CALAIS
Bar interdit aux réfugiés
Publié le: 18 novembre 2007
Mardi 6 novembre, à 23h, je me rends au café St Germain, situé à Calais Nord.
Je relève immédiatement les regards des présents. En effet, je suis accompagnée par un « réfugié » africain, muni d’un document légal. J’avance tout de même.
Le barman blond m’accoste aussitôt et m’annonce le refus de consommer dans le café. Je lui en demande les raisons.
Il me dit qu’une bande de quatre réfugiés avait cassé leur toilette, il y a quatre mois. Je lui fais remarquer que cette histoire remonte à plus de quatre mois et que la personne ici présente n’était pas incriminée.
Il me répond qu’à présent le bar est interdit aux réfugiés.
« Comment pouvez savoir que c’est un réfugié ? » lui répèterais-je plusieurs fois, sans réponse de sa part.
Le chef du bistrot s’amène, secondé par une sorte de videur trappu. Le propriétaire me raconte à peu près la même histoire que son barman. Je lui demande s’il a déposé plainte.
« Non » me dit-il. « Pourquoi ? » Pas de réponse autre que « ce n’est pas le problème ». Je lui rappelle qu’il s’agit d’une histoire très ancienne et le questionne sur ses critères de reconnaissance d’une personne réfugiée.
« Comment pouvez savoir si cette personne qui m’accompagne a des papiers ou non ? » « Je reconnais les réfugiés par leurs habits », finira-t-il par me répondre. Je regarde mon copain, il n’est pas mal habillé, ses vêtements sont propres.
Lorsqu’enfin, je sous-entends que je pouvais faire venir un huissier pour constater le refus de consommer à une personne noire, le propriétaire se fâche et se met à me menacer d’appeler la police. Je lui dis de le faire. Il m’indique la sortie tandis que le copain réfugié ne cesse de dire « no problem ». L’ambiance est plutôt brutale.
Arrivés sur le trottoir, le videur fermant notre marche, je termine mon plaidoyer militant, en spécifiant que ce refus est un acte relevant du racisme. Le propriétaire sort la tête et me lance furieux « Vous avez dit que jesuis raciste ?! ». Je répète mes propos.
Nouvelle menace de porter plainte contre moi…
Pour la petite histoire, après être sortis du St Germain, nous avons dégusté un bon petit café dans un Café sympa, pas raciste, avec des gens bien. Car à Calais, il n’y a pas plus de racistes qu’ailleurs. Mais le pouvoir en place et sa police favorisent les agressions verbales et les violences que les racistes engendrent.
[Source : Inter-luttes Calai]



