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Comment une manif « sauvage » se sera transformée en souricière pour quelques dizaines de manifestants qui termineront au commissariat central du 11e, dans la plus grande cellule du monde – spéciale anti-manifs –, un ancien parking reconverti, au rez-de-chaussé de ce commissariat flambant neuf, mais où seront déjà passés nombre de manifestants...

Ce jeudi 4 Novembre 2010, au départ de Jussieu vers 15h, la manif composée de lycéens, étudiants, et beaucoup d’autres aussi, démarre bien sagement... Pourtant un petit quelque chose de différent flotte dans l’atmosphère... une énergie diffuse se répand, et prend une forme radicale au coin de La Sorbonne.

Est-ce la jeunesse éternelle de cet ancestral lieu de savoir qui stimule les participants ?... Tous bifurquent rue Saint Jacques pour une manif bien à eux, qui les mènera de rue en rue, Bld St Michel, puis Bld St Germain, par dessus la Seine, rue de Rivoli, à l’ Hôtel de ville... où, libres comme des oiseaux jusque là, le destin des manifestants va prendre la forme d’une manifestante à l’allure impeccable, sans un pli, sans une tache, sans une mèche rebelle, mais avec une âme de chef !...

Elle parviendra avec quelques tours de passe-passe et un énorme culot à subjuguer presque tous et à entraîner le groupe à gauche, rue du Renard, côtés policiers (ceux qui vous suivent dans des camions en attendant le bon moment), alors que l’élan naturel du groupe était de se rendre vers Bastille, pour envisager de rejoindre un peu plus tard la manif de la Gare d’Austerlitz...

Deux cents mètres et quelques minutes plus loin, les Robots du côté gauche se positionnaient juste derrière la manif, qui se divisait aussitôt par deux... Encore deux cents mètres, et le deuxième groupe de Robots surgissait à l’avant... Une voix cria : « Attention, ils arrivent ! »... puis une autre : « Prenez cette rue ! » (celle qui convenait pour que le groupe se disperse)... Mais les civils sur le côté droit de la rue de Turbigo s’interposent aussitôt et bloquent la rue salvatrice empêchant la dispersion ; une minorité put s’échapper de l’étau, mais plusieurs dizaines furent encerclés, prisonniers sur le trottoir, puis embarqués. Un de nos camarades a, lui, été embarqué, bien avant les autres et, selon au moins un témoignage salement tabassé (sans doute notre camarade qui voulait aider le groupe à se disperser en l’invitant à prendre une des dernières rues ; la fameuse rue que les civils s’empressèrent de bloquer)...

Voilà comme une manif sauvage, libre et pacifique, se fait piéger par une moucharde qui les dévore de l’intérieur. RIMBE

[Source : indymedia paris]