L’information au jour le jour sur le quotidien des sans-papiers.

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A l’origine du mouvement des sans-papiers, après avoir été expulsés de l’église Saint-Ambroise, dans le 11e, ceux qui gagneront bientôt la célébrité en occupant l’église Saint-Bernard, à la Goutte d’Or, avaient d’abord trouvé abri non loin de là, dans des locaux désaffectés de la SNCF, rue Pajol, que leur avaient ouvert des syndicalistes bien intentionnés.

Seize ans plus tard, les mêmes entrepôts de la SNCF toujours désaffectés, semblent réquisitionnés maintenant par… la police de messieurs Gaudin et Guéant, qui s’en sert comme lieu de détention massif pour mettre en œuvre sa nouvelle technique d’empêchement radical de manifestation qui consiste à embarquer… la totalité des manifestants.

Démocratie française… Même à Moscou ou à Rangoon on n’ose pas faire des choses pareilles. Préfet et ministre n’ont pas l’air de savoir que le droit de manifester est un droit fondamental en démocratie. Démocratie, kézaco ?

Ainsi, la France, « patrie des droits de l’homme », est surtout fameuse aujourd’hui pour son « savoir faire » en matière de « maintien de l’ordre » qu’elle exporte dans le monde entier bien mieux que les avions de monsieur Dassault.

On se souvient comment Michèle Alliot-Marie, qui occupait la place Beauvau avant Claude Guéant, a pu se tailler un brin de célébrité en déclarant à la tribune de l’assemblée qu’on aiderait monsieur Ben Ali à rester au pouvoir contre la volonté unanime de son peuple, en lui faisant parvenir de ces moyens dont la police française est si fière et qu’elle rode tous les jours dans la guérilla des rues de Paris, contre les sans-papiers ou leurs soutiens comme contre les indignés.

On a pu admirer, à propos des indignés, comment la police parisienne à pu user et abuser du fait que les contribuables entretiennent bien plus de flics qu’il n’y a de manifestants. Si les indignés avaient disposés ne serait-ce que d’une fraction des moyens qui ont été déployés contre eux, il est bien probable qu’on aurait beaucoup plus entendu parler d’eux…

Quant à l’exportation du savoir faire policier français, le pays où cela aura fait le plus de dégâts ces dernières années, c’est le Mexique.

Les arrestations massives ont toujours été un problème pour la police parisienne. On se souvient du sinistre 17 octobre 1961 où il fallut utiliser jusqu’à la cour de la Préfecture de Police – ce jour-là inondée du sang des algériens dans lequel pataugeait le préfet Papon. Lorsqu’en 1973, à Santiago du Chili, l’armée du général Pinochet enfermait les opposants dans des stades, elle ne faisait que mettre en œuvre un plan élaboré par… la police française, après mai 1968.

Ces dernières années se sont ouverts à Paris de méga-commissariats d’arrondissements, avec des capacités de garde-à-vue déjà impressionnantes, particulièrement passage Charles Dallery, dans le 11e, les architectes ayant prévu de conserver en l’état tout le rez-de-chaussé de cet ancien garage, pour ce qui pourrait bien être la plus grande cellule de garde-à-vue du monde.

Mais cela ne suffisait pas aux deux G, Gaudin et Guéant, ces ennemis de la liberté.

Paris s’éveille

(samedi 14 janvier 2012)

ils viennent d’arriver dans un hangar SNCF 18 rue de l’évangile à 19h 20

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Une centaine de manifestants se sont fait serrer par la police devant le CRA de Vincennes . Ils viennent d’arriver à l’instant au 32 rue de l’évangile (entre Marx Dormoy et porte de la chapelle). pas de comico connu dans les parages ; on attend la suite.

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Merci de faire TOURNER LARGEMENT

200 manifestants sont ds les cars près du métro MARX DORMOY RUE DE L’EVANGILE (à vérifier sur un plan le métro le + p^roche) , vers le N° 32 DANS UN GRAND DEPOT DE LA SNCF

ILS SONT BIEN PLANQUES les militants !!

Ils ont tous été raflés à la suite du rassemblement devant le CRA DE VINCENNES

APPEL A SOUTIEN RUE DE L’EVANGILE pourt leur libération immédiate ! Ils viennent d’arriver.

