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Y a-t-il un mot pour dire la honte universelle ? Voilà des mois que la dictature syrienne réprime sauvagement sa population – et ça dure, et ça s’aggrave, de jour en jour, sans que rien n’y change.

En attendant, il nous faut subir la honteuse propagande « anti-impérialiste », qui susurre à qui veut l’entendre que la révolte du peuple syrien – victime de la violence inouïe de l’armée, des milices et de la police politique avec son recours massif à la torture – serait une opération téléguidée par les Etats-Unis, Israël et… Al-Quaeda.

On a échantillon de ces insanités sur le site du réseau Voltaire, animé par Thierry Meyssan, lequel aura héroïquement défendu Khadafi jusqu’à la dernière seconde – et au péril de sa vie, prétend-il. Espérons pour lui qu’il soit correctement rémunéré pour l’indigne travail de « communication » auquel il se livre en faveur des dictateurs les plus sanglants. On n’avait pas un si haut niveau de mensonges éhontés depuis… les plus belles heures du stalinisme, ou la propagande en temps de guerre.

En attendant, dans l’indifférence générale, les démocrates syriens – que la presse qualifie, là comme en Libye, de « rebelles » – se font cueillir un à un, maison par maison, dans d’énormes opérations de quadrillage policier, telles qu’on n’en aura pas vu depuis… la guerre justement, et l’occupation allemande en France – ou… la bataille d’Alger, et les horribles ratissages des parachutistes français dans la Casbah.

Hier, c’était à Hama.

Typique de la confusion, la démission du procureur général de Hama, annoncée dans un film diffusé par l’opposition sur youtube (voir ci-dessous, avec sous-titrage en anglais). Dénonciation extrêmement précise, qui indique le nombre de victimes qu’il a pu recenser ces derniers jours à Hama, et qui désigne les responsables de la répression, nommément. Aussitôt, les services de propagande de Assad auront rétorqué que ce ne sont, bien sûr, que des mensonges, que les rebelles auraient « forcé » Adnane Mohammed al Bakkour à ces déclarations, après l’avoir kidnappé...

« Les assertions de la télévision syrienne sur mon enlèvement par des groupes armés sont totalement fausses. Je suis sous protection des rebelles et en bonne santé, aujourd’hui, mercredi 31 août », déclare Bakkour dans la vidéo. Un avocat indépendant a confirmé qu’il s’agissait bien du procureur de Hama, dit Reuters.

« J’ai démissionné pour protester contre les pratiques sauvages du régime contre des manifestants pacifiques », ajoute-t-il.

Paris s’éveille

Syrie : Nouvelle opération nocturne à Hama, démission du procureur

Les forces de sécurité syriennes ont procédé à des perquisitions à Hama pour le deuxième soir d’affilée, témoignent des habitants, quelques heures après la démission du procureur de la province.

Le procureur général de bastion de l’opposition au président Bachar el Assad a annoncé sa démission dans une vidéo, citant la répression du régime contre les opposants.

De nombreuses manifestations ont été organisées à Hama, où la répression a été féroce selon les opposants. Des habitants de Hama affirment que la police et les milices du régime, les chabbiha, ont fouillé des maisons dans la nuit de mercredi à jeudi dans les quartiers d’Al Sabounia et Al Marabet, après une première vague d’arrestations dans deux autres quartiers la nuit précédente.
Démission envoyée par vidéo

« Les habitants répondent en criant “Dieu est le plus grand” depuis les fenêtres et les toits », a dit Haidar, un activiste local, à Reuters. « Ce soir il y a plus de raids au hasard par rapport à ce que l’armée a fait hier, en fouillant des maisons précises à la recherche d’activistes inscrits sur une liste ».

Hama, ville de l’Ouest parmi les plus mobilisées contre le régime de Bachar al Assad, a été la première à faire l’expérience de l’offensive syrienne au début du ramadan.

Damas assure que les forces gouvernementales s’en sont retirées à la mi-août, mais on y signale toujours une présence militaire importante.

Cette répression a été dénoncée par le juge Adnane Mohammed al Bakkour dans la vidéo de sa démission, publiée sur le site internet YouTube par des activistes.

Vague d’arrestations

Si elle se confirmait, la démission de Bakkour serait la première défection d’un haut responsable du régime après cinq mois de soulèvement contre Bachar al Assad.

L’agence de presse officielle syrienne affirmait cependant lundi que le procureur avait été enlevé par des activistes alors qu’il se rendait dans sa voiture au palais de justice de Hama.

« Les assertions de la télévision syrienne sur mon enlèvement par des groupes armés sont totalement fausses. Je suis sous protection des rebelles et en bonne santé, aujourd’hui, mercredi 31 août », déclare Bakkour dans la vidéo. Un avocat indépendant a confirmé qu’il s’agissait bien du procureur de Hama.

« J’ai démissionné pour protester contre les pratiques sauvages du régime contre des manifestants pacifiques », ajoute-t-il.

[Source : Reuters]

Syrie : le procureur de Hama annonce sa démission dans une vidéo

BEYROUTH (AP) — Le procureur général de Hama, en Syrie, accuse dans une vidéo les forces de sécurité d’avoir tué des centaines de manifestants et annonce sa démission en signe de protestation contre la répression du régime de Bachar el-Assad.

