BUDGET
Construction de deux centres de rétention au Mesnil Amelot…
…pour plus de 43 700 000 euros… et pour le compte du ministère de la défense !
Publié le: 4 mars 2008
La “guerre aux sans-papiers” n’a pas de prix…
« Pas en notre nom, pas avec nos sous ! », écrit SôS-soutien aux sans-papiers.
« Les caisses sont vides, dit Sarkozy. Pourtant les caisses ne sont pas vides pour construire au Mesnil-Amelot deux grands centres de rétention. »
Le 3 mars 2008 les travaux commencent pour un shon de 16 310 m2 au total !
Il s’agirait de construire vingt-et-un bâtiments au Mesnil-Amelot destinés à recevoir et à loger 240 personnes “retenues” + 255 gendarmes...
Très curieusement, le donneur d’ordre de ce chantier est le Ministère de la défense et des armées. S’agirait-il de la guerre aux sans-papiers ?
L’explication de cette anomalie réside peut-être dans le coût pharamineux de la construction envisagée : 34 085 760 euros H.T. ! À quoi s’ajouttent 9 626 344 euros H.T. au titre des “voieries et réseaux divers et haute tension”... Soit plus de 43 700 000 euros au total (plus de 286 millions de francs) !
Près de 2 700 euros du mètre carré (17 500 francs) !
Les frais de fonctionnement ne sont pas moindres, ne serait-ce qu’en comptant les salaires des 255 gendarmes ! Le coût réel d’une expulsion est simplement inavouable. Rappelons le nombre de places d’avions, sans parler des avions spéciaux affretés, et à chaque fois le personnel pléthorique relevant du ministère de l’Intérieur ou de la Défense lorsqu’il s’agit de la gendarmerie.
Serait simplement incalculable le coût des instructions générales données à la police et à la gendarmerie de se consacrer prioritairement à la chasse aux sanspapiers.
Le fait que l’on ait fait appel au ministère de la Défense pour un tel chantier devrait légitimement attirer l’attention de la Cour des comptes, mais trahit surtout la violence absolue de la politique mise en oeuvre.
Rappelons qu’on expulse ainsi bien souvent des personnes qui travaillent – en fait indispensables au fonctionnement collectif – et qui payent des charges sociales ou des impôts – indispensables au payement des retraites, entre autres.
Ainsi l’ordre xénophobe n’a pas de prix. La passion raciste de l’État est sans limites. Mais il semble bien que de surcroît, profitant de l’enthousiasme, certains marchés puissent faire l’objet de brutale surfacturation.
Faut-il rappeler que tout cet argent manque à la sécurité sociale et aux écoles ?
QSP



