Nous suivre :



Dossiers :
 
Articles :

La coordination des AG interpros d’Île-de-France s’est tenue à la Bource du travail de Paris samedi 30 octobre. 86 personnes étaient présentes lors du décompte, représentant des AG-interpros (St-Denis, 92, Montreuil et la coordination se réunissant dans le même temps à la CIP), des AG de secteur ou d’entreprise (Cheminots de Mantes la Jolie, enseignants de Paris XX°, postiers de Gennevilliers, étudiants de Nanterre, personnel et étudiants de l’ENS, personnel de l’Hôpital Tenon, lycéen de Courbevoie et de Saint-Denis, animateurs de St-Ouen), des associations ou collectifs (CIP, collectif unitaire de Montreuil) et quelques personnes isolées.

La réunion a duré un peu plus de trois heures. Les débats ont tourné autour de trois thèmes principaux :

- État de la mobilisation et perspectives du mouvement.

- Les interpros, spécificité, organisation et perspectives de coordination régionale et nationale.

- Des propositions d’actions collectives.

1) État de la mobilisation et perspectives du mouvement.

Les postiers, cheminots, enseignants présents ont reconnus la difficulté de maintenir une logique de grève reconductible dans la situation actuelle mais affirment leur volonté de maintenir la mobilisation en ayant recours à de fréquents débrayages de 59 minutes ou plus pouvant jouer un rôle de désorganisation important (SNCF, colis postaux) ou en maintenant un calendrier de journées de mobilisation régulières.

Certains ont proposé des grèves tournantes (par poste, par secteur professionnels, par région…).

Les colis postaux de Gennevilliers réduisent leur productivité.

L’idée est d’adopter une tactique de guérilla pouvant être menée longtemps et s’amplifier ou permettre de revenir plus facilement à une logique d’affrontement direct (grève générale reconductible) si le mouvement arrive à entraîner de nouveaux secteurs d’activité ayant peu participé jusqu’alors.

À Paris, les fossoyeurs sont entrés en grève mais n’étaient pas représenté à la coordination.

Les représentants étudiants (St-Denis, Nanterre) ont signalé l’importance de la mobilisation dans leur université : AG regroupant plusieurs centaines de personnes à St-Denis, extension prévue des blocages à Nanterre.

L’ENS est aussi fortement mobilisé et à mis en place une caisse de grève efficace.

Les lycéens présents sont revenus sur l’importance du mouvement avant les vacances, les efforts d’organisation (mise en place de coordinations, création de journaux) et de convergence avec d’autres secteurs en lutte (manifestations de soutien, participation à des interpros). Ils sont confiants et pensent pouvoir relancer le mouvement à la rentrée.

Ils signalent l’importance de la répression aussi bien policière qu’administrative (conseil de discipline contre un leader du mouvement au lycée Jacques Feyder mercredi 8 novembre à 18h) et craignent, rejoint en cela par un certain nombre de professeurs, un durcissement de cette répression à la rentrée pour briser dès le départ la contestation.

Les participants se sont accordés pour considérer la mobilisation du 28 octobre comme un succès (historique en période de vacance scolaire) et voir dans la convergence des luttes une des grandes forces du mouvement actuel et son caractère le plus innovant.

Le fort développement des caisses de grèves, manifestations de soutien et des AG interpros ouvre des perspectives de lutte au-delà du recul actuel des grèves reconductibles.

Ce recul renforce l’importance des formes alternatives de lutte permettant de combattre dans la durée et d’être rejoint par des gens ne pouvant pas (chômeurs, retraités…) ou difficilement (précaires, employés de PMI…) débrayer.

Le mouvement des AG interpros doit jouer un rôle central pour développer ce type d’action ou mettre en place des techniques plus élaborées de grève ou maintenir la mobilisation dans la perspective d’une grève générale. Il doit donc poursuivre ses efforts de développement au niveau local et de coordination au niveau régional et national.

2) Les AG interpros, spécificité, organisation et perspectives de coordination régionale et nationale.

Les participants ont souligné l’ampleur des résultats obtenus du point de vue de la convergence des luttes sans omettre de signaler les difficultés rencontrées (réticence des personnels hospitaliers face à cette démarche, existence d’une deuxième coordination IdF…).

Cette convergence est multiforme et fait de la coordination un lieu de concertation des AG interpros locales mais aussi de construction d’une logique interprofessionnelle pour les nombreux participants non organisés en interpro (AG d’entreprise, d’établissement, catégorielle, démarche individuelle de participation).

L’hétérogénéité de statut des intervenants (représentant de divers types d’AG ou d’eux mêmes, dument mandatés ou observateurs) pose un problème évident de légitimité qui ne peut que croître avec le développement des coordinations et l’élargissement de leur horizon (passage à une coordination nationale ?).

