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Le mouvement anti-prohibitionniste français fête ses vingt ans, et pour l’occasion la thématique des drogues s’invite dans la campagne présidentielle, avec la candidature de Farid Ghehiouèche aux primaires du Parti socialiste.

Déjà tête de liste aux élections européennes en Île-de-France en 2009, Farid a déjà à son actif d’avoir réveillé la vie politique en posant dans le débat institutionnel un programme précis, affiché en douze points devant les bureaux de vote de région parisienne que ses faibles moyens avaient permis d’atteindre.

Depuis, on a vu Daniel Vaillant, au PS, et Stéphane Gatignon, passé du PC aux Verts, l’un et l’autre, chacun de son point de vue, affirmer la nécessité d’une légalisation du cannabis. L’un comme l’autre parce qu’il est évident qu’une telle politique garantirait mieux la « sécurité » de leurs quartiers, dans le 18e comme à Sevran comme partout.

Simultanément, des instances onusiennes ou des groupes de personnalités internationales se sont aussi lancés à l’assaut de la prohibition sous de multiples argumentaires.

Vingt ans d’opposition continue, mais quarante ans depuis la loi de 1970. Et un demi-siècle depuis la convention internationale de 1961. Avec, au point de départ, la conférence de Shangaï de 1909, on remonte à plus d’un siècle…

Un siècle d’absurdité. Dans l’élan des réformes portugaises et des victoires du cannabis thérapeutique aux États-Unis, on se prend d’espérer un vent nouveau, et pas une semaine ne passe sans que « la légalisation » ne fasse la une de tel ou tel journal.

Dernier en date, une tribune de Pierre Kopp, dans Le Monde, faisait miroiter un milliard de rentrées fiscales. Les candidats aux « primaires citoyennes » du PS se sont tous prononcés contre. À l’exception de François Hollande, prétend l’article ci-dessous de nouvelobs+. Celui-ci aurait déclaré qu’il s’agit d’une question européenne, à examiner collectivement, s’inspirer du Portugal – dont les expériences réformistes sont largement concluantes.

Farid a beau jeu de signaler que Hollande botte en touche, sachant bien qu’au niveau européen, il n’y aura jamais l’indispensable unanimité pour réformer la politique des drogues pour les 27 – on peut toujours compter au moins sur la Suède pour faire barrage. Il reporte ainsi toute éventualité de réforme aux calendes grecques.

Car ce n’est pas seulement sur la question de la prohibition des drogues que Farid est seul à porter la contradiction dans cette élection. Les sept points de son programme – parmi lesquels, la réforme de la politique des drogues – sont tous aussi importants l’un que l’autre et constituent comme le catalogue des non-dits de la gauche – en tout cas au PS.

Le premier thème, celui du nucléaire civil, est certes le plus de saison, après Fukushima. Mais même après Fukushima, on n’a pas entendu réclamer de « stopper la folie nucléaire » sans délai, comme c’est ici exprimé par Farid. Certes pas au PS, et nulle part en fait, tous cédant à un pseudo réalisme, à côté duquel l’Allemagne d’Angela Merkel donnerait presque l’image d’un radicalisme débridé.

Lorsque Farid dénonce la loi de programmation militaire, votée en 2009 pour cinq ans – la folie de ce budget comme l’absurdité de son objet –, il se distingue là carrément : encore récemment, Martine Aubry s’engageait à ne pas toucher à ces fastueux engagements de l’État au bénéfice de l’armée, et Eva Joly, après avoir mis dans le mille en s’attaquant au défilé du 14 juillet, aura aussitôt essayé de se faire pardonner en précisant qu’il ne s’agissait pas de s’en prendre à l’armée.

Du revenu d’existence aux problèmes du logement, sans oublier les lois racistes et sécuritaires, les sept points de ce programme ramassé n’oublient même pas la revendication d’une démocratie réelle qui surgit de Madrid, comme de Tunis ou de Reykjavik – à Damas comme à Jérusalem.

À Paris s’éveille, on s’engage à soutenir cette campagne farid 2012, puisqu’on milite pour la réforme des politiques sur les drogues, comme on soutien les indignés et toutes les révolutions, d’Islande en Israël, en passant par la Tunisie, l’Égypte, la Libye et la Syrie, comme on réclame la suppression des budgets militaires et l’abrogation des lois racistes et sécuritaires, comme on appelle à une démocratie réelle.

Parce qu’à notre échelle, aussi modeste soit-elle, il nous semble utile sinon urgent de mettre ces idées en circulation – parce que le monde doit changer de base.

Paris s’éveille

Campagne présidentielle Altermondiste Liberterre – « Primaires citoyennes » du 9 octobre et au-delà...

# PROPOSITIONS POLITIQUES

* Abrogation des lois racistes et sécuritaires * DÉMOCRATIE RÉELLE : Une nouvelle constitution pour la démocratie écologique (...) * DROGUES : Sortir de la prohibition * JUSTICE SOCIALE : Halte à la république immobilière * NUCLÉAIRE : Stopper la folie ! * PAIX : Démilitarisation générale * REVENU UNIVERSEL CITOYEN : Le droit de vivre.

Le site de la campagne farid2012.org

Vendredi 29 juillet 2011

COMMUNIQUÉ

29 juillet 1881- 29 juillet 2011, à l’occasion du 130e anniversaire de la loi sur la liberté de la presse et la liberté d’expression en France, inspirée par l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 [1], instituant le 4e pouvoir, Farid Ghehiouèche se porte candidat aux « Primaires citoyennes » organisées le 9 et 16 octobre prochain, sous le signe des libertés.

Farid Ghehiouèche déclare que « le but de cette campagne est d’inviter les personnes inscrites sur les listes électorales, et au besoin à s’inscrire pour ça, afin de rassembler la gauche pour se débarrasser de l’état liberticide et de ses zélateurs de droite et d’extrême-droite. Les objectifs sont : d’engager le débat le plus large sur des propositions concrètes pour une véritable politique de gauche permettant d’assurer la victoire en 2012. Parce que la gauche ne peut gagner que si elle est écologique – et de gauche. Aujourd’hui toute alternative politique se doit de promouvoir des évolutions en profondeur de la société, reconquérir des espaces de libertés, refonder une vie démocratique et garantir la paix comme la justice sociale. »

Le candidat 7/7

Pour l’élection présidentielle, Farid Ghehiouèche, septième candidat dans le cadre des « Primaires citoyennes » défendra sept propositions. Leur contenu détaillé sera communiqué avant l’université d’été du Parti Socialiste de La Rochelle : Le 6 août (Nucléaire : stopper la folie), le 8 août (Paix et Démilitarisation générale), le 13 août (Drogues : sortir de la prohibition), le 16 août (Démocratie réelle : une nouvelle constitution pour la démocratie écologique conviviale), le 18 août (Revenu universel citoyen : le droit de vivre), le 21 août (Justice sociale : halte à la république immobilière), le 23 août (abrogation des lois racistes et sécuritaires).

Père de famille, âgé de quarante ans, rédacteur en chef du journal gratuit et légal [RBH]²³ – la Gazette du Chanvre, Farid Ghehiouèche a conduit la liste Cannabis Sans Frontières (alternative écologique) en Ile-de-France lors des élections européennes en 2009.

Pour suivre et participer à cette campagne en temps réel, le site http://farid2012.org servira d’outil pour toutes les personnes qui souhaitent la victoire de la démocratie réelle en 2012.

Rendez-vous le samedi 30 juillet, à 11h, pour la conférence de presse inaugurale de la campagne, en amorce du Séminaire estival de réflexion sur ce que pourrait être une constitution démocratique (constitutiondemocratique.org), à la Librairie Lady Long Solo située au 38, rue Keller 75011 PARIS

Pour garantir un débat démocratique, il importe que la presse rende compte de l’ensemble des points de vue présentés aux électeurs, pour qu’ils choisissent en connaissance de cause, ainsi nous espérons bien que notre candidature trouvera un large écho.

Contact PRESSE : 06 14 81 56 79 ; contact@farid2012.org ; SKYPE : farid3h ; http://farid2012.org

Campagne présidentielle farid2012.org c/o Lady Long Solo 38, rue Keller 75011 PARIS

PS : le cannabis de la discorde

CANNABIS. La question de la dépénalisation est-elle un facteur de division supplémentaire au PS ? Même pas : les candidats à la primaire sont tous d’accord pour s’opposer à sa dépénalisation ! Tous, sauf un...

