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Du 16 janvier au matin du 9 février, pendant plus de trois semaines, en plein centre de Toulouse, sur les bords de la Garonne, s’est installé ce qui finira par se définir le « village de la résistance », contre la Loppsi 2 et la nuit sécuritaire qui s’abat sur la France. Venus là à l’origine pour dénoncer la menace contre les « habitats légers et mobiles », tous qualifiés de « illicites » dans la nouvelle loi et susceptibles d’être expulsés dans les 48 heures sur simple décision préfectorale, les occupants de la Prairie aux filtres ont milité pour éveiller la population au danger multiforme que l’État policier installe, et à la nécessité non seulement de résister, mais de “ré-exister”, pour dire l’inacceptable et défendre le défendable, mais aussi pour tenter de définir de nouveaux chemins vers une libération.

« Pas d’inquiétude ! Le village de la résistance se rend invisible mais pas ses occupants ! Et ces derniers réintégreront le village lorsqu’il sera visible ! »

COMPTE RENDU DES ASSEMBLÉES GÉNÉRALES DES DIMANCHE 6 FÉVRIER ET MARDI 8 FéVRIER

BILAN DU CAMPEMENT :

Installation du campement le dimanche 16 janvier à la Prairie des filtres.
Les premiers papiers journalistiques n’étaient pas très favorables, lorsqu’il y en avait car de nombreux journaux ne parlaient même pas de l’action !

Métro Toulouse, du lundi 17 janvier : « une cinquantaine de marginaux se sont installés ce week-end place du capitole… »

La dépêche, du mardi 18 janvier : « le camp des squatteurs divise le cours Dillon […] Les tentes qu’ont dressés des squatteurs contre le projet de loi Loppsi2 sur la sécurité intérieure suscitent le débat. Les riverains ont des avis partagés et bien tranchés. Yourte, tipi, caravanes, camionnettes/ le campement de protestation contre la loi Loppsi2 sur la sécurité intérieure ne fait pas que des heureux du côté de la prairie des filtres. C’est là qu’ont été déplacés, dimanche les squatteurs et précaires qui avaient dressés leurs tentes la veille sur la place du Capitole. […] Certains riverains sont excédés par cette initiative, d’autres au contraire la trouvent originale et salutaire “ils feraient mieux d’aller bosser plutôt que de camper ici peste Christian 70 ans. L’hygiène va être déplorable sur ce campement. Cette nuisance n’est qu’une illustration de plus du laxisme total qui règne dans notre société…”. »

Après une semaine d’occupation l’AG du dimanche 23 janvier a rassemblé environ 150 personnes.

Une dizaine de jours après le début de notre action et plus de 20.000 tracts distribués lors des actions quasi quotidiennes l’opinion publique tourne en notre faveur. De nombreux riverains viennent nous rendre visite sur le camp pour exprime clairement leur soutien.

Les journaux changent de ton !

La dépêche, du mercredi 26 janvier : « Une colonne de fumée s’élève au milieu des tipis, tentes et autres yourtes. Nous sommes en plein cœur de Toulouse, à la prairie des filtres, où une cinquantaine de personnes campe depuis dix jours […] ce “village de la résistance” est une première dans une grande ville. Les occupants veulent d’ailleurs en faire un symbole du “bien vivre et du vivre ensemble” […] car c’est bien pour dénoncer cette “surveillance grandissante” et alerter la population qu’ils ont planté leur tipi à la prairie des filtres. La majorité des personnes du campement habite des habitats alternatifs. […] ils veulent “réveiller les consciences” et ne comptent pas lever le camp tout de suite. Mais après 10 jours sur la prairie, des voix s’élèvent pour demander leur départ. Des riverains soutiennent l’action, en leur fournissant le wifi ou une aide matérielle […] »

Direct Toulouse, du jeudi 27 janvier : « Le camp tient bon. Autour des tipis, la vie s’organise. Le camp des protestataires contre la loppsi2 s’est installé voilà bientôt 2 semaines à la prairie des filtres [… ] D’après Chom, “la seule raison qui fait que nous sommes là est notre autogestion basée sur la non-violence. Il faut éviter le moindre trouble à l’ordre public”. Pour ce faire, le groupe de résistants à organisé sa propre milice, “les anges gardiens”… »

La dépêche, du dimanche 30 janvier : « le “village résistant” va durer jusqu’à quand ? Le vie s’organise dans le village de tentes installé depuis 15 jours en bord de garonne, par des militants antiloppsi2 venus de plusieurs départements de la région […] Pour l’instant les riverains du cours Dillon ont l’air de tolérer […] Cette occupation du domaine public interpelle les élus qui tôt ou tard, auront à prendre des mesures. »

Métro, lundi 7 février : « 400 personnes ont manifestés samedi à Toulouse contre le projet de loi sur la sécurité, dit Loppsi2, à l’appel des habitants d’un village de tentes, yourtes et tipis dressé depuis 3 semaines sur la prairie des filtres… »

La dépêche, mardi 8 février : « Après 3 semaines de mobilisation, les campeurs de la prairie des filtres ont crée un espace de vie communautaire très organisé sur les berges de la garonne […] Le panneau à l’entrée du campement illustre bien le degré d’organisation qui règne parmi les campeurs de la prairie des filtres. Depuis maintenant 3 semaines, l’espace de vie “autogéré”, crée autour des habitats légers et éphémères des occupants de la prairie, commence à prendre des allures de véritable village… »

Après trois semaines d’occupations et plus de 50.000 tracts distribués le débat public est ouvert à la surprise du Maire ! Il nous propose même de nous ouvrir des espaces pour faire des réunions publiques ! Mais nous ne souhaitons dépendre d’aucun pouvoir public si ce n’est le nôtre aussi nous poursuivons les actions d’occupations, les manifestations et rassemblements non déclarés, illégaux !
La loi nous met hors la loi pourquoi devrions-nous accepter les miettes d’une pseudo démocratie ? Nous prouvons par nos actions quotidiennes qui nous savons nous autogérer et que, sans chef ni enjeu unique de pouvoir, la vie peut s’organiser autour d’une idée fédératrice ; la défense de nos libertés face à l’oppression des lois sécuritaires !

L’ensemble des habitants dressent un constat globalement positif de l’action entreprise et souhaitent poursuivre le mouvement quoi qu’il arrive !

Le seul petit bémol concerne l’énergie dépensée à « faire du social », « contenir certaines personnes venant essentiellement la nuit ». Nous appelons à ce que les personnes qui viennent sur le camp soient active pour la résistance ou à défaut qu’elles n’empêchent pas les résistants d’agir pour le bien commun.

SUITE DE L’ACTION/ DECOLLAGE

L’assemblée générale a voté le décollage du campement mercredi 9 au petit matin. Des groupes vont se constituer dans différents endroits pour poursuivre « l’action invisible » avant de se rendre à nouveau visible très bientôt !

Ces groupes se coordonnent entre eux pour avancer à l’unisson vers cette même finalité qui nous réunit depuis tant de jours. Ce temps, que tous souhaitent de courte durée, permettra de recentrer les énergies pour faire une analyse constructive de l’action et permettre qu’elle se poursuive plus structurée, plus forte et plus résistante que jamais !

Le campement reprendra son action visible en étant déjà implanté dans des réseaux de résistance.

Nous continuerons à participer aux émissions de radio, télévisions déjà prévues, aux réunions de coordination avec les associations et les collectifs toulousains, à distribuer des fly partout dans la ville. Pas d’inquiétude ! Le village de la résistance se rend invisible mais pas ses occupants ! Et ces derniers réintégreront le village lorsqu’il sera visible !

[Source : antiloppsi2.net]