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 Cimade - Communiqué de presse - 7 octobre 2011

http://www.cimade.org/nouvelles/3491-Cri-de-souffrance-sortant-de-r-tention---nouvelle-tentative-de-suicide-au-CRA-au-N-mes

« Je vous entend mais je ne vous écoute pas ». Telle est en substance la réponse que les autorités apportent aux mises en garde qui ne cessent d’émaner, tant des associations intervenant dans les centres de rétention administrative (CRA) que des personnes privées de liberté elles-mêmes.
Aujourd’hui, les personnes enfermées au centre de rétention de Nîmes tirent la sonnette d’alarme en adressant un communiqué à la presse. La Cimade, témoin de la violence de leur situation, partage leurs inquiétudes.

La nouvelle loi Besson est venue renforcer la négation de l’individualité de ces personnes dont le seul tort est d’être sans papiers : allongement de la durée d’enfermement jusqu’à 45 jours, contrôle du juge des libertés et de la détention reporté à cinq jours, accès hypothétique au juge administratif…
Pour ces hommes, ces femmes et ces enfants, l’enferment s’est mué en une lourde condamnation, une condamnation qui se passe de plus en plus souvent de juges, une condamnation sans contrôle…
Au CRA de Nîmes, depuis un mois et demi, La Cimade constate une recrudescence d’actes de désespoir allant de l’automutilation à la mort. Hier encore, un détenu s’est pendu. Son pronostic vital n’est aujourd’hui pas encore connu.

La banalisation de l’enfermement semble induire également celle des actes de désespoir. Jusqu’à quel point devrons-nous accepter et tolérer une politique dont la mécanisation accélère la déshumanisation de nos semblables, et la nôtre par la même occasion ?

Au cours de ces dernières semaines, les faits suivants sont survenus CRA de Nîmes :

- l’enferment d’un enfant polyhandicapé en fauteuil roulant

- le suicide d’un Roumain par pendaison

- une automutilation ayant entraîné 128 points de suture

- une tentative d’incendie

- deux tentatives de suicide par pendaison

- une tentative de suicide terminée en asile psychiatrique

- l’enfermement absurde et inutile d’un grand nombre d’étrangers en situation régulière

Contact presse :
Adrien Chaboche : 06 42 15 77 14


 Appel au secours des retenus de Nîmes‏

« Nous, étrangers sans papiers retenus au CRA de Nîmes dans l’aile CO du bâtiment, avons assisté une fois de plus au suicide par pendaison d’un homme. Ce n’était ni un ami, ni une connaissance. C’était un prisonnier comme nous.

Nous ne savons pas s’il est vivant ou mort.

Ce que nous savons c’est que ce drame supplémentaire nous fait peur. Nous l’avons vu se jeter dans le vide… Nous l’avons soutenu par les jambes pendant de longues minutes avant que les policiers n’arrivent. Quelques heures avant, il avait déjà essayé de se pendre. Le drap avait cassé. Nous avons alerté les policiers. Nous n’avons pas été pris au sérieux.

Aujourd’hui au CRA de Nîmes, nous avons peur. Peur que si l’un de nous craque, cherche à mourir… personne ne viendra nous secourir. Parce qu’a priori, pour ceux qui nous regardent de l’extérieur, nous simulons. Faut-il mourir pour être pris au sérieux ?

Nous refusons d’être ainsi traités, nous dont le seul défaut est de ne pas avoir de papier. Certains d’entre nous ici ont des enfants en France, une compagne, une conjointe, des parents. D’autres sont seuls, voire mineurs. Notre désespoir, nos angoisses sont parfois endormies et parfois nous submergent. Faites au moins en sorte qu’elles ne nous tuent pas derrière les murs et les grilles. »