aucune protection ou surveillance. À 20h il est assassiné ainsi que Vicente Perurena également réfugié.

15 juin 84 : attentat à la moto piégée contre les réfugiés Perez Revilla et Ramon Orbe. La police filait les tueurs et les arrêtent en flagrant délit, mais déclare n’avoir pu empêcher l’attentat.

Juillet 85 : Bernard Foucher, inculpé pour le meurtre de Galdeano, avoue au juge qu’il existe un projet d’assassinat sur la personne du réfugié Otegi. Le juge Schmidt de la Brélie aurait prévenu un de ses amis gendarme mais jamais Otegi n’a été prévenu officiellement. Il est assassiné un mois plus tard.

9 février 86 : après l’attentat contre le bar Batxoki à Bayonne, des réfugiés prennent les agresseurs en chasse. Dans leur poursuite, ils rencontrent une patrouille de police... qui les interpelle, faisant ainsi perdre la trace des agresseurs.

Enfin il faut rappeler les libérations, pour vice de forme, de plusieurs suspects par le juge Swahn qui déclare à Libération le 11 janvier 1985 : “...il y a des gens qui n’aiment pas les communistes, car il ne faut pas oublier que ces basques espagnols vivant chez nous sont communistes. On peut faire partie du GAL pour des raisons idéologiques... Il y a peut-être 250 personnes dans ce département qui ne demandent qu’une chose : piéger les basques espagnols. On ne va pas tous les mettre en prison, d’autant que la prison de Bayonne déborde ! Soyons honnêtes : si vous voulez supprimer le GAL, il faut d’abord supprimer ETA”.

Le policier Lopez Carrillo, au cours d’un débat télévisé en mai 1996, a laissé planer un doute sur le fait que le juge Swahn aurait pu toucher des fonds secrets du gouvernement espagnol. De même, il faut rappeler les déclarations du juge Seys concernant les entraves du Parquet de Bayonne Nahon aux instructions sur le GAL. Surtout quand des noms de policiers français sont apparus. Bernard Foucher (condamné pour l’assassinat de Galdeano) avait fait des déclarations dans ce sens contre Bestard (procureur à Pau) et Nahon.

ÉLÉMENTS CONCERNANTS LES DIFFÉRENTS SERVICES DE POLICE

1) POLICE DE L’AIR ET DES FRONTIÈRE (PAF).

JOËL CATHALA, responsable de la PAF et plus tard coordinateur de la lutte anti-terroriste, est accusé par le policier espagnol Lopez Carrillo de lui avoir vendu des informations sur les réfugié(e)s basques en échange de grosses sommes d’argent (1,5 millions de frs). Le 3 octobre 96, Carillo réitérait ces déclarations devant le tribunal correctionnel de Paris qui jugeait le journal El Mundo pour diffamation contre Cathala. Selon les déclarations de Cathala au cours de cette même audience, sa hiérarchie, lui faisant confiance, n’a pas ordonné d’enquête sur lui-même.

GUY METGE, dont le supérieur direct est Cathala, est partie intégrante du GAL jusqu’à sa mort « accidentelle » en 1985. Il reçoit de très grosses sommes d’argent en échanges d’informations sur les cibles et pour recruter les mercenaires (déclarations d’Amedo). Cathala a déclaré, au cours du procès d’El Mundo, que l’enquête administrative n’avait rien donné.

HASSEN, lui aussi sous les ordres de Cathala, fournit, en échanges d’argent, des informations à la police espagnole et à la Garde civile (déclaration de Lopez Carrillo à El Mundo du 11 septembre 95 et sur plusieurs chaînes de télévisions). L. Carrillo a réitéré ces déclarations devant le juge Garzòn qui l’interrogeait dans le dossier Garcia Goena récemment réouvert, de même qu’au procès d’El Mundo à Paris. Il a remis à la Justice espagnole un document manuscrit qui aurait été écrit par Hassen et comportant une liste de réfugiés avec leurs adresses et numéros de voiture dont notamment celle de Ramon Basanes blessé dans deux attentats du GAL et celle de Garcia Goena tué dans l’explosion de sa voiture en juillet 87 (dernière action du GAL).

Il n’y a eu aucune enquête à l’intérieur du service au sujet de Hassen (déclaration du commissaire Cathala au cours du procès déjà cité).

2) POLICE JUDICIAIRE (PJ)

Le commissaire Boslé entretenait des relations étroites avec le général Galindo. Son nom a été cité par Amedo dans un reportage.

3) RENSEIGNEMENTS GÉNÉREAUX (RG)

Les déclarations de l’inspecteur J. MARC DUFOURG (son livre « Section manipulation ») attestent que les dossiers concernant les réfugiés basques étaient remis par les RG à la police espagnole qui les transmettaient aux tueurs du GAL.

