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Manuel Valls n’est pas un démocrate. Politicien raciste, qui se plaignait que ça manque de blancs au marché de sa bonne ville d’Evry, il n’aura pas supporté qu’un candidat prénommé Farid tienne un meeting sur la très mal nommée place des droits de l’homme, en plein centre d’Evry.

Serait-ce parce qu’il s’appelle Farid ou parce que sa candidature s’est engagée en faveur de la légalisation du cannabis, sous l’intitulé Cannabis, Santé, Libertés, Justice ?

Rappelons ici un précédent : le même Farid Ghehiouèche, aujourd’hui candidat dans la huitième circonscription de l’Essonne, était tête de liste pour la région île de France d’une liste Cannabis sans frontières – c’était lors des dernières élections européennes. Sous un gouvernement de droite, il n’y a pas si longtemps.

A l’époque, le ministre de l’Intérieur de droite avait veillé à ce que le débat politique se passe dans des conditions normales, et Cannabis sans frontières avait pu mener sa campagne sans enregistrer le moindre incident. Lorsqu’il était arrivé que la police nous interpelle, en particulier lors de collages d’affiches nocturnes, c’était pour s’excuser de nous avoir dérangé aussitôt quelle s’apercevait que nous posions des affiches électorales.

Hormis le fait que le droit de réunion est élargi pendant une campagne électorale – les candidats ayant à tout moment la légitimité totale d’assembler autant de citoyens qu’ils peuvent –, il se trouve que le candidat à la députation dans la huitième circonscription où se présente Nicolas Dupont Aignan, Farid Ghehiouèche avait informé de ses diverses réunions dont ce meeting vendredi après-midi Place des droits de l’homme d’Evry devait être le point d’orgue.

Faut-il rappeler ici que les circonscriptions de messieurs Dupont-Aignan et Valls sont voisines ? Si Farid faisait campagne dans la huitième circonscription, le centre politique qui lui correspond est la ville d’Evry dont le maire a récemment été promu ministre de l’Intérieur.

C’est devant la mairie où trône Manuel Valls que Farid Ghehiouèche a été arrêté, par la police municipale dont le ministre de l’Intérieur est responsable deux fois.

C’est au ministre de l’Intérieur de veiller à ce que les élections se déroulent bien, et faire que les maires trop excités de communes n’aillent pas envoyer leur police municipale contre des candidats concurrents.

S’il faisait son boulot, aujourd’hui, le ministre de l’Intérieur Manuel Valls devrait demander des comptes au maire d’Evry Manuel Valls – ou bien convoquera-t-il son adjoint, Francis Chouat, devenu maire à sa place depuis qu’il a installé ses quartiers place Beauvau ?

Ou bien Valls pense-t-il poser des menottes à Cécile Duflot à la sortie du prochain conseil des ministres ?

Le ministre de l’Intérieur doit au moins des excuses à Farid Ghehiouèche. Sinon il doit démissionner.

Ou bien faut-il remercier Manuel Valls pour avoir offert à Farid Ghehiouèche un excellent motif pour demander au Conseil constitutionnel l’annulation de l’élection ?

En attendant, que le message tourne : dans la huitième circonscription de l’Essonne, demain, votez Farid !

Paris s’éveille

Curieuse circonscription que la huitième dans l’Essonne…

Comme dans toute la France, elle a son lot de ce qu’il est convenu d’appeler « les petits candidats » qui profitent de l’occasion pour tenter de faire entendre leur militance.

Farid Ghéhiouèche, fondateur de Cannabis Sans Frontières, y présente « cannabis, santé libertés, justice ».

Bien sûr, l’intitulé est explicite et a été choisi pour cela , attirer l’attention sur la somme des ravages sociaux qu’entraîne la criminalisation totalement inefficace d’une substance qui a été, pour des raisons diverses pas toujours très nobles, classée hâtivement dans les stupéfiants notoires.

Petit candidat, sans moyens financiers, donc de peu d’impact, tout le monde en est d’accord.

Si on prend le temps de parcourir ses revendications, il n’y a nulle part une quelconque incitation, puisqu’au contraire il prône une interdiction pour les mineurs et une information bien conçue permettant de prévenir d’éventuels risques, dus quasi uniquement aux dangers des mix que les usagers sont tentés d’expérimenter.

Il défend également les qualités thérapeutiques qui soulagent sans effet secondaire les souffrances des malades, l’inanité des condamnations « chiffres », etc. . Rien de très dévastateur, tous les journaux se font l’écho de prises de positions scientifiques ou autres affirmant les mêmes choses ces derniers jours. Juste un peu hérétique…

Or, le cabinet du député sortant, Nicolas Dupont d’Aignan, se permet de lui téléphoner à son domicile pour lui signifier que si les affiches de Debout la République continuent à être endommagées on lui enverra un huissier…

Jamais Farid Ghéhiouèche n’a lacéré d’affiches de quiconque pendant cette campagne à laquelle il participe. Au nom de quoi le cabinet du député se permet il de l’en accuser ? Délit de faciès ?

Mais aussi hier en fin de matinée, alors que Farid Ghéhiouèche tentait une réunion publique place des droits de l’homme à Evry, la police municipale du ministre de l’Intérieur s’est permis de l’arrêter et de le garder plus de trois heures au poste de police. Et ça, c’est absolument inadmissible.

Dans le meilleur des cas, soyons réalistes, le petit candidat n’aurait rassemblé au mieux que 5 ou 6 personnes autour de lui. Rien pouvant troubler réellement l’ordre public…

Le fait que monsieur Valls vienne d’être nommé ministre de l’Intérieur aggrave lourdement la bavure. Même si ses positions réactionnaires dans la gestion de l’ordre dans sa ville sont bien connues. Son poste ministériel laisse d’ailleurs à craindre qu’elles ne soient partagées par la présidence, ce qui n’augure aucun changement notoire, quoi qu’il s’en dise.

Mais former sa milice municipale à arrêter n’importe qui, dont un candidat avalisé par la loi est une dérive scandaleuse de ses attributions. Monsieur Ghéhiouèche aurait été blond aux yeux bleus, ou petit brun mais avec la peau claire, y aurait il eu la même infamante réaction rappelant d’autres temps où la police française arrêtait sur simples soupçons pour remplir des trains exportant vers d’autres pays.

Il est particulièrement horrifiant pour un citoyen lambda de constater que dans une ville tenue, car il ne s’agit plus de d’administration, par quelqu’un qui prétend aux valeurs humaines de la gauche, on puisse arrêter un candidat simplement parce que, encore une fois son faciès déclenche chez ceux à qui on a appris à réagir de la sorte le réflexe d’enfermement.

Drôle de circonscription que la 8 dans l’Essonne où une droite un tantinet extrémiste et une gauche qui se voudrait ouverte et humaniste se rejoignent pour criminaliser un français tranquille dont le seul tort est d’avoir déposé une candidature pour exprimer ses convictions qui ne sont même pas révