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Depuis son origine, Actu up dénonce les politiques publiques envers l’épidémie de Sida. C’est son objet. Et depuis l’origine, cette association s’est distinguée par le fait qu’elle ne mâche pas ses mots. Quand on constate qu’une politique ou une absence de politique peut être criminelle, on la dénonce pour telle.

Act-up-Paris désigne les auteurs de l’accord ACTA comme criminels car, entre autres choses, « pour satisfaire les actionnaires de l’industrie pharmaceutique européenne, ils compromettent l’accès aux médicaments pour des milliers de personnes dans les pays en développement ».

Des fonctionnaires de Bercy, responsables parmi de nombreux autres de la mise en musique de cet accord, s’estiment diffamés. La question est intéressante : qu’est-ce qu’un crime administratif ? Et combien de crimes administratifs impunis !

Qu’il y ait des crimes administratifs, c’est certain, et que celui-ci puisse en être un, c’est bien probable aussi. Maintenant, le tribunal devra apprécier si les propos d’Act-up-Paris relèvent du droit légitime de la polémique.

Reconnaissons que ces fonctionnaires sont bien courageux. Dénoncés parmi de nombreux autres, ils acceptent de se porter seuls au front, au risque de voir enfler la polémique les concernant.

Surtout, ils revendiquent le droit à l’innocence perpétuelle, en simples rouages d’une machine administrative qui font ce qu’on leur dit de faire.

Auraient-ils été accusés abusivement à titre personnel, ne voient-ils pas qu’en attaquant Act-up, c’est l’ensemble de sa critique d’ACTA qu’ils dénoncent ?

Ainsi, en fait, ils se portent directement en défense d’ACTA, faisant bien plus que défendre leur réputation (qu’au contraire ils exposent). Ce ne seraient donc pas de simples fonctionnaires, mais de vrais militants ? Il faut croire qu’Act-up n’aura pas trop mal visé.

Paris s’éveille

31 janvier 2011

Deux conseillers techniques de Bercy, Patrice Guyot et Jean-Philippe Müller, nous mettent en demeure de retirer de notre site un communiqué dans lequel ils sont cités et qui dénonce le traité sur la contrefaçon ACTA. Ils annoncent qu’ils vont poursuivre devant la juridiction pénale tout auteur ou complice de ce qu’ils estiment être une diffamation (cf. courrier joint). Cette démarche juridique dont est la cible Act Up-Paris dissimule bien mal la volonté politique de faire taire toute critique contre un traité élaboré dans la plus grande opacité, sans aucun contrôle démocratique, et dont les conséquences en matière d’accès aux traitements et de libertés fondamentales seront catastrophiques.

Act Up-Paris dénonce depuis un an les dangers du traité sur la contrefaçon ACTA et de ses conséquences en matière d’accès aux médicaments dans les pays en développement. Cet accord est en effet négocié depuis trois ans par l’Europe avec les principaux pays industrialisés (Etats-Unis, Japon, Corée du Sud, Australie, Nouvelle-Zélande) et quelques pays en développement comme caution (Singapour, Mexique, Maroc). Au ministère de l’industrie et des finances, c’est le même service, la DGtrésor (ex. DGTPE) qui est chargé de négocier cet accord pour la France. Ce service travaille également activement pour la signature d’un accord bilatéral Europe/Inde [1].

ACTA s’inscrit pour Bercy dans la même logique et dans la continuité des accords de libre-échanges. Il s’agit par tous les moyens de renforcer l’application de la propriété intellectuelle. Ainsi, pour satisfaire les actionnaires de l’industrie pharmaceutique européenne, ils compromettent l’accès aux médicaments pour des milliers de personnes dans les pays en développement [2].

Si le traité ACTA respecte la même logique que les accords bilatéraux précités, ACTA reste une première en termes de contournement de toutes les instances internationales existantes et de remise en cause des libertés fondamentales.

Alors que le sida, le paludisme et la tuberculose tuent 15 000 personnes par jour, et alors qu’ACTA doit passer devant le Parlement européen, un éventuel procès offrira à Act Up-Paris l’ opportunité de pointer les responsabilités des politiques et des fonctionnaires qui ont participé à la rédaction de ces accords.

Alors que nous lançons cette semaine une campagne intitulée « Guerre aux labos », il sera aisé de montrer en quoi ce traité ne sert aucune personne en attente urgente de traitement au monde, et ne soigne que les actionnaires de la mafia pharmaceutique.

[Source : Act up-Paris]