Les socialistes, paraphrasant Jean-Paul Sartre sur le communisme, auraient pu déclarer, d’une seule et même voix : « Le cannabis est l’horizon indépassable de notre temps », tant il agite depuis des mois les débats internes au Parti socialiste. Tout ça à cause de qui ? D’un certain Pierre Kopp, économiste de formation, qui a récemment déclaré, lors d’une interview au Monde, que légaliser le cannabis rapporterait à l’État la rondelette somme d’un milliard d’euros. De quoi redonner du baume au cœur à toute la classe politique, dans un contexte de crise qui n’arrange personne.

Il n’en fallait donc pas moins pour que la sphère politique s’agite, faisant feu de tout bois, tentant de récupérer le sujet et d’affirmer des opinions qui sont pour le moins divergentes. De la légalisation totale chère aux Verts, à la « légalisation contrôlée » de Daniel Vaillant, en passant par les refus nets de Nicolas Sarkozy ou Ségolène Royal de dépénaliser la substance préférée de Baudelaire et Théophile Gautier (et Cocteau, et Picasso, et Apollinaire...), il semblerait bien que le débat dure longtemps, longtemps... jusqu’en 2012, où tous nos candidats vont en faire, on pourrait le croire, l’un de leurs principaux thèmes de campagne.

Mais intéressons-nous de manière plus ciblée à ce bal des déclarations de candidats aux primaires.

En premier lieu, nous retrouvons Manuel Valls et Arnaud Montebourg, ces têtes brûlées des instances du parti, refusant catégoriquement une éventuelle dépénalisation. Même avis pour Martine Aubry, mais aussi pour Ségolène Royal qui se déclarait pourtant « ouverte au débat » il y a quelques mois.

Et puis, François Hollande, qui, selon certains observateurs, incarnerait beaucoup plus cette fameuse « stature » de présidentiable. Ancien gouvernant d’un parti de socialistes « ingouvernables » (Mitterrand), élu d’une terre corrézienne où il a beaucoup œuvré pour faire oublier bon nombre d’années de Chiraquie, François Hollande, donc, a un avis plus nuancé, plus distancié, plus « présidentiel » sur le sujet, force est de le constater.

En effet, François Hollande souhaite une « réflexion européenne sur le sujet », avant de poursuivre sur France Soir, déclarant désirer « réunir une commission à l’échelle de l’Europe, comme celle qui vient d’avoir lieu aux États-Unis. Le Portugal est dans la dépénalisation, mais pas tout à fait dans la légalisation. Ça mérite qu’on regarde ce qui se passe au Portugal. Ça mérite qu’on fasse une proposition pour l’Europe entière. »

Certains ont choisi le discours radical, le refus clair, sans équivoque. Loin de vouloir la négociation ou de regarder les choses de manière distanciées, ils ont pris le parti de l’opinion. Refus de la légalisation. Une position facile, confortable, rassurante, que beaucoup de candidats ont pris, certes, mais qui aura au moins le mérite d’être franche.

Petit rappel de l’histoire. Dans l’émission « Cartes sur Table » d’Antenne 2 (l’ancêtre de France 2) en 1981, interrogé par Elkabbach et Duhamel sur sa position quant à l’abolition de la peine de mort en France, François Mitterrand, avec toute la stature presque monarchique qu’il convient d’avoir dans de telles prises de position, et malgré une opinion défavorable à cette cause, prenant le risque de jouer son élection, se prononce clairement contre la peine de mort, convoquant quelques raisons divines et sociales dont lui seul a le secret.

Sur ce coup, François Hollande sent l’Élysée à plein nez. En ce sens, il s’est prononcé de manière plus nuancée : le jeu de la solitude face à des éléphants tous d’accord sur le sujet. François Hollande fait désormais cavalier seul, les yeux embués, certain de tout faire pour réveiller le grand monarque de gauche qui, il y a des décennies, était lui aussi seul contre tous.

Il lui reste désormais à rester éloigné des odeurs nauséabondes du scandale – celui de son audience dans l’affaire Tristane Banon, qui lentement s’enfonce dans les sables mouvants de l’actualité.