De nombreuses photos remises par les réfugiés à la sous-préfecture de Bayonne (en vue de l’obtention de récépissés) ont été retrouvées en possession de membres du GAL et notamment Sanchez (articles du Canard Enchaîné du 26 mars et 27 juin 84).

4) GENDARMERIE ET ARMÉE

Dans l’attentat contre le bar La Consolation à Donibane Lohizune, il est fait référence à la collaboration d’un gendarme français (dossier d’instruction de Garzon, vingt cinquièmement).

Le journal El Mundo (17 septembre 96) a révélé une opération montée par le CESID en 1988 pour droguer et kidnapper Josu Urrutikoetxea en Pays Basque Nord (opération Mengele : deux SDF de Madrid, enlevés par le CESID, ont servi de cobayes pour cette opération. Bilan : un mort, l’autre handicapé à vie.). À cette occasion des armes ont été passées à la frontière avec la complicité d’un « gendarme ami ».

Par ailleurs, Amedo signale un de ses contacts comme étant le chef du recrutement de la Légion étrangère à Bayonne : Gérard Manzanal Pan.

C’est par son intermédiaire qu’il a connu plusieurs ex-membres de la Légion comme Sanchez ou Echalier qui participeront à des attentats.

5) DIRECTION DE LA SURVEILLANCE DU TERRITOIRE (DST)

Ce service apparaît dans les déclarations de Mendaille, incarcéré à Bayonne et en attente de jugement pour sa complicité dans le GAL. Il dit avoir agit comme agent infiltré dans le GAL pour le compte de la DST. Le secret défense a été opposé aux demandes de la juge bayonnaise Legras pour connaître l’identité de son correspondant à la DST.

6) SÛRETÉ, POLICE URBAINE

Le policier Castets (décédé en 93) était un des contacts d’Amedo. Son supérieur était le commissaire Hélie, en poste à Bayonne. Y a t-il eu une enquête interne au moment où son nom est apparu mêlé aux affaires du GAL ?

Le commissaire Gali et l’inspecteur Buis, en poste à Biarritz en 1983, étaient au courant des projets de l’équipe GALeuse de Talbi et Sanchez. Talbi avait été arrêté à Biarritz deux jours avant l’enlèvement de Segundo Marey (déclarations de Talbi à son procès et article de l’Humanité du 22 février 1995). Gali a averti par ailleurs le commissaire Berlan, chef des polices urbaines à Bayonne.

Dans le dossier d’instruction du juge Garzòn (septièmement), il est fait état de la participation d’un policier de Biarritz et d’un policier retraité d’Hendaye à l’enlèvement de Segundo Marey.

Dans le même dossier (23, 24 et 25èmement), il apparaît qu’un policier français désigné comme « Jean Louis » a un rôle déterminant dans les attentats contre le bar Batxoki à Bayonne et le bar La consolation à Donibane Lohizune. Il guide les tueurs, prépare leur retraite, recherche et désigne les cibles et fournit les armes.

C’est aussi un certain « Jean Louis » qui guide les tueurs du Monbar (quatre réfugiés assassinés) en septembre 1985.

LES ATTENTATS DU GAL EN PAYS BASQUE NORD DE 1983 À 1987

1983

octobre 1983 : disparition des réfugiés José Ignacio Zabala « Joxi » et José Antonio Lasa « Joxean », rue des Tonneliers à Bayonne.

4 décembre 1983 : enlèvement à Hendaye de Segundo Marey, titulaire de la double nationalité. Il est libéré le 10 décembre.

20 décembre 1983 : assassinat au bar « Kaietenia » de Bayonne du réfugié Ramon Onaederra « Kattu ».

1984

1er janvier 1984 : le réfugié Mikel Goikoetxea « Txapela » meurt des suites d’un attentat contre sa personne quatre jours plus tôt à Donibane Lohizune.

8 février 1984 : les réfugiés Angel Gurmindo « Stein » et Bixente Perurena « Peru » sont assassinés à Hendaye.

25 février 1984 : le réfugié Eugenio Guttierrez Salazar est assassiné à Maule.

1 mars 1984 : assassinat à Hendaye du jeune cheminot, citoyen français, Jean-Pierre Leiba.

23 mars 1984 : assassinat à Biarritz du réfugié Xabier Perez de Arenaza.

Mars 1984 : Ramon Basanez est blessé à Bayonne. Plusieurs voitures piégées explosent à Biarritz et Bayonne.

3 mai 1984 : le réfugié politique Rafaël Goikoetxea est assassiné sur la route de Baigorri. Jésus Zugarramurdi qui l’accompagnait est grièvement blessé.

10 juillet 1984 : attentat au bar « La Consolation » (Donibane Lohizune) blessant les réfugiés José Luis Oliva Gallastegi, Bonifacio Garcia et Jauregi Aurria.