À mon sens, le renforcement des coordinations, unanimement souhaité par les participants, suppose un effort de structuration démocratique à tous les niveaux.
Un premier pas important à été fait dans ce sens par la coordination en adoptant un texte de tract permettant de mieux définir le rôle de la coordination (et potentiellement, des interpros), le sens et les modalités de la lutte menée.

« Ils ont voté la loi, nous on continuera ! »

Appel de la coordination du 30/10/10

« Nous, salarié (e)s de l’Éducation nationale, de La Poste, du Rail, les territoriaux, lycéens, étudiants, du 92 et du 93 réunis en coordination à Paris le 30 octobre 2010, sommes toujours convaincus de la possibilité aujourd’hui d’infliger une défaite au gouvernement sur la réforme des retraites. Défaite qui peut faire avancer nos revendications sur l’emploi, les salaires et les minima sociaux.
Nous pensons que la convergence de tous les salariés, chômeurs, précaires dans la lutte est une condition indispensable pour gagner. Ce qui permettra d’élargir le mouvement et de bloquer l’économie. En ce sens, nous soutenons les piquets de grève et les opérations de blocage et nous appelons tout particulièrement à la solidarité contre la répression qui touche les jeunes et les salariés mobilisés. Au contraire de certains dirigeants syndicaux, nous ne voulons ni « passer à autre chose », ni « changer de mode d’action ». Nous restons fermes sur l’objectif de la grève générale jusqu’au retrait de la loi. »

La coordination a décidé de ce réunir à nouveau le dimanche 7 novembre. Elle a demandé, d’autre part, à l’interpro de Tours de reporter au 7 son initiative de coordination nationale pour permettre au différentes AG de s’organiser et de mieux définir leur positions. Elle a voté quelques initiatives communes…

3) Des propositions d’actions collectives.

La réunion a aussi permis de connaître de nombreuses initiatives locales passées ou à venir et d’en proposer de nouvelles. L’AG interpro de (St-Denis ? 92 ?) a adopté quatre critères lui permettant de reconnaître une action menée localement :

1- Visibilité

2- Permettre d’alimenter les caisses de grève

3- Générer la paralysie, bloquer.

4- Permettre l’extension du mouvement.

Cette approche permet de libérer les initiatives. Toute action pouvant se faire au nom de l’AG et bénéficier de son soutien à partir du moment où elle est reconnue pertinente politiquement et tactiquement. Les différences de pratiques politique deviennent dès lors une richesse permettant une grande diversité d’intervention et non une cause de blocage. Blocage évident lorsque ne peuvent être reconnues que les actions auxquelles tous les membres d’une AG ont envie de participer.
Cette proposition peut faciliter les débats, elle ne les supprime pas, en particulier au niveau d’une coordination régionale dont le rôle est de proposer de larges initiatives communes ou coordonnées. Certaines questions divisent :

- Relation à l’intersyndicale : faut-il l’ignorer, la contourner ou, au contraire, chercher à faire pression sur elle pour l’amener à revoir ses positions ?

- Faut-il privilégier la visibilité et diriger, par exemple, les manifestations vers des lieux symboliques – Assemblée Nationale, Medef – ou médiatiques – siège de TF1, des journaux – ? L’extension du mouvement et se diriger plutôt vers les lieux en lutte et les quartiers populaires ou nous pouvons nous faire des amis ? Les actions de blocage, général (nœud de circulation, plateforme d’échanges…) ou ciblé (la Défense, Neuilly…) ?

- À quel point faut-il se concentrer sur la question des retraites ou élargir le débat sur l’évolution générale de la société ? Privilégier une victoire ponctuelle permettant de relancer la contestation ou développer, plutôt, une contestation plus large permettant d’espérer des victoires ponctuelles ? Quelle place donner aux revendications spécifiques des différentes catégories de travailleurs en lutte ?

- Quelle place donner à la lutte contre la répression ?

La coordination n’a pas été en mesure d’apporter des réponses à ces questions. Et pour cause, il n’en existe pas d’entièrement satisfaisantes, aucune susceptible de faire l’unanimité. Le risque est de se condamner à ne pouvoir coordonner que des actions évitant de prendre position sur ces questions centrales (manifestations classiques, distribution de tracts d’approche généraliste…). Ne doit-on pas chercher à expérimenter successivement ou conjointement les différents modalités d’action de la façon la plus déterminée et organisée possible chacun restant libre d’y participer ou pas ?

En attendant, la coordination à décidé de…

1/ Participer le jeudi 4 novembre à la manif étudiante dans un cortège commun avec banderolles AG interpros IDF.

2/ Participer selon les mêmes modalités à la manif du 6 novembre

3/ Appeler à une nouvelle journée de grève et de manifestation le 9 novembre.

Samuel, enseignant au collège A.Camus de Rosny, syndiqué SUD éducation 93, participant à l’AG interpro de Montreuil

[Source : résistons ensemble]