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A New York comme à Paris : la police de Bloomberg comme celle de Sarkozy veulent interdire aux indignés de s’abriter sous des tentes ou d’user de sacs de couchages… Malgré un harcèlement hallucinant, cela fait une douzaine de jours que les manifestants tiennent bon, sur le parvis de la Défense, malgré les flics, la pluie et le froid.

Depuis une douzaine de jours, les indignés parisiens campent à La Défense, un lieu hautement symbolique de la finance, mais aussi de l’impossibilité d’y faire entendre son mécontentement.

Pour l’installation du campement, le 4 novembre à grand renfort d’affiches « de film » et d’évènements Facebook, les irréductibles utopistes ont subit de violents assauts de la police depuis le premier soir. La presse était au rendez-vous, contemplant (pour certains aux côtés des gradés des forces de l’ordre) la répression violente de ce mouvement pacifique et le saccage des droits humains.

Malgré la pluie qui prit le relai, le campement a tenu, mais sans tente, sans couverture de survie ni possibilité de s’abriter à proximité.

Les jours suivants, le harcèlement continua presque chaque soir. La journée, les curieux et les travailleurs du coin pouvaient contempler la reconstruction inlassable du village.

Les médias de passage pouvaient enfin titrer fièrement « les indignés existent aussi en France ». Ils interviewèrent ces marginaux ayant choisi de se détourner de la démocratie représentative.

Et ils posaient toujours la même question, comme un disque rayé : « pourquoi y a-t-il si peu d’indignés en France » ?

Le premier réflexe des militants est de dire que le harcèlement permanent des forces de l’ordre les empêche de réfléchir à une réponse constructive. Et pour proposer un avenir différent que celui qui nous est imposé… il faudra attendre de reconstituer la bibliothèque artisanale détruite.

On pourrait aussi avancer l’idée que les indignés français ont mal traduit le message de Stéphane Hessel, refuseraient le bricolage associatif sensé acheter la paix sociale, que les partis politiques fonts encore rêver les gens ou que le message « une démocratie réelle maintenant ! » est trop difficile à relayer.

D’ailleurs, notre système est « le moins pire », pourquoi en changer ?

Ceux qui gagnent de l’argent n’ont pas le temps de le dépenser (ou bien pour verser une pension à leurs enfants… on ne peut désormais plus associer carrière et vie de famille).

Ceux qui attendent la retraite ne voient plus le bout du tunnel.

Les étudiants s’engouffrent dans des voies bouchées.

Les chanceux fonctionnaires se suicident.

Ceux qui martyrisent les plus démunis ne s’amusent plus et commencent à s’en indigner.

Ceux qui gouvernent sont esclaves des marchés financiers…

Pourquoi demander aux personnes qui ont décidé de tourner le dos à ce « système » les raisons de leur isolement ?

Ne devrait-on pas plutôt demander aux autres pourquoi ils ne s’indignent pas ?

Un indigné de Paris

Mardi 15 novembre 2011

NOUS FERMERONS WALL STREET

La police évacue le campement « Occupy Wall Street »

La police new-yorkaise est intervenue pour démanteler le campement installé depuis le 17 septembre sur le parc Zuccotti par les militants du mouvement « Occupy Wall Street ».

Casqués et équipés de matraques, des centaines de policiers se sont déployés sur l’esplanade dans la nuit de lundi à mardi et ont démantelé la mer de tentes, de toiles et des banderoles du parc, où ils ont arrêté cent quarante sept personnes, dont une dizaine qui s’étaient enchaînées les unes aux autres ou à des arbres.

La municipalité et le propriétaire privé du parc, Brookfield Office Properties, avaient averti par voie de tracts que les manifestants devaient « temporairement » quitter le parc afin qu’il soit procédé au nettoyage du site.

« Les manifestants ont eu deux mois pour occuper le parc avec leurs tentes et leurs sacs de couchage. Désormais, ils devront occuper l’espace avec la force de leurs arguments », a déclaré le maire de New York, Michael Bloomberg, en ajoutant que la situation était devenue « intolérable ».

Certaines zones du parc dégageaient une forte odeur d’urine et d’excréments. Des parterres de fleurs avaient été piétinés. En outre, autorités et manifestants ont fait état de plusieurs agressions sexuelles, vols et affaires de trafic de drogue.

Le parc devait normalement rouvrir mardi matin et les manifestants devaient être autorisés à y revenir, à condition de respecter les nouvelles règles du parc, et notamment l’interdiction d’y déployer des sacs de couchage et des tentes.

Cependant, en l’attente d’une clarification juridique, le maire de la ville a annoncé lors d’une conférence de presse que le parc resterait fermé.

L’opération menée par la police pour déloger ces « Indignés » du parc Zuccotti fait suite à des opérations analogues menées à Atlanta, Portland et Salt Lake City.

Contrairement à ce qui s’est passé lundi à Oakland, près de San Francisco, la police de New York n’a cependant pas eu recours aux gaz lacrymogènes et aux grenades assourdissantes. Les contestataires se sont retirés pour la plupart dans le calme et sans que les agents fassent usage de la force.

Le mouvement « Occupy Wall Street » entend dénoncer un système financier qui profite essentiellement aux entreprises et aux individus les plus riches. Il a essaimé depuis septembre dans de nombreuses villes américaines et donné lieu parfois à de vives échauffourées entre militants et policiers venus les évacuer.

Les centaines de contestataires chassés du parc Zuccotti se sont regroupés dans la nuit sur une place voisine et ont entrepris en milieu de matinée de défiler à travers les rues de Lower Manhattan, avant de se rassembler dans un autre parc.

« Occupy Wall Street » compte organiser jeudi une fête populaire devant le New York Stock Exchange pour tenter de le contraindre à la fermeture.

Les organisateurs ont admis que cette journée d’action risquait, par son côté provocateur, de se traduire par des arrestations massives et d’aggraver les relations déjà tendues avec la municipalité.

En octobre, plus de sept cent personnes avaient été interpellées lors d’un défilé semblable sur le pont de Brooklyn qui avait fortement perturbé la circulation automobile.

« Nous fermerons Wall Street ! », affirme un mot d’ordre mis en ligne sur la page Facebook du mouvement contestataire.

« Nous ferons tinter la ’Cloche du peuple’ (la cloche qui traditionnellement sonne pour marquer l’ouverture et la fermeture de la séance quotidienne à la Bourse-NDLR) et nous organiserons une fête de rue pour célébrer la destruction de l’économie de Wall Street. »

[Source : Reuters]

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