Juillet 1984 : mitraillage du bar Etxabe, rue Pannecau à Bayonne, 4 blessés légers.

28 juillet 1984 : Tomas Perez Revilla meurt à la suite des graves brûlures provoquées par l’attentat du 15 juin 1984 à Biarritz, dans lequel fut blessé son compagnon Roman Orbe.

4 août 1984 : incendie à l’entreprise « Urkide » d’Hendaye.

9 août 1984 : incendie à la coopérative « Denek » (Arrosa).

13 août 1984 : incendie à l’entreprise « Collectivité Service » (Bayonne).

2 septembre 1984 : incendie à la coopérative « Alki » d’Itsasu.

18 novembre 1984 : Christian Olaskoaga, citoyen français, est assassiné à Biriatu.

20 novembre 1984 : Santi Brouard, parlementaire de Herri Batasuna est assassiné dans son cabinet de pédiatre de Bilbao.

11 décembre 1984 : Juan José Iradier est blessé à la suite d’un attentat à Hendaye.

1985

1 février 1985 : Xabier Manterola, citoyen français, est blessé dans un attentat.

5 février 1985 : le jeune Bayonnais Christian Casteigts est grièvement blessé par une bombe qui le laisse handicapé physique.

4 mars 1985 : les réfugiés basques Josu Amantes et Gotzon Zabaleta sont grièvement blessés par balles à Bayonne dans un attentat au bar « Lagunekin », rue Pannecau.

25 mars 1985 : le réfugié basque Ramon Basanez est blessé dans un attentat à Ziburu.

29 mars 1985 : attentat au café des « Pyrénées » rue Pannecau à Bayonne. Benoît Pécastaing, citoyen français, est tué, les réfugiés Kepa Pikabea et Jean-Marc Mutio sont blessés. Un des tueurs, Pierre Baldès, est arrêté.

30 mars 1985 : Xabier Galdeano, photographe du journal Egin en Iparralde, est assassiné à Donibane Lohizune.

Mars 1985 : mitraillage et jets de grenade au restaurant « Briketenia » de Getaria. Les propriétaires, les frères Ibarboure sont légèrement blessés.

14 juin 1985 : assassinat à Ziburu, des citoyens français, Emile Weiss et Claude Doerr.

26 juin 1985 : assassinat à Bayonne du réfugié politique Santos Blanco Gonzalez.

1 juillet 1985  : le réfugié Fernando Egileor Ituarte est blessé à Angelu.

8 juillet 1985 : Juan Carlos Lezertua est blessé dans un attentat à Ziburu.

31 août 1985 : Dominique Labeyrie, citoyen français, est blessé à Donibane Lohizune.

2 septembre 1985  : le réfugié Juan Mari Otegi « Txato » est assassiné alors qu’il allait en voiture à Donibane Garazi.

25 octobre 1985 : les réfugiés Sabin Etxaide, Augustin Irazustabarrena « Legra », Inaki Asteasuinzarra « Beltza » et José Maria Etxaniz Maiztegi « Potros » sont assassinés au café « Mon bar » à Bayonne, rue Pannecau.

4 décembre 1985 : attentat à Heleta contre Fernando Biurrun qui en sort indemne.

6 décembre 1985 : attentat à l’atelier « Argilo » (Hendaye).

24 décembre 1985 : grièvement blessé à Biarritz, Robert Caplanne, citoyen français, meurt le 3 janvier.

1986

8 février 1986 : Frédéric Haramboure, Juan Zabaleta, José Cau, Carmen Otegi et les enfants A. Zabaleta et N. Otegi sont blessés dans un attentat au bar « Batxoki » de Bayonne, quai Chaho.

13 février 1986 : Ramon Basanez est à nouveau blessé dans un attentat à Donibane Lohizune.

17 février 1986 : assassinat à Bidarrai des citoyens français, Christophe Machicotte et Catherine Brion.

1987

24 juillet 1987 : Juan Carlos Goena, réfugié en Iparralde, est assassiné à Hendaye. À cela, il faut ajouter une centaine d’attentats supplémentaires durant ces années, contre des biens matériels ayant un lien avec des réfugiés politiques basques et leur entourage en Pays Basque Nord ou avec Herri Batasuna en Pays Basque Sud.

Le 3 octobre 1987 : sur ordre du ministre de l’Intérieur Charles Pasqua, grande rafle contre les réfugiés basques vivant en Iparralde, 120 appartements perquisitionnés, une centaine d’arrestations, une soixantaine d’expulsions vers l’Espagne, 12 expulsions vers l’Algérie, 3 vers le Venezuela.

Le GAL disparaît

[Source : Le Journal du Pays Basque]