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Ainsi que Droits devant !! l’aura souligné
[voir QSP n°13], la loi Hortefeux
contient une disposition « pas totalement
défavorable aux étrangers »,
comme l’écrit Libé. C’est l’article 12ter,
qui prévoit la régularisation de sanspapiers
disposant d’une promesse d’embauche
dans un métier et une zone géographique
caractérisés par des difficultés
de recrutement.

« Il ne s’agit pas de régularisations de
plein droit, mais de régularisations au cas
par cas, soumises à l’arbitraire des préfectures
 », précise Droits Devant !! « La
carte de séjour délivrée est particulièrement
précaire : elle a une durée d’un an ».

Ce dispositif s’inscrit dans le cadre de
« l’immigration choisie » proposée par
Sarkozy, qui souhaite « faire passer l’immigration
professionnelle de 7% à 50% »
comme il l’a encore rappelé récemment.

Les étrangers régularisés en vertu de cet
amendement se verraient délivrer une
carte de séjour « salarié », ce qui devrait
gonfler les statistiques de l’immigration
de travail relativement à celles de l’immigration
familiale, par ailleurs brutalement
entravée par toutes les nouvelles
dispositions de la loi Hortefeux. « Pour
les patrons aussi, c’est une bonne nouvelle
 », remarque Libé.

De récentes enquêtes faisaient état de
la proportion de restaurants employant
des sans-papiers : plus de 70%…
André Daguin, président de l’Union
des métiers et des industries de l’hôtellerie,
en sait quelquechose : « C’est une
plaie dont on essaie de se débarrasser »,
affirme-t-il. L’hôtellerie a des besoins
considérables de main-d’oeuvre : « Il
nous manque 40 000 ou 50 000 mecs ».

« Bien sûr, on préférerait taper dans le tas
des chômeurs, mais les gens ne peuvent pas
se mettre dans la tête qu’on est dans des
métiers où on mène une vie à l’envers. On
travaille quand les autres se reposent. La
moitié des mecs ne peuvent pas le supporter.
 » Si on régularisait les sans-papiers,
« ça donnerait un coup au travail au
noir », remarque-t-il. « Il paraît naturel
qu’un type qui fait son boulot et dont le
patron est content puisse être régularisé. »
Question intéressante, Libé se demande
combien d’étrangers cette nouvelle disposition
pourrait concerner.

« Impossible à dire. Faute d’enquête officielle,
personne ne sait combien la
France compte de sans-papiers »… Et
lorsque le ministre dit qu’il y en aurait
200 à 400 000, il dit donc n’impore
quoi. Le seul chiffre « sérieux » dont
on disposerait serait une évaluation
du Bureau international du travail
datant de… 1991 ! Celui-ci estimait
alors leur nombre à 350 000.

[Nous
reviendrons sur la question de cette bouteille
à encre statistique dans nos prochaines
éditions. QSP]

Quant à la proportion de ceux qui travaillent,
si on l’estime à deux sur trois,
il se trouve que la dernière indication
disponible, sur la base des seules régularisations
massives jamais intervenues,
en 1981-1982, permettait de
constater que… 95 % des 130 000
étrangers régularisés alors avaient un
emploi.

Hormis la restauration, l’autre secteur
d’activité qui recourt massivement au
travail des sans-papiers, c’est bien
entendu le bâtiment. « Cette disposition
peut indéniablement permettre de
résoudre des situations difficiles au plan
humain, tout en prenant en compte la
situation de déficit de main-d’oeuvre de
certaines branches », dit Christian
Baffy, président de la Fédération française
du bâtiment.

[Source : Libération]