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Voir aussi : Rétention administrative : Lorsque les violences policières s’ajoutent à l’acharnement administratif

  Premier retenu, M.K. :

« Hier, j’avais un vol. C’est la quatrième fois qu’ils essaient de m’expulser. A chaque fois j’ai refusé. Hier ça s’est mal passé. Les policiers m’ont tapé, ils m’ont fait la misère. Ils m’ont insulté : « terroriste, sale islamiste, connard d’arabe ». J’ai porté plainte. J’ai le témoignage des gendarmes. Quand je suis revenu au centre, les autres quand ils ont vue mon état ils ont décidé de faire une grève de la faim [hier soir]. Moi aussi, je fais la grève. Demain, j’ai encore un vol programmé. J’ai toute ma famille en France, je ne veux pas retourner au Maroc, j’ai personne là-bas. Dans l’avion, j’avais cinq flics sur moi. Il y en a un qui a mis son genou sur mon ventre. Ils ont serré fort les menotté et les ont accrochées avec un crochet à mon pantalon. Ils m’ont scotché les chevilles et les poignets. Tout ça, ça s’est passé devant les passagers. Je ne sais pas trop si les passagers ont réagi, j’ai pas l’impression. J’étais choqué. J’ai essayé de me trancher la gorge avec une lame. » M.K. a avalé des lames de rasoir ce matin pour empêcher son expulsion. Il a été conduit à l’hôpital de Meaux. Les médecins ont déclaré n’avoir trouvé aucune lame. Il a été conduit à l’aéroport.

  Deuxième retenu :

« La grève ne s’est pas poursuivie aujourd’hui. Le commandant a dit que ça servait à rien. Ils font des promesses : si vous arrêtez, on vous libère. Beaucoup de gens ont arrêté la grève. Ils ont flanché parce qu’ils pensent qu’ils vont être libérés. Les flics nous disent : ou vous marchez comme on veut ou on va utiliser toutes nos forces. Aujourd’hui il a trois expulsions violentes : il y en a un qui s’est caché, les flics l’ont cherché partout, ils l’ont pris et ils lui ont mis une chaine. Ça se durcit. Certains consuls refusent de signer les laissez-passer si y a pas de preuve. Mais d’autres c’est tout le contraire, même sans rien, ils signent ! Il y a pas mal de mecs qui ont été arrêté au travail. Le refus d’embarquement c’est du pipeau : dans la loi, on a le droit mais dans la réalité, c’est pas ça... A Roissy, sur 10 refus il y en a 9 qui marchent. A Orly, c’est tout l’inverse, les types ne reviennent pas. Et la compagnie Aigle azur s’en fout complètement quand quelqu’un refuse. Il y a eu beaucoup de plaintes contre cette compagnie. On n’est pas toujours prévenu de son expulsion. Les flics montent les gens dans l’avion avant les passagers. C’est leur technique. J’ai un ami qui a reçu un coup de tazer à l’aéroport. On a demandé à rencontrer un représentant de la préfecture. On a écrit une lettre. Certains journalistes sont au courant du mouvement. Mais, bon, tant qu’il y a rien à l’extérieur, autant pisser dans un violon. Il faudrait une mobilisation comme pour la rafle de Terres-au-curé [foyer de travailleurs raflés le 12 février 2008].Ce matin, il y a eu un petit incendie, les pompiers sont venus. Ils ont pris personne pour l’instant. On a pas grand-chose à reprocher à la gendarmerie, le problème c’est la PAF. Il y a 48h, il y a eu une tentative de suicide par pendaison, quelques jours avant, un type s’est mutilé. C’est des tentatives de suicides qu’on voit en Maison d’arrêt ! Pour le jeune [le premier retenu], c’est pas simple : il a touché aux forces de l’ordre, c’est une institution, c’est inattaquable. Même si les flics ont tord, on leur donnera toujours raison. »

  Lettre des retenus :

« A l’attention du préfet, Nous avons l’honneur d’adresser ce courrier à votre bienveillance afin de revendiquer la maltraitance de M.K. Veuillez aussi étudier chaque cas qui est retenu au centre du Mesnil-Amelot. On a pris la décision d’entamer une grève de la faim et de ne pas réintégrer nos chambres jusqu’à décision de votre part. Ainsi que certains cas qui sont dans un état critique. Signée par 89 retenus. »

FERMETURE DES CENTRES DE RETENTION

fermetureretention@yahoo.fr


K a été présenté au vol de la Royal Air Maroc pour Casablanca à 14h10 à Orly : il était saucissonné, mains menottées dans le dos et accrochées au pantalon, les genoux repliés par une ceinture. Plusieurs personnes étaient présentes à l’aéroport pour prévenir les passagers de la présence d’un expulsé. K. a été monté dans l’avion et les passagers ont immédiatement protesté en le voyant ligoter et hurlant. Il a été redescendu après 10 minutes. Mais ce n’était pas encore fini ! Les flics ont décidé de le représenter au vol de la RAM de 16h50. Encore une fois, un petit groupe de personnes a réussi à alerter les passagers, qui ont manifesté leur opposition à l’expulsion. K. a été débarqué et amené au commissariat de la PAF à Orly où il a été placé en garde à vue.
M.K. passera demain au tribunal de Créteil à 13h30. [Vendredi 17 juillet].
Rappel des faits :
K. avait déjà refusé 4 fois l’expulsion. Lors de la dernière tentative d’expulsion, il a été frappé et insulté par les agents de la PAF. Les retenus du centre avaient décidé de faire une grève de la faim.


  Mesnil-Amelot, prison pour étrangers
jeudi 16 juillet

La discussion démarre sur les nouvelles de K. qui devait être expulsé
aujourd’hui après 4 refus d’embarquement.

« Ici c’est calme. Il y a eu trois libérations aujourd’hui. Il y a
quelqu’un qui a refusé d’embarqué mais lui il a été libéré, il nous a
appelé tout a l’heure. Ca montre que les forces de l’ordre s’acharnent
sur lui (K.). La police ne le lâchera pas, ils s’acharnent. »

fermeturetention@yahoo.fr