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Les faits en Tunisie, Egypte et Algérie surtout, mais pas que...
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1er février - Tunisie : L’armée chasse une manifestation de jeunes à Kasserine.

2 Février – Egypte : Les manifestants rejoignent à nouveau la place
Tahrir. Des manifestants pro-Moubarak défilent dans les rues du centre
avant de commencer à s’en prendre à ceux qui s’opposent au régime avec
couteaux, bâtons et pierres, en particulier à proximité du musée du Caire.
Des coctails molotov volent.

2 février – Palestine : manifestation à Ramallah contre Moubarak dispersée par la police. L’autorité palestinienne a interdit tout rassemblement, se justifiant par la non-ingérence dans les affaires de « pays frères ». Le Hamas a quand à lui autorisé une manifestation aux cris de « Moubarak traître » à Gaza, devant la mission égyptienne inoccupée.

3 février - Egypte : À Alexandrie les manifestations se poursuivent. Les heurts entre pro et anti Moubarak se continuent au Caire, parfois à balles réelles. Toute la nuit, des volontaires ont dépavés et stockés des pierres. Des barricades enflammées séparent les deux camps. L’armée cherche à s’interposer et repousse en partie les partisans du régime qui prennent également pour cibles les journalistes étrangers. Incendie dans un hypermarché de la banlieue du Caire.

3 février – Yémen : La manifestation organisée contre le gouvernement est un succès alors qu’une contre-manifestation est organisée en parallèle par le parti au pouvoir. D’autres manifestations se déroulent au sud du pays, certaines réclament l’indépendance.

3 février – Tunisie  : Grève sur l’ensemble du réseau ferroviaire et sur
les réseau métro et TGM pour des revendications professionnelles.

3 février – Algérie : Grève des infirmiers pour des revendications
salariales.

3 février – France : Mutinerie dans une prison du Val d’Oise où 200
personnes refusent de regagner leurs cellules, arrachant les barbelés
séparant les deux cours de promenade. Intervention des ERIS. 5 personnes
passent en comparution immédiate. 26 sont transférés.

4 février – Egypte : L’auto-défense continue de s’organiser place Tahrir où certains on à nouveau passé la nuit. Des policiers en civils ont été débusqués, leurs armements et cartes de police exposées. L’armée empêche ; la marche prévue en direction du palais présidentiel et fouille méticuleusement tous ceux qui se rendent sur la place en contrôlant leur identité. Des chrétiens protègent les musulmans pendant la prière qui alieu sur la place. Une foule immense est également réunie à Alexandrie,avec aussi une surveillance de l’armée et de policiers armés dont certains en civil. 100.000 manifestants à Mansourah (delta du Nil) demandent également le départ de Moubarak. Manifestations également à Suez 1, à Menoufiya (nord), à Mahalla (delta du Nil), Assiout (centre), Louxor (sud). Dans le Nord de la péninsule du Sinaï, des bédouins contrôlent plusieurs axes routiers et s’affrontent avec les flics. Au Caire, en fin de journée, l’armée tire en l’air pour tenter de disperser les pro-Moubarak qui s’approche de la place Tahrir

4 février – Syrie : Facebook, où certains appelaient à une manifestation ce jour, est bloqué. La surveillance est renforcée dans tout le pays où les manifestations sont interdites depuis 1963. L’appel n’a dès lors à priori pas été suivi.

4 février – Bahreïn-Maroc... : Manifestations de solidarité avec le peuple égyptien à Manama et à Rabat comme dans de nombreuses villes du monde entier (plusieurs ont également eu lieu au Liban notamment).

4 février – Tunisie : Au Kef (nord-ouest du pays), ouvriers d’une câblerie
automobile et chômeurs manifestent. Deux personnes sont mortes dans un
poste de police de Sidi Bouzid où plusieurs centaines de personnes ont de
suite manifesté leur colère en incendiant des véhicules de police. A
Kebili (sud), vives tensions après la mort d’un jeune qui a reçu une
grenade lacrymo dans la tête lors d’affontements suite à une tentative de
prise d’assaut du bâtiment de la garde nationale qui a été en partie
incendié.

5 février – Tunisie : Dans la ville du Kef, une manifestation pour
réclamer le départ du chef de la police locale, celui-ci gifle une des
manifestantes, provoquant des affrontements : le poste de police est
incendié et quatre personnes sont tuées.

6 février – Tunisie : Les affrontements se poursuivent à El Kef où des bandes de jeunes pillent des magasins et ont à nouveau mis feu au poste de police. Ils ont tenté de libérer les détenus de la prison avant d’être repoussés par l’armée. Des syndicalistes affirment qu’ils sont payés par le RCD (le parti de Ben Ali) ! A Gafssa, des manifestants qui demandaient sa démission forcent le nouveau gouverneur à quitter ses bureaux dans un véhicule de l’armée. À Kébili, après des heurts entre « citoyens », nouvel assaut sur le bâtiment de la garde nationale qui a été incendié alors que certains ont récupéré matraques et uniformes.

6 février – Algérie : Manifestation de chômeurs à Alger devant le siège du ministère du travail et alors que le quartier est bouclé par les forces anti-émeute. Quelques heurts avec les policiers. L’un des manifestants tente de s’immoler.

6 février – Egypte : La place Tahrir est toujours occupée jour et nuit par les manifestants.

7 février – Tunisie : À Tunis, un blocus est organisé pour empêcher les députés de rejoindre le parlement où devaient se tenir une séance plénière pour adopter un projet de loi permettant au président par intérim Fouad Mebazzaâ de prendre des décrets-lois en attendant les élections présidentielle et législatives. Un milliers de jeunes de Tunis ont rejoint Sidi Bouzid pour affirmer leur solidarité avec la population locale. La situation est toujours tendue lundi soir à El Kef. À Tozeur, un bâtiment du RCD a été incendié. Le ministère de la défense a fait appel aux réservistes de l’armée. Celui de l’intérieur a demandé aux policiers de rejoindre leurs postes sans quoi ils seront coupables de refus de travail.

7 février – Egypte : Des manifestants ont bloqué l’accès des fonctionnaires à un édifice gouvernemental situé sur la place Tahrir au Caire. Un homme qui a tenté de mettre le feu à ce bâtiment a été arrêté par les manifestants et livrés à l’armée. Quatre roquettes ont été tirées sur un poste de police à Rafah, près de la bande de Gaza.

7 février – Bangladesh  : À la suite d’un appel à la gève générale lancé par l’opposition, des heurts ont opposés manifestants et force de l’ordre.

8 février – Tunisie : Dans de nombreuses villes du pays, manifestations et sit-in pour exiger le départ des gouverneurs nouvellement nommés. À Tunis, près de 500 personnes envahissent le siège du gouvernorat. À Bizerte, l’armée intervient pour que le gouverneur rejoigne ses bureaux. À Kairouan, la route principale menant au centre-ville est coupée par les manifestants qui ont cramé des pneus et saccagé une station service avant que l’armée ne fasse des tirs de sommation. À Gabès comme à Nabeul, les nouveau gouverneurs sont obligé de quitter les lieux sous la protection des militaires. À Kébili, le gouverneur a quitté la région. À La Manouba, les protestations des agents temporaires et contractuels ainsi que des agents des chantiers et des cadres des différentes délégations de la
région se poursuivent. À Zaghouan, lycéens et agents de la municipalité ont obtenu que le gouverneur quitte lui aussi son poste. A Siliana, Medenine, Monastir et Tozeur des protestataires sont également rassemblés devant les sièges des gouvernorats. A Béja, le gouverneur lui aussi quitte son poste à cause d’un sit-in. A Ariana, au cours d’un rassemblement du même genre, des jeunes prennent d’assaut le siège du gouvernorat : l’armée intervient. A Sousse, dépôts du port commercial et commerces sont pillés et les manifestants réussissent eux aussi à faire partir le gouverneur.

Dans la localité de Hichria à Sidi Bouzid où se tient une grève générale, le poste de la garde nationale, la demeure du chef du poste et sa voiture ainsi que le siège de l’association d’intérêt commun sont incendiés suite à l’interdiction d’une marche pacifique et à des tirs en l’air de la part des flics. Des pillages ont également lieu. Grèves d’enseignants à Sfax et de chauffeurs à Bizerte. A Tozeur, des « diplômés du supérieur » se sont réunis devant le siège du commissariat régional à l’Education. Le ministre de la justice tunisien demande l’aide l’Union européenne pour que les 14 tribunaux incendiés et les prisons endommagées depuis le début des évènements puissent reprendre du service. Le syndicat UGTT et le gouvernement ont signé un accord où il est convenu, entre autre, « d’œuvrer pour rétablir la sécurité, en faisant face aux forces anti-révolutionnaires qui tentent de déstabiliser le peuple, d’entraver le fonctionnement normal des établissements éducatifs et d’influencer négativement le climat social ». La contre-révolution bourgeoise suit son cours, accusant ceux qui continuent la révolte d’être
anti-révolutionnaires...

8 février – Egypte : 15e journée de mobilisation. Les manifestants continuent de camper place Tahrir malgré le froid, les rhumes et les grippes. Des manifestations ont également lieu devant le Parlement et la télévision égyptienne. Des rassemblements ont également lieu à Alexandrie, Suez, Minya, Sohag, Assiout... À Kharga, affrontements entre les manifestants et la police (qui tire à balles réelles) : un camion de police, le tribunal, le siège du PND, le bâtiment du gouverneur sont incendiés. La police aurait libéré quelques prisonniers pour les utiliser contre les manifestants.

8 février – Algérie : Des étudiants des « grandes écoles » (ENA, classes prépa, polytechnique...) déclenchent un mouvement de grève illimitée pour protester contre l’application des normes LMD. Egalement un début de grève illimitée des paramédicaux... Dans la localité de Naciria, à 45km de Boumerdès, des jeunes chômeurs bloquent la RN12. Les forces de l’ordre interviennent, s’en suit de violents échauffourés qui gagneront peu à peu d’autres quartiers de la localité. Dans le village d’El Harrouch, à 30km au sud de Skikda, des manifestants bloquent la RN3 pour faire avancer leurs doléances. La police intervient : 13 gendarmes et 3 manifestants blessés avant le déblocage. Les deux principales voies d’accès à Chaïba à proximité du siège du groupe Sider et celle de la nouvelle cité AADL, dans la commune de Sidi Amar, sont fermées à la circulation automobile par une centaine de chômeurs. D’autres chômeurs bloquent la circulation à Borj Menaiel et des travailleurs d’une laiterie à Tazmalt pour protester contre des licenciements.

9 février – Algérie : À Naciria, les chômeurs en révolte reviennent à la charge : ils bloquent à nouveau la RN 12 pour faire avancer leurs dossiers de demande d’emploi dans le cadre d’un dispositif de contrat de formation et d’insertion. À Oran, le siège de l’état civil, récemment inauguré, a été saccagé par des citoyens en colère avant que la police n’évacue les lieux.

9 février – Tunisie : Rassemblement devant un bureau d’aide sociale au cours duquel un militaire blesse un manifestant par balle.

9 février – Egypte  : Au Caire, près de la place Tahrir toujours occupée, des manifestants encerclent le Parlement et le siège du gouvernement, obligeant le conseil des ministres à se tenir ailleurs. À Assiout, des manifestants bloquent la voie ferrée, ont coupé une autoroute avec des pneus enflammés et jettent des pierres au gouverneur. À Port Saïd (entrée méditerranéenne du canal de Suez), un bâtiment officiel est saccagé et la voiture du gouverneur incendiée. Des habitants d’un bidonville installent un campement dans le centre-ville, sur la place des Martyrs. Les travailleurs du port, ceux de l’aéroport du Caire et ceux d’entreprises travaillant sur le canal sont en grève. Débrayages également de fonctionnaires, de fermiers, d’employés de l’électricité ou du musée, pour demander du pain, des augmentations de salaire... À Alexandrie, à Suez, à Tanta, et vraissemblablement dans d’autres endroits, affrontements entre manifestants et les policiers en civil et hommes de main au service du pouvoir (les « baltageyyas »). À Kharga, deux personnes sont tuées lors d’un rassemblement pour demander le limogeage d’un responsable de la police. L’État menace de faire intervenir l’armée en cas de « chaos ».

9 février – Maroc : Grève dans la fonction publique pour protester contre la dégradation du pouvoir d’achat et les suppressions de poste. Sit-in devant le siège du ministère de la modernisation des services publics.

À suivre...

Algérie : Le 12 février, appel à une marche pour exiger un changement de régime que les autorités ont interdites et s’apprêtent vraisemblablement à réprimer. 30.000 policiers sont déjà mobilisés pour quadriller Alger.

Bahreïn : Sur Facebook, des internautes bahreïnis appellent à la révolte à partir du 14 février.

Maroc : Appel à manifester le 20 février lancé sur Facebook pour réclamer une « large réforme politique ».

Pour avoir un aperçu de ce qui se passe :

• Une radio libre algérienne : http://www.kalimadz.com/fr/

• Un site où l’on trouve de tout : http://juralibertaire.over-blog.com/

• Un site avec l’essentiel, et aussi des analyses : http://dndf.org/

[Source : IACAM]