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Et si l’union de la gauche se faisait avec Jadot Président et Mélenchon+Hamon co-premiers ministres ?

(Texte paru dans le numéro de mars 2017 d’Equilibre optimum, le journal que fait l’ami Kiki pour le Cirque électrique.)

par Michel, Joseph, Safia et la majorité

Ça suffit les conneries ! L’union de la gauche, il nous la faut. Ici et maintenant, d’une manière ou d’une autre. Il faut l’union de la gauche parce qu’il faut battre la droite. C’est clair ? Ou bien serait-ce trop compliqué pour nos stratèges ? Il faut battre la droite, pas pour des raisons de stratégie, mais pour cause de survie. La droite dure qui revient c’est celle de Sarkozy. La police la plus violente au pouvoir ? On n’en veut pas.

Aujourd’hui la manœuvre est claire : on a lancé Macron pour s’assurer la division des voix de gauche, leur dispersion maximale vers le centre, qui assure à cette droite raciste un avantage décisif. Car avec le vote Le Pen au plus haut, il va de soi, plus encore qu’en 2002, que la droite victorieuse sera bien « sans complexes », plus encore que ne le revendiquera le même Sarkozy – aujourd’hui outsider plausible qui espère un retour comme sauveur de la droite à la dernière seconde.

Il y a d’autant plus besoin d’union de la gauche que bon nombre au PS se rallient ouvertement ou discrètement à cette division pire qu’inutile que représente Macron.

Mais ce n’est pas seulement tactique. Si l’union s’impose c’est parce que le peuple est déjà uni, pas seulement dans les luttes, mais aussi dans les esprits. Il reste à ceux qui le représentent de s’unir à leur tour. Les éventuelles pommes de discorde entre Hamon, Mélenchon ou Jadot, nous intéressent bien moins que tout ce qui nous unit : l’écologie, le féminisme, la laïcité, la justice sociale, mais surtout d’abord et avant tout le refus du racisme, cette invention pernicieuse seulement destinée à diviser le peuple.

Le racisme qui tue, qui brutalise, qui viole à coups de matraque, on n’en veut plus. Les violences policières, on n’en veut plus. Or avec Sarkozy, c’est la police raciste qui reviendrait au pouvoir. On veut une police qui protège, qui rassure, pas d’une police qu’il faille craindre absurdement, qui terrorise, qui contrôle dix fois dans la même journée la même personne pour rien. Qui humilie, et pour qui la bavure est un système. Une police qui attise la violence quand elle ne la pratique pas elle-même.

Et pour changer ça, il faut d’abord légaliser le cannabis. Aujourd’hui à gauche il y a enfin consensus, Hamon, Mélenchon et Jadot admettant le principe d’une telle réforme, si prometteuse en termes sanitaires et sociaux comme pour le budget, et ce n’est pas la moindre des avancées à gauche. C’est un événement énorme dont il faut prendre la mesure. Impensable hier sur un sujet réputé difficile, cette union est bien l’expression d’une union profonde à la base, où l’on s’accorde sur tant de choses. S’il faut légaliser le cannabis, ce n’est pas seulement pour ses impressionnants bénéfices thérapeutiques plus que démontrés, ou pour la floraison économique qu’on peut légitimement en attendre, mais bien pour mettre un terme à cette guerre civile meurtrière et désespérante qui nous est infligée. On veut la paix.

On veut la paix parce que c’est la seule façon de vivre, dans nos cités comme dans le monde. Et pour avoir la paix, il faut la justice. La justice sociale, la justice tout court. Celle qui respecte la dignité de tous. Qu’il n’y ait plus personne à la rue, pour commencer, réfugiés, roms, immigrés ou autochtones, ni une femme, ni un enfant, ni un homme, personne. Qu’un revenu inconditionnel soit assuré plutôt que le système insécurisant, tracassier, bien trop complexe et souvent injuste du RSA remis en cause à tout bout de champ. Il faut donner des moyens aux jeunes pour construire le monde de demain. Les aider au lieu de les combattre en tentant perpétuellement de les soumettre. Les émanciper, pas les briser. Et il n’y a pas que les jeunes… A tout âge on est victime de ce système de surveillance généralisée au service d’un ordre qui ne sait même plus ce qu’il défend, au point où la corruption en est la marque la plus distinctive.

L’autre grand événement dont il faut se féliciter, c’est que sur le cadavre de cette gauche corrompue – antisociale et au fond droitière –, une vraie gauche est apparue, une gauche indignée, une gauche écologiste, une gauche féministe, libre et émancipée qui s’invente de nouvelles formes de citoyenneté. Ce peuple bien plus uni que vous, semble-t-il à cette heure, veut la paix, pas la guerre, et ne pas continuer sur ce chemin où nos enfants seraient condamnés à s’entretuer dans un cauchemar sans fin.

Il faut que les représentants politiques de cette nouvelle gauche s’unissent, pour que sa voix puisse être entendue et que le peuple ait une chance de se sortir du piège tendu par cette élection. Que Hamon, Mélenchon et Jadot s’arrangent comme ils veulent. Par exemple, choisissez Jadot, le plus « faible » d’entre vous, qui a l’avantage de symboliser l’urgence écologique sur laquelle, là encore, tout le monde est d’accord. Et laissez-nous gagner.