La vidéo, dont l’authenticité ne pouvait être confirmée dans l’immédiat, marquerait une défection de haut rang pour le régime. L’agence de presse officielle syrienne a toutefois affirmé jeudi que des « terroristes » avaient enlevé le procureur, Adnane Bakkour, et l’avaient forcé à enregistrer ce message.

Dans la vidéo, le procureur de la ville de Hama (centre) déclare que les forces de sécurité ont arrêté des milliers de « manifestants pacifiques » et tué 72 prisonniers le 31 juillet et 420 autres personnes lors du siège de la ville par l’armée en août. Il précise que les autorités syriennes lui ont demandé d’attribuer la responsabilité de la tuerie à des gangs et des hommes armés.

« Je démissionne de mon poste dans le régime Assad », dit-il dans l’enregistrement, posté en ligne mercredi soir alors que les forces de sécurité procédaient à des arrestations à Hama.

Selon les Nations unies, 2.200 personnes ont été tuées en Syrie dans la répression des manifestations depuis le début du soulèvement en mars dernier.

[Source : nouvelobs, AP]

Nouvelle offensive de l’armée syrienne à Hama

publié le 31 août 2011

L’armée syrienne a fouillé des maisons de Hama à la recherche d’opposants dans la nuit de mardi à mercredi, rapportent plusieurs habitants.

Les chars de l’armée ont sévèrement réprimé la révolte contre le président Bachar al Assad dans cette ville mais les autorités syriennes affirment qu’ils ont quitté Hama dans le courant du mois d’août.

« Plusieurs chars légers et des dizaines de bus, grands et petits, se sont garés sur le pont al Hadid à l’entrée est de Hama », a dit Abdelrahmane, un militant de la ville, à Reuters.

« Des centaines de soldats sont partis dans les quartiers de Al Kussour et Hamdia. On pouvait entendre des coups de feu », a-t-il dit.

Un autre habitant a raconté que des pick-up équipés de mitrailleuses et des bus remplis de soldats s’étaient rassemblés dans la nuit près du quartier d’Al Dahiria, à l’entrée nord de Hama.

La répression à Hama au début du mois a fait 300 morts en une semaine, selon les opposants au régime de Bachar al Assad.

[Source : l’express]

Syria Hunts for Leaders of Protests in Hama

BEIRUT, Lebanon — Syrian security forces conducted house-to-house raids in the central city of Hama on Wednesday, hunting for activists involved in the country’s uprising, residents and activists said.

The New York Times

Syrian forces searched homes in Hama on Wednesday.

Several tanks and military buses were parked on the eastern side of the city, they said, while hundreds of soldiers searched two neighborhoods, Al Qusour and Al Hamidiya, asking by name for people involved in, or suspected of playing a role in, planning the uprising. It was not clear how many were detained. With foreign journalists barred from the country and the official Syrian news media hewing to the government’s line, activists constitute a crucial funnel for information.

“We are hearing gunfire every now and then, and we heard they have long lists of wanted people,” said one Hama activist, speaking on the condition of anonymity for fear of retribution. “We don’t know what more they want from us.”

The two neighborhoods had been very active in protests against the government of President Bashar al-Assad until troops raided the city on July 31, holding it by force for 10 days. Activists said the death toll was 130 civilians on that day alone, a painful reminder of a massacre under Mr. Assad’s father, Hafez, in 1982. Intending to crush an uprising then, he leveled the city, killing at least 10,000.

In recent days, as the downfall of Col. Muammar el-Qaddafi in Libya bolstered the spirits of government opponents across Syria, activists reported a surge of protests in Hama.

Fears for the thousands of people the Syrian forces have detained in the months of protest have grown. A report published this week by a Western human rights group said that the Syrian government might have committed crimes against humanity in its handling of detainees.

The group, Amnesty International, said there was enough evidence to conclude that torture or ill-treatment caused or contributed to the deaths of at least 52 of the 88 people who died while in detention since April, 10 of them under the age of 18. At least one was 13. The victims, all male, were arrested because of their involvement or suspected involvement in the protests against Mr. Assad’s rule.

The group said that independent forensic pathologists who reviewed a number of cases concluded by the type of injuries on the victim’s corpses that they may have suffered beatings, burns, blunt-force injuries, and whipping marks and slashes.

“Taken in the context of the widespread and systematic violations taking place in Syria, we believe that these deaths in custody may include crimes against humanity,” said Neil Sammonds, Amnesty International’s researcher on Syria, in the report. The report was drawn from accounts by Syrians who fled to Lebanon and Turkey, and those communicating by telephone and e-mail from within the country, including relatives of the dead, medical professionals, released detainees and activists.

Most of the cases highlighted by Amnesty International took place in Homs, in central Syria, and in Dara’a in the south. Both cities have had large protests against Mr. Assad’s government since mid-March, when the uprising started, and were repeatedly attacked and put under siege for several days by armed troops.

“The accounts of torture we have received are horrific,” Mr. Sammonds said. “We believe the Syrian government to be systematically persecuting its own people on a vast scale.”

On Tuesday, the Obama administration added to the economic pressure on Mr. Assad’s government, freezing the United States assets of Foreign Minister Walid al-Moallem and two other officials.

[Source : New York Times]