L’information au jour le jour sur le quotidien des sans-papiers.

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Ces camps (le texte anglais utilise le mot
allemand « Lager ») ne sont pas exactement des
centres de rétention. Leurs « pensionnaires » ne
sont pas à proprement parler des sans papiers, ce
sont des demandeurs d’asile dont la demande est
en cours et des déboutés qui sont autorisés à
rester sur le territoire. Ils sont d’ailleurs en
principe libres mais, comme la PAF
(Grenzschutzpolizei) tient à les avoir sous la
main quand ils sont déboutés, ils sont soumis à
une forme particulièrement dure d’assignation à
résidence. Ils n’ont pas le droit de travailler
et ne reçoivent pas d’allocation en argent ou
presque mais un paquet de nourriture qu’ils
doivent retirer sur place. D’autre part, une loi
leur interdit de sortir du « Landkreis » (une
circonscription administrative plus petite qu’un
de nos départements).

Les réfugiés revendiquent :

- de l’argent au lieu des paquets de nourriture
- le droit de vivre dans des maisons et des appartements normaux, pas des camps
- le droit de travailler sans restriction du permis de travail
- la liberté de mouvement au lieu de sa restriction au « Landkreis »
- le respect des réfugiés par les autorités allemandes.

Le 26 janvier 2010, 20 réfugiés de deux camps
(Hauzenberg et Breitenberg) ont commencé une grève
de la faim. Cette initiative était totalement
inattendue, y compris pour les groupes de soutien
aux réfugiés. En quelques jours, elle a suscité
en quelques jours une large attention du public
et une grande couverture de presse. Des militants
de Passau, le chef-lieu du « Landkreis » où se
trouve Breinberg, ont mis sur pieds un réseau de
soutien aux grévistes de la faim.

Le 14 février, les réfugiés de Hauzenberg et
Breitenberg ont changé de stratégie. Profitant de
l’attention publique ils passèrent de la grève de
la faim à un refus prolongé des paquets de
nourriture, en demandant aux autres réfugiés des
camps Bavaros de se joindre à eux. Fin mars, dix
centres participaient au mouvement. Une bonne
partie d’entre eux sont situés dans des villes
d’une certaine importance (Augsbourg, Passau,
Ratisbonne) alors que Hauzenberg et Breitenberg
sont des coins perdus. Plus de 200 réfugiés
participaient au refus des paquets de nourriture.

Résultat de la mobilisation, un débat a lieu au
parlement bavarois, on s’attend à ce qu’il
aboutisse à une décision en mai. Un premier
résultat, très insuffisant, est que les réfugiés
qui sont dans la première phase de leur demande
d’asile ont le droit de se déplacer dans le
district administratif, pas seulement le
« Landkreis ».

La grève a rendu leur confiance en eux aux
réfugiés. Elle a été observée avec sympathie dans
d’autres parties de l’Allemagne. Des réfugiés du
camp de Lebach dans la Sarre ont commencé leur
propre boycott des paquets de nourriture.

La suspension du boycott ne veut pas dire que la
lutte s’arrête. Grâce aux réseaux de soutien
créés réfugiés seront plus forts dans l’étape
suivante. Ils appellent à des manifestations le
24 avril à Augsbourg et le 4 Mai à Munich.