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Vendredi 10 décembre 2010

Le Comité international de soutien à Bernard Rappaz se félicite de la décision prise par celui-ci de prendre vitamines, sucre et sel, afin de limiter les risques de sa grève de la faim prolongée, aujourd’hui au 106e jour. Soulignons le fait que cette décision exprime clairement la volonté de vivre de Bernard Rappaz. Elle s’impose surtout face à l’obstination criminelle des autorités suisses qui refusent toujours de prendre en compte la protestation du prisonnier au-delà du 100e jour de jeûne.

Le Comité international de soutien à Bernard Rappaz s’indigne de la décision rendue par le Tribunal fédéral suisse cette semaine, refusant à nouveau la suspension de peine demandée par son avocat, maître Aba Neeman. Dans ses motivations, la cour prétend ignorer le fait de la grève de la faim, et décide qu’il n’y aurait pas lieu de libérer le prisonnier puisque sa réalimentation est également possible en milieu carcéral – refusant purement et simplement de prendre en compte le fait que depuis cent six jours, Bernard Rappaz pose sa libération comme condition à sa réalimentation.

Le Comité international de soutien à Bernard Rappaz dénonce la conception mécanique du droit proposée par les autorités suisses, qui voudraient que la loi s’applique aveuglément, indépendamment des circonstances. La Cour fédérale suisse, tout comme la ministre de la justice valaisanne, madame Esther Waeber-Kalbermatten, dans son avis rendu il y a dix jours, et comme le Grand conseil du Valais, lorsqu’il a rejeté la demande de grâce de Bernard Rappaz il y a vingt-deux jours, oublient le principe fondamental du droit qui veut que chaque situation soit jugée en elle-même.

Le Comité international de soutien à Bernard Rappaz rappelle que celui-ci a été condamné en vertu de procédures d’accusation critiquables, relevant manifestement de l’acharnement judiciaire. Il est enfermé aujourd’hui, pour une peine de cinq et huit mois de prison ferme, alors que les actes qui lui sont reprochés correspondent à une période de tolérance de la culture du chanvre en Suisse – et ne relèvent certainement pas du grand banditisme comme on veut le faire croire au public. Les divers délits mineurs qui ont été ajoutés à son acte d’accusation, tels un excès de vitesse ou une erreur de déclaration comptable, montrent bien l’intention de condamner à tout prix un homme qui n’aura eu le tort que de symboliser un moment de liberté.

Le Comité international s’inquiète de n’enregistrer aucun progrès du côté des autorités suisses dans l’appréciation de ce dossier, et craint chaque jour plus une issue dramatique. En effet, la décision de Bernard Rappaz de prendre des vitamines, du sucre et du sel, indique bien son intention de prolonger son jeûne avec les énormes risques que cela comporte.

Le Comité international de soutien à Bernard Rappaz tiendra une conférence de presse, mardi prochain, au club de la presse internationale, à Genève.

Contact Presse : Farid Ghehioueche 0614815679

Il en va de la vie ou de la mort d’un homme. Chaque seconde qui passe est une seconde de trop.