L’information au jour le jour sur le quotidien des sans-papiers.

Nous suivre :



Media :
 
Articles :

Le Centre de rétention admininistratif de Cornebarrieu a été bâti en bordure immédiate des pistes de l’aéroport international de Toulouse-Blagnac. Ce choix d’implantation obéit à des objectifs qui ne prêtent pas à confusion : mise à l’écart et efficacité de la mise en œuvre des expulsions. Cette situation est lourde de conséquences. Les avocats rechignent à venir visiter leurs clients et les familles et amis qui ne possèdent pas de véhicule sont parfois découragés devant le périple que représente le trajet jusqu’au CRA. Il faut prendre deux bus successifs et compter une bonne heure et quart pour arriver sur place en transport en commun. Celui qui à la chance de disposer d’un véhicule se retrouve lui dans l’embarras pour trouver le CRA qui n’est signalé par aucun panneau indicateur dans cette zone péri-urbaine.

Ouvert en 2006, le centre de Cornebarieu, a été construit selon le dernier cri de l’ultrasécurité. Hauts murs d’enceintes surmontés de fils de fers barbelés double rangée de grillages équipés de cables sensitifs (à 20m et 100m du bâtiment) ; vitres anti-chocs ; nombre très important de caméras balayant les moindres recoins.

Depuis l’ouverture du centre, les audiences du JLD sont tenues dans l’enceinte même du lieu de rétention. Cette délocalisation de la « justice » contrevient au principe de séparation et d’indépendance des espaces respectifs de la police et de la justice. Elle bafoue également le principe du caractère public de l’administration de la justice rendue en droit « au nom du peuple français ». Enfin il est également à noter que les audiences revêtent sytématiquement un caractère collectif, le magistrat s’adressant à tout toutes les personnes simultanément.

Pour marquer leur désaccord, avec cette organisation discutable, les avocats ont collectivement décidés de refuser de se rendre aux audiences organisées dans l’enceinte du CRA. On comprend la légitime indignation des avocats, mais leur protestation n’enraye pas l’administration de cette indigne « justice », et elle a finalement pour effet, d’affaiblir les moyens de la défense des expulsables. Les avocats, s’ils refusent de plaider in situ, continuent toutefois, de défendre leurs clients en produisant des écritures envoyées par télécopie au greffe du JLD.

Un secteur famille existe au CRA de Cornebarrieu et les préfectures en use sans hésitation sans mesurer les drames que la triste situation d’enfermement et d’humiliation de parents et d’enfants peuvent entraîner sur les familles. La cour où peuvent s’amuser les enfants est doublement sécurisée ; de grandes plaques métalliques ont été posées afin d’éviter tout regard extérieur. Le spectacle de la honte peut se dérouler à huis clos.