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Calais-la-honte. Où sont les réfugiés ? Alors que l’Allemagne a ouvert ses frontières au point d’en avoir reçu plus d’un million dans l’année, la France en a quelques milliers, pour la plupart regroupés à Calais dans l’espoir de passer en Angleterre, qui stagnent là depuis des années, tentant ce passage tous les jours, certains réussissant d’autres non, certains y laissant leur vie.

Alors que la seule ville de Berlin a reçu 75 000 demandeurs de droit d’asile en 2015, et prévoit d’en recevoir 80 000 en 2016, la ville de Paris pourchasse tous les jours les quelques centaines d’afghans, syriens, soudanais ou autres qui tentent désespérément d’y trouver un abri.

Paris-la-honte. La région parisienne avait un PIB de 607 milliards en 2011. Le land de Berlin atteignait, en 2009, à peine 88 milliards. Et à Paris, depuis plus de six mois, on ne compte pas la dépense policière mais on n’a pas su abriter quelques centaines de personnes, alors que Berlin s’est organisé pour en recevoir plusieurs centaines par jour – plus de 150 000 en deux ans. Faut-il ajouter qu’en application des règles du droit d’asile, la ville de Berlin leur verse un pécule, comme la loi y oblige, en plus de leur fournir hébergement.

A Calais, les réfugiés, qui sont bloqués là parfois depuis des années, auront fini par organiser une ville dans la fameuse “jungle”. Ces derniers jours, la police française est venue pour la détruire, avec ses bulldozers. L’Etat social intervient pourtant aussi, et à très grands frais – 25 millions, « dont 5 millions d’aide européenne », étaient prévus, fin août, lorsque le premier ministre, Valls, annonçait la construction de l’horrible camp de containers qu’on peut voir aujourd’hui installé en bordure de cette « jungle », camp prévu pour 1500 personnes, alors même qu’on évaluait la population de la jungle au petit minimum à 3 000, sinon 6000… Ce sont les ”surnuméraires“ qu’on persécute, les arrosant de gaz et de coups de matraques, afin de les enfermer derrière un mur, les autres, séquestrés dans le parc à containers, disposant d’à peine plus d’un mètre carré chacun, ayant à passer leur main dans un scanner pour accéder à cet “abri” qui rendrait la prison enviable.

Faut-il décrire Calais-la-honte ? On en a assez vu. Le scandale est permanent depuis des années. Un Etat qui ne fait pas son travail, qui se moque du monde, détourne possiblement de l’argent au passage, et ne remplit pas ses fonctions basiques de mise à l’abri des personnes. Pire encore aujourd’hui : un Etat qui assume la plus totale barbarie, osant violer le droit des gens au-delà de toute limite, au vu et au su de tous. Devant la presse internationale. Un crime affiché, revendiqué, insoutenable.

A Paris, pitoyable, comique ou écœurant, on invoque le fait qu’on laisse depuis plus de dix ans maintenant exploser le phénomène des sans abri, pour faire valoir que ce serait quand même paradoxal de trouver solution pour des réfugiés du bout du monde, quand on n’est pas capable d’en trouver pour ceux qui étaient déjà là avant, dans la même détresse, à la rue, sous la pluie, cyniquement abandonnés.

Une méchanceté prétendrait justifier de l’autre. Au résultat les uns et les autres sont réduits au même 115 qui ne répond pas, ou si rarement, et aux mêmes centres d’Aurore qui alternativement hébergent SDF “de chez nous” et quelques poignées de réfugiés qui font trop de bruit dans les rues pour que madame Hidalgo ne fasse pas mine de leur accorder satisfaction, très provisoirement, de temps à autres. En fait seulement pour désenfler tel campement place de la République ou telle occupation de lycée désaffecté. Place de la République leur action profitera en fait… au DAL, qui avait planté là sa tente depuis un bail, et à répétition, sans succès, et qui avait bien reçu le campement afghan installé à son côté, qu’il protégeait presque. Pour affaiblir cette installation de réfugiés au cœur de la ville, il sera donné satisfaction au DAL, qui pourra enlever sa belle installation, heureux de sa victoire, laissant les réfugiés seuls face à la horde policière.

Partout à travers le monde, depuis quelques années maintenant, les peuples demandent des comptes à leurs gouvernants au vu de leur trop flagrante incompétence ou méchanceté. En France, l’Etat se fait fort d’afficher sa nullité et sa cruauté comme les plus hautes vertus, la foule aimant se reconnaître là, suppose-t-on. Pourquoi les gouvernants sauraient-ils faire ce que personne ne saurait faire ? L’affichage de son impuissance serait comme un signe de familiarité d’un gouvernement à l’unisson de la médiocrité générale qu’il entretient savamment par ailleurs.

Reconnaissons que si le gouvernement s’avérait efficace pour recevoir le million de réfugiés de ces pays en état de catastrophe politique en raison de l’ineptie de sa “géopolitique”, l’Etat surprendrait. Il ne sait rien faire, pourquoi saurait-il remplir une de ses premières fonctions ?

Car ce n’est même pas une question d’argent ou de générosité, mais simplement de responsabilité. Angela Merkel l’a très bien dit en août. Heureusement qu’il y avait quelqu’un pour s’en souvenir dans cette Europe aux Lumières sinistrées. Jérémy Corbyn, le héraut de la gauche anglaise, a été le redire, récemment, à Calais.

Un pays se doit d’abord d’assurer la sécurité de tous ceux qui sont sur son territoire –qu’ils et elles soient au moins abrités et nourris, mais aussi soignés et éduqués tant qu’à faire. C’est le contrat social. S’il n’est pas certain qu’on se doive de faire la guerre ou d’enfermer une partie de la population, il n’y a aucun doute par contre qu’on se doit d’accueillir les réfugiés. C’est ce qu’on devrait appeler le contrat mondial. Tout peuple peut avoir à se réfugier demain, et les Français en particulier devraient raisonnablement craindre que l’un ou l’autre de leurs 58 réacteurs nucléaires subisse une sérieuse avarie, sans parler de plusieurs, ce qui obligerait à évacuer tout ou partie du territoire.

Quant à l’émigration, autre droit humain essentiel, et qu’on dit relever de motivations “économiques”, elle concerne d’ores et déjà nombre de Français qui fuient ailleurs pour échapper à l’étrange torpeur qu’il y a chez eux. Au train où vont les choses, on est même au bord d’une vague d’émigration “idéologique”, pour peu que le Front national persiste à caracoler dans les urnes – sans parler du risque qu’apparaissent de véritables “réfugiés politiques” le jour de l’éventuel takeover fasciste.

Des réfugiés de France, il peut y en avoir un grand nombre à tout moment. Ne serait-ce que pour fuir l’antisémitisme ambiant, une ville française est déjà apparue en Israël, à Natanya. À ce que rapportent les voyageurs, on y tape le carton aussi passionnément que chez Pagnol.

Un groupe humain n’est jamais sûr de rien, et c’est bien pour ça que la première étape de la civilisation, c’est de savoir accueillir le voisin en détresse, l’autre soi-même, celui qu’on était hier ou qu’on sera demain.

Il n’est pas si loin l’exode de 1940, et on n’a pas encore connu notre premier Tchernobyl. La culture rétrécie que proposent nos gouvernants comme unique modèle, la fermeture d’esprit avant même de fermer les frontières, c’est le plus bas modèle humain possible. On voit mal comment ces gens peuvent prétendre aller aux élections. Dans un pays ratatiné, il n’y aurait que la concurrence des discours les plus misérables pour satisfaire le peuple ?

Manifestement, de Notre dame des Landes à Calais, en passant par la place de la République à Paris, ce dont on manque, c’est d’un Podemos, d’un Jérémy Corbyn ou d’un Bernie Sanders, une gauche qui ose, sur le modèle américain des « bold progressive » qui sont en train de mettre le feu au Parti démocrate, refondant l’esprit de la gauche. La même chose que Trudeau-fils pourrait bien être en train de faire au Canada, alors que par ici il semblerait qu’on préfère se reconnaître plutôt dans le visage hideux d’un Donald Trump, la bêtise ne faisant pas peur. De même que, regardant l’Espagne, on s’intéresse à l’escroquerie populiste de Ciudadanos plutôt que d’apprécier la prodigieuse arrivée de 69 députés d’extrême-gauche de Podemos, un mouvement qui fête aussi splendidement sa deuxième année – l’espoir de ce qui pourrait être, là comme ailleurs, une révolution par les urnes.

En Roumanie, le peuple a fait tomber le gouvernement le mois dernier sans qu’on s’y intéresse trop. En Moldavie, c’est cette semaine que ça se passe. En Irak comme au Liban, et même en Afrique du sud, on s’est soulevé ces derniers mois contre des gouvernements trop nuls. Ici, on attend toujours.

Utopie

On ferait une pétition de type référendaire, que des millions signeraient…, pour que la date des élections législatives coïncide avec celle des présidentielles. Qu’ainsi sa dignité soit rendue au Parlement, de même qu’au gouvernement, leur permettant d’être autre chose que le secrétariat de la présidence et la chambre d’enregistrement de ses vœux.

Dans le même mouvement apparaîtraient des candidats aux législatives pêchus, « bold progressive », comme on dit en Amérique aujourd’hui, qui n’hésitent pas à proposer, par exemple, le revenu d’existence – qui rende un minimum de dignité à tous –, en plus d’une véritable politique pour les réfugiés – et les sans-papiers, « réfugiés » perpétuels –, mais aussi pour la santé – qu’on ne puisse plus parler de « sans-dents » –, pour la jeunesse – absurdement brimée –, pour la légalisation du cannabis – une bonne affaire à tous points de vue –, pour le droit d’occupation citoyenne – que soit au moins reconnu le doit de s’abriter soi-même, ou collectivement, pour au moins régler la question des sans-abri –, pour l’arrêt du nucléaire, bien sûr, et – afin de ne laisser aucune ambiguïté –, contre la loi de programmation militaire, qui épuise le pays sans aucun bénéfice ni pour sa sécurité ni pour celle des autres, ainsi que c’est malheureusement trop prouvé. Des candidats dans toutes les circonscriptions qui défendent un véritable projet pour une autre politique, une politique de vie plutôt que le piège mortifère où l’on prétend nous enfermer.

En 2017, quel que soit le résultat de la médiocre comédie présidentielle, on s’assurerait d’avoir une assemblée en état de voter des réformes utiles. Chiche ?

Un ami, à qui je soumettais cette utopie immédiate, suggérait qu’on s’en tape d’obtenir un calendrier électoral démocratique – doutant de la capacité d’amélioration d’un régime qui envoie les flics à Notre dame des Landes et à Calais. Préparer, d’ores et déjà, sans attendre, les législatives de 2017. Qu’apparaissent partout, dès maintenant, des candidats pour un “Podemos français”. Avec un programme pour lequel ça vaudrait la peine de se mobiliser, des choses faisables qui changent la vie. Et qu’on se motive, candidat ou pas, pour s’inscrire, pour voter, mais aussi pour poser des affiches et pour aller présenter ce programme aux électeurs.

Parce que la démocratie, c’est ça : présenter des idées, en débattre, jusqu’à ce que les meilleures solutions s’imposent. À chaque problème, chercher sa solution et la soumettre à l’examen public. Réfléchir, s’exprimer, afficher des propositions claires, évidentes – profilées pour répondre à toute objection –, et argumenter, démontrer, convaincre. Faire de la politique pour de vrai – pour changer.

PS Recherchant une image, on a trouvé celle qui illustre cet article, une œuvre de Banksy, le roi du street art, que celui-ci affichait, il y a une semaine, devant l’ambassade de France à Londres, image qui intègre un QRcode renvoyant à un reportage filmé sur l’ignoble déploiement policier dont messieurs Valls et Hollande portent la responsabilité à Calais. On s’est empressé de recouvrir l’œuvre de contreplaqué… « pour la protéger » !

Une équipe de lepoint.fr a filmé la réalité de la jungle en ce début février où la honte atteint son comble.

Ci-dessous successivement trois articles, l’un sur la nouvelle gauche américaine, parla correspondante du Monde à San Francisco qui confirme amplement notre analyse. Les deux suivants sont des reportages de Vice news, unique entreprise journalistique vivante sur le net. Le premier est un reportage à Berlin. Le deuxième à Calais. Un article déjà vieux de quelques jours, qui demanderait à être réactualisé au jour le jour tant l’horreur de l’opération policière à Calais est sans limites.

La génération Obama, résolument progressiste

30.01.2016

A écouter les rodomontades de la campagne électorale, on croirait que l’Amérique a donné un coup de barre à droite, du côté du populisme et de la xénophobie. La réalité n’est pas aussi tranchée. Les années Obama auront été celles d’évolutions significatives de la société américaine. Si elles ne sont pas reflétées dans le processus des primaires, il ne faut pas en conclure qu’elles n’existent pas.

Il y a huit ans, aucun des prétendants à la Maison Blanche n’aurait osé se prononcer en faveur du mariage gay. Barack Obama lui-même avait des réserves, estimant que le pays n’était pas prêt. Aujourd’hui, les transgenres se sont engouffrés dans la brèche. A l’été 2015, l’annonce qu’ils pourraient servir dans l’armée, sans avoir à se cacher, est pratiquement passée inaperçue.

Il y a encore quelques années, l’idée d’augmenter le salaire minimum était audacieuse. Les centristes démocrates y étaient opposés. Seuls les militants d’Occupy Wall Street osaient proposer de le porter à 15 dollars (13 euros) l’heure. C’est ce qu’ont décidé de faire une série de municipalités, comme Los Angeles, qui s’y est engagée à l’horizon 2020.

La légalisation de la marijuana était aussi un sujet tabou. Aujourd’hui, il n’effraie plus personne et rares sont ceux qui disputent aux Etats le droit de décider de la question. Le 8 novembre, en même temps qu’ils voteront pour le président et le renouvellement d’un tiers du Congrès, les électeurs d’une demi-douzaine d’Etats vont décider s’ils suivent l’exemple des cinq Etats qui autorisent déjà le cannabis à des fins récréatives.

Agnostique et moins nationaliste

Proposer de vider les prisons aurait été suicidaire. Aujourd’hui, même les républicains veulent réformer la justice pénale et les peines obligatoires établies du temps de Bill Clinton (1993-2001). Les OGM ne préoccupaient que quelques écologistes. Les tentatives d’obliger les géants de l’agroalimentaire à inscrire sur les emballages la composition des produits avaient été étouffées à coups de millions.

Aujourd’hui, la mention « sans OGM » figure sur un nombre croissant de produits, à l’initiative de producteurs convaincus que c’est devenu un argument de vente.

Dans le magazine The Atlantic, le chercheur Peter Beinart défend l’idée que l’Amérique a pris un virage progressiste pendant la présidence de Barack Obama, évolution comparable à celle des années soixante-dix. Pour lui, c’est le résultat d’un basculement générationnel. Les millenials, la génération Y, ont commencé à imprimer leur marque à la société. Certains vont voter pour la première fois. Leur poids dans l’électorat pourrait s’élever à 30 %.

Les millenials sont résolument progressistes.

Selon le Pew Research Center, une majorité d’entre eux considère l’immigration comme une chance pour l’Amérique. La moitié trouve trop élevés les profits des compagnies. Ils soutiennent (avec une marge de 17 points) une extension de la réforme de l’assurance-santé de 2010, alors que les plus de 65 ans réclament l’abrogation de l’Obamacare avec une marge de 29 points.

Le clivage droite-gauche est moins appuyé. Sur nombre de sujets, les jeunes républicains sont plus ouverts que les démocrates de plus de 65 ans. Un tiers d’entre eux seulement se rangent dans la faction conservatrice du mouvement contre deux tiers pour leurs aînés.

Les millenials ont grandi avec l’Irak et la récession. Pour Peter Beinart, ils forment la génération « la plus mélangée, agnostique et la moins nationaliste » de l’histoire américaine. En 2008, Barack Obama avait réussi à amener les jeunes aux urnes en leur faisant miroiter la perspective de changer le système. L’enjeu pour les candidats sera de réussir à les remobiliser.

Pas facile, d’autant que la génération Facebook n’a plus besoin de la politique pour faire évoluer la société. Et que les candidats, même s’ils tweetent à tout va, ont plutôt l’âge de leurs grand-parents : Hillary Clinton a 68 ans, Donald Trump, 69 et Bernie Sanders, 74. Barack Obama avait 47 ans quand il a été élu.

[Source : Le Monde]

Meet the Germans Taking Refugee Integration Into Their Own Hands — With Respect and Candy

January 27, 2016

Outside a reception center in Giessen, in the state of Hesse in central Germany, two women get out of a taxi. They wear headscarves, long shirts, and matching trousers : one in red, one in blue. They unload two suitcases from the trunk of the car before being pointed in the direction of a glass booth.

« What’s your first name ? » a security guard asks in German from her chair behind the glass. Neither woman understands.

« How about your last name ? » the guard presses on, holding out a form. Again, the women shake their heads, looking confused. They only speak Farsi, but they’ve just arrived in Germany — the country that could be their home for the rest of their lives.

* * *

Some 1.1 million new migrants and refugees arrived in Germany last year. In the months since Chancellor Angela Merkel announced the country was essentially opening its borders to asylum seekers, the debates on immigration and integration have become heated. One major turning point was the New Year’s Eve attacks in Cologne, when several hundred women said they were robbed or sexually assaulted by a group of men of « North African or Arab appearance. »

In the discussion about what will happen next, many Germans cite the neologism parallelgesellschaft, or a parallel society, as something they want to be avoided. Coined in the mid-1990s, this is mainly used to refer to Turkish immigrants who began arriving in Germany in the 1960s as Gastarbeiter — or « guest workers » — and have remained there since. Some 3 million people with a Turkish background live in Germany today and they are often accused as being unwilling to integrate themselves into society — though as a group they have also faced significant obstacles, and remain more likely than other migrants to be poorly educated, unemployed, or underpaid.

Now Germany is facing another unprecedented influx, and Germans say they want to avoid the mistakes of the past — but suggestions differ on how to go about that. What aids integration, and how does an already overburdened system find the resources to enable it ?

Giessen is one of several towns with a registration center. Tens of thousands of newly arrived migrants and refugees go there to be processed, before being distributed around 50 camps in the region. Around 4,500 refugees are currently living in an old US army depot there while waiting to be transferred. They normally stay for between six weeks and six months.

For many newly arrived migrants and refugees, Giessen — a university town with a population of 78,000 — is the first experience they will have of Germany. So VICE News went to visit.

* * *

« We do this because we love our country, » Birgit Ziemann told VICE News. Along with her husband Carsten Wittmann, she has set up « culture training, » a half-hour class they teach in the city’s largest refugee camp. At the moment it’s a pilot program : they have 12 volunteers in three separate teams.

« The idea was born because we saw the needs of the refugees and their need to understand more about German behavior and our culture, and at the same time we wanted to bring Germans into contact with refugees so they can learn from each other, » she said.

The class is done through silent performances — to overcome language barriers.

The volunteers act out a scene where a woman falls on the ground. She’s lying on the floor, and three others rush to her help, bringing her to hospital. Once they turn around, the audience sees signs on their backs that signify Muslim, Christian, or Jew. « In Germany we are friends, » the actors finish by saying.

At one stage during the performances they’ll hand out candy, and then come around with a bin to collect the wrapping. « That’s a basic introduction to German waste disposal, » Ziemann said, adding that it wasn’t yet necessary to explain the much more complex German system of recycling.

Outside the refugee camp in an old American barracks in Giessen, where around 4,500 migrants and refugees live.

Wittmann, a business consultant for a bank, said one of the major issues for new arrivals was learning how to go shopping. In the nearby Aldi superstore, he said some would put things straight into their bags before paying, or stand too close to the cashier.

Elsewhere, other migrants perched on top of toilet seats and squatted, rather than sitting on them, or began fires in the kitchens with wood instead of using the oven.

« Refugees are not a homogenous group, and even if they’re coming from the same countries there are a lot of differences, » he said.

« I think this will stay with them for all of their lives, » he said. « I think this i their first experience of Germans smiling at them. They do paper working offices but that is more stressful. »

There’s another byproduct of this type of integration program, Wittmann said they hoped to make the German volunteers, and by proxy their peer groups, « more understanding, more sensitive to other cultures because this will also make the Germans more relaxed and robust to influences from [anti-Islam group] PEGIDA and other influences. »

Wittmann also pointed out one of the major flaws with placing any sort of definition on « German » values : « Often the people who are against the refugees reference German values, but if you ask them what our values are they have no clear answer. »

At the bus stop for the Number 1 Bus — nicknamed the « refugee bus » by some locals because it goes past the refugee camp.

Ziemann, who works as a garden designer and accountant, said she felt their work was « only a drop in the ocean. »

Migrants who arrive are not allowed work for the first few months while their asylum applications are pending. Most stay in camps and have limited opportunities to meet Germans or see much of their new country. Instead, they often are reliant on volunteers or organizations to reach out to them.

« In the beginning everything is new, they’re thinking : where am I ? » Ziemann described the situation. « They’re coming here and the Germans say : ’Oh, they have to learn this.’ But who will teach them ? »

« They need this. When you don’t explain something, nothing will happen... But it needs to be [done] with respect. »

They said it can be hard to get refugees to attend because it’s completely voluntary and the sessions are irregular at the moment. Around 30 or 40 people come — children, women, men.

Following the Cologne attacks, the couple is now deliberating how they can include a scene about sexual assault into their performance. « Freedom is not the freedom of the man to touch the woman, but the woman to wear what she wants without being touched, » Ziemann said.

Ziemann also said they felt the classes are empowering to women. « The women are coming with very sad eyes, and after this half hour that changes, they get some new ideas for their life : that a man can help them. That it is normal that a man is helpful. »

At the end they want to give the refugees a handout with the key messages written in their language, that they can later show to their friends.

It’s not just Germans who are helping run the classes. Harle Mar, 20, a Syrian refugee from Damascus who has been in Germany for one year, is also involved.

When he first arrived in the country he stayed in three different camps : one in Munich, two in Giessen. Now he’s living with Germans and studying, and his German is fluent.

Mar detailed some of the things he had found hard when he arrived. « For example here the people are direct. They are friendly, but they are direct. That is how they are. » He said in Germany if someone asked you whether you wanted coffee and you said no, they wouldn’t ask again. « Whereas in Syria they would ask more than 100 times. This can create problems. »

He continued : « To buy food, it’s hard in Europe. It’s not like the system in other [places], like Africa, so it’s hard to know the system. And maybe some Germans will get angry because they will see what we don’t know. But [the refugee] has never been in this situation. Just tell them how to do something and they will do it. »

He said he was aware of the backlash after the Cologne attacks, but that those who carried them out were just a tiny minority. « There is now just this year one million refugees, » he said, while disputing that Islamic cultures didn’t have much respect for women. « These people who did this, they don’t represent all refugees. There are refugees who are doing good things. They are really fighting for this life. It’s not about them representing us, and it’s not about them representing our culture. »

« The problem now is a lot of refugees without integration. We have to help, we have to do something, » Mar said.

Mar also said it was harder for old people who were afraid of change, as well as for those who aren’t very educated. « Some people can’t write in their own language. It’s also hard for them. »

Others find the comparisons between Germany and where they have come from very hard to comprehend, like his friend who had been through the Yarmouk refugee camp in Syria, where he almost starved to death.

« Now he has trauma… He can see how it is so different, he can see how there is food everywhere here and there is no hunger like he saw [in Yarmouk], it’s a lot [for him to take in] because we were in war. We were in war, » Mar repeated.

Mar praised volunteers including a group called Angekommen, who he said gave advice, held parties and classes, and took new arrivals to city landmarks. He said he hadn’t met a German who wasn’t pleasant to him, but has heard of other friends being attacked — in one incidence a group of German men brought dogs into a refugee camp and set them loose, before beating up some refugees.

In general, though, he is grateful. « History will remember the way the Germans were good to us. »

Robert Seigher, volunteer coordinator for the Lutheran Church in Giessen, told VICE News that he used to organize tea or coffee events in the Giessen camps where people could come together and chat, but since the camps begun overflowing there’s been no rooms without beds in them.

He recognized the differences in the newly arrived migrants. « They bring along very different conditions. Some are highly educated, have university degrees or have even worked as engineers or doctors, and there are also others who are illiterate even in their mother language, and it’s very different. You can notice that there are some people who want to learn German right away and there are others who have a really hard time. They hardly speak any German. »

Seigher said there were more opportunities available for people coming from certain countries like Iraq, Syria, and Eritrea, and that the German lessons provided by volunteers in the refugee camps were « a drop on a hot stone » — very much the beginning of what was required.

Protesters Storm French Port : Breaking Borders (Dispatch 8)

VICE News meets residents of the Jungle camp as French authorities prepare to bulldoze parts of the site, and witnesses the chaos that followed a demonstration when dozens of migrants stormed the port of Calais.

January 26, 2016

The ’Jungle’ migrant camp in Calais, northern France, is home to over 5,000 people living in miserable conditions. Many of the residents, who have escaped war and persecution, are now seeking a better life in the UK.

It is a source of frustration for the French government, where in recent weeks there have been moves to reduce the size of the Jungle, including relocating residents to converted shipping containers and bulldozing sections of the camp.

On Saturday January 23, a demonstration organized by activist groups from France and the UK drew a crowd of around 2,000 campaigners and migrants, where they marched from the Jungle to the city’s central square.

Yet tensions rose when more than 100 migrants broke away from the crowd, storming the port, with 50 people successfully boarding a UK-bound passenger ferry named The Spirit of Britain.

VICE News meets residents of the Calais Jungle camp as authorities prepare to bulldoze parts of the site and reports from Saturday’s demonstration, witnessing the chaos that follows.

Calais Port Closed After Protesting Migrants Storm Onto UK-Bound Ferry

January 23, 2016

A large demonstration to champion the rights of migrants and refugees in the French town of Calais escalated on Saturday afternoon when a group of more than 100 protesters broke away from the main crowd and stormed through the city’s fortified ferry port in a bid to get to the Britain.

A group of about 50 people successfully boarded a UK-bound passenger ferry named The Spirit of Britain.

DFDS Seaways, a large Danish ferry company, said on Twitter that the Calais port had been temporarily closed due to a « migrant invasion ».

The protest was organized by various activist groups across France and the UK under the larger banner of « Refugees Welcome. » Demonstrators marched from the Jungle, the sprawling refugee encampment in Calais, to the coastal city’s main square.

Related : France Agrees to Build New Camp as Refugees and Migrants in the North Face Winter

The Jungle is now home to more than 5,000 people, many of whom fled war and conflict in their home countries. Elders from the camp were stewarding the protest and liaising with Calais police to ensure the demonstrators followed the organized route.

At around 4pm, some protesters attempted to leave the central square, easily overwhelming a line of riot police who fired tear gas at them. As the breakaway group ran toward the ferry port, they chanted, « UK ! UK ! UK ! » and « No more Jungle ! »

Earlier in the day, British Labour party leader Jeremy Corbyn visited the two camps in the area and was shocked by the conditions he saw. Speaking at Grand-Synthe, a smaller refugee camp in nearby Dunkirk, Corbyn said, « We have got people here who have been here for months if not longer than that, with no proper education, no access to dentists, limited access to food — in very cold, very wet conditions. »

« These conditions are a disgrace anywhere » Corbyn added. « We as human beings have to reach out to fellow human beings. »

[Source : Vice news]