STOP aux arrestations , la criminalisation systématique et intimidation des solidarités et du mouvement social !

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http://paris.indymedia.org/spip.php?article9621

Rassemblement centre de rétention de Vincennes - 14 janvier 2012

*Rendez-vous pour un rassemblement devant le centre de rétention de Vincennes, samedi 14 janvier 2012 à 16h au RER Joinville-le-pont (RER A).*

Le vendredi 13 janvier, les juges de la cour d’appel de Paris rendront leur décision concernant les 6 personnes sans-papiers inculpées ayant fait appel pour la révolte collective qui, en juin 2008, après la mort d’un retenu, embrasa le centre de rétention de Vincennes.

Quel que soit le verdict que la justice assénera aux 6 inculpés, nous continuerons à lutter parce que les personnes sans papiers continueront d’être pourchassées, enfermées et expulsées ; et la justice continuera de valider les reconduites à la frontière et l’enfermement pour des milliers d’autres personnes.

Depuis juin 2008, le centre de rétention de Vincennes a été reconstruit et de nouveaux centres ont vu le jour. Ces nouveaux centres sont construits sur un modèle carcéral, en général loin des centre-villes et des regards extérieurs. Le Mesnil-Amelot 3 par exemple, érigé au pied des pistes de l’aéroport de Roissy, avec ses petites unités isolées, ses caméras de surveillance, ses rangées de barbelés et de plantes à épines qui cachent les retenus et écorchent quiconque s’en approche trop.

Depuis juin 2008, la machine à expulser s’est perfectionnée notamment grâce à de nouvelles lois. Ainsi la loi Besson, entrée en vigueur l’été dernier remplit bien les objectifs clairement assignés à toutes les lois sur l’immigration : mettre davantage de pression sur les personnes sans papiers et les expulser plus facilement. Dans cette même logique, l’enfermement de celles et ceux à qui l’administration ne veut pas donner de titre de séjour est de plus en plus long et punitif. Depuis juillet dernier, la durée de rétention est passée de 32 à 45 jours. Elle était de 12 jours il y a 10 ans...

Dans ces centres où de plus en plus de gens sont enfermés de plus en plus longtemps, le maintien de l’ordre se fait comme dans toutes les prisons : à force de menaces et de répression et à grand renfort de tranquillisants et autres médicaments censés annihiler toute volonté de résistance ou de rébellion. Ainsi parmi celles et ceux qui sont enfermés dans l’attente d’une expulsion qui semble toujours plus inéluctable,
beaucoup sont acculés, entre révolte et désespoir, à avaler des lames de rasoir, à se pendre ou à se taillader. D’autres fois, le même espoir d’échapper à l’expulsion pousse à refuser d’embarquer, à se cacher et à s’évader.

Si des révoltes, des résistances individuelles ou collectives ont régulièrement lieu dans les centres de rétention, elles sont la plupart du temps étouffées et réprimées avec peu de retentissement extérieur. Dehors, des solidarités de proximité perdurent, permettant à quelques personnes sans papiers de ne pas être expulsées ou de régulariser leur situation. Mais, des luttes plus larges pour la liberté de circulation,
contre les frontières et leurs prisons peinent à s’exprimer.

Pourtant les frontières, les visas, les systèmes de surveillance et de contrôle continuent de prospérer et n’ont jamais autant tué. Ainsi, depuis le 14 janvier 2011, jour de la chute de Ben Ali en Tunisie, ce sont plus de 2000 personnes qui ont péri en franchissant la mer Méditerranée.

Nous ne voulons pas nous résigner aux contrôles d’identité, aux rafles, aux centres de rétention et aux expulsions. Aux côtés de tous les sans papiers qui se révoltent pour leur liberté, amplifions les mouvements qui existent à l’intérieur comme à l’extérieur, qui s’opposent aux arrestations, empêchent des expulsions, facilitent des évasions. Brisons l’isolement et propageons la lutte contre les frontières, l’enfermement et pour la liberté.

*Rendez-vous pour un rassemblement devant le centre de rétention de Vincennes, samedi 14 janvier 2012 à 16h au RER Joinville-le-pont (RER A).*

[Source : z-pajol]