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Hier après-midi, soixante demandeurs d’asile déboutés par la Belgique, les Pays-Bas, la Grande-Bretagne, l’Irlande et la Suède, ont embarqué contre leur gré dans un Airbus belge pour un retour forcé vers la République démocratique du Congo. Frontex, l’Agence européenne pour la gestion de la coopération aux frontières extérieures, a chapeauté l’organisation de cette opération de retour conjoint au départ de Melsbroek. Par le biais de ce type d’opération, plusieurs Etats membres renvoient vers un même Etat tiers des personnes originaires de celui-ci. Cette démarche s’inscrit dans la stigmatisation croissante des immigrés depuis que l’Union européenne est victime d’une crise économique et sociale dont les racines sont pourtant clairement financières.

C’est dans ce cadre qu’une trentaine d’activistes s’est enchaînée aux barrières du centre 127 bis de Steenokkerzeel, d’où ont été emmenées les personnes expulsées vers la RDC. Par cette action, ils exprimaient leur désaccord avec cette pratique indigne des renvois conjoints. Quelques heures plus tard, une bonne partie d’entre eux s’est retrouvée au commissariat de police, arrêtée par les forces de l’ordre. L’arrestation administrative des manifestants pose question quant au respect du droit à la liberté de manifestation. Le fait que la presse ait été tenue à l’écart du lieu de l’intervention ne fait que raviver ses préoccupations.

La Ligue des droits de l’Homme et le CNCD-11.11.11 rappellent l’interdiction absolue des expulsions collectives d’étrangers, prévue à l’article 4 du Protocole 4 à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales. Si le gouvernement belge se défend en soutenant qu’il s’agit, non pas d’expulsion collective, mais de mise en œuvre collective de décisions prises sur base individuelle, l’actualité récente nous montre à quel point la frontière entre les deux est ténue. La manière dont les Etats européens tentent de se débarrasser des quelques milliers d’étrangers fuyant la Libye et la Tunisie débarqués à Lampedusa depuis le début du printemps en constitue une preuve édifiante. C’est en outre une illustration inquiétante de la manière avec laquelle l’Union européenne gère de façon sécuritaire l’extraordinaire élan de liberté et de dignité qui s’exprime à ses portes dans les pays arabes.

Dans ce contexte, la LDH et le CNCD-11.11.11 ne peuvent que trouver légitime la démonstration de colère pacifique des manifestants et particulièrement attentifs à ce que la liberté de manifestation soit respectée à l’avenir. Il est inacceptable, dans le contexte de la crise financière internationale, de continuer à promouvoir une mondialisation fondée sur la liberté de circulation des capitaux spéculatifs et qui restreint sans cesse davantage la liberté de circulation des êtres humains.

Contacts presse :
Benoit Van der Meerschen, Président LDH : 0497 29 46 72
Arnaud Zacharie, secrétaire général CNCD-11.11.11 : 0495 92 35 58