Boycott de la nourriture dans les camps pour demandeurs d’asile de Bavière‏


Mis en ligne par: Frédéric L.I
Publié le: 18 mai 2010

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Ces camps (le texte anglais utilise le mot allemand « Lager ») ne sont pas exactement des centres de rétention. Leurs « pensionnaires » ne sont pas à proprement parler des sans papiers, ce sont des demandeurs d’asile dont la demande est en cours et des déboutés qui sont autorisés à rester sur le territoire. Ils sont d’ailleurs en principe libres mais, comme la PAF (Grenzschutzpolizei) tient à les avoir sous la main quand ils sont déboutés, ils sont soumis à une forme particulièrement dure d’assignation à résidence. Ils n’ont pas le droit de travailler et ne reçoivent pas d’allocation en argent ou presque mais un paquet de nourriture qu’ils doivent retirer sur place. D’autre part, une loi leur interdit de sortir du « Landkreis » (une circonscription administrative plus petite qu’un de nos départements).

Les réfugiés revendiquent :

- de l’argent au lieu des paquets de nourriture
- le droit de vivre dans des maisons et des appartements normaux, pas des camps
- le droit de travailler sans restriction du permis de travail
- la liberté de mouvement au lieu de sa restriction au « Landkreis »
- le respect des réfugiés par les autorités allemandes.

Le 26 janvier 2010, 20 réfugiés de deux camps (Hauzenberg et Breitenberg) ont commencé une grève de la faim. Cette initiative était totalement inattendue, y compris pour les groupes de soutien aux réfugiés. En quelques jours, elle a suscité en quelques jours une large attention du public et une grande couverture de presse. Des militants de Passau, le chef-lieu du « Landkreis » où se trouve Breinberg, ont mis sur pieds un réseau de soutien aux grévistes de la faim.

Le 14 février, les réfugiés de Hauzenberg et Breitenberg ont changé de stratégie. Profitant de l’attention publique ils passèrent de la grève de la faim à un refus prolongé des paquets de nourriture, en demandant aux autres réfugiés des camps Bavaros de se joindre à eux. Fin mars, dix centres participaient au mouvement. Une bonne partie d’entre eux sont situés dans des villes d’une certaine importance (Augsbourg, Passau, Ratisbonne) alors que Hauzenberg et Breitenberg sont des coins perdus. Plus de 200 réfugiés participaient au refus des paquets de nourriture.

Résultat de la mobilisation, un débat a lieu au parlement bavarois, on s’attend à ce qu’il aboutisse à une décision en mai. Un premier résultat, très insuffisant, est que les réfugiés qui sont dans la première phase de leur demande d’asile ont le droit de se déplacer dans le district administratif, pas seulement le « Landkreis ».

La grève a rendu leur confiance en eux aux réfugiés. Elle a été observée avec sympathie dans d’autres parties de l’Allemagne. Des réfugiés du camp de Lebach dans la Sarre ont commencé leur propre boycott des paquets de nourriture.

La suspension du boycott ne veut pas dire que la lutte s’arrête. Grâce aux réseaux de soutien créés réfugiés seront plus forts dans l’étape suivante. Ils appellent à des manifestations le 24 avril à Augsbourg et le 4 Mai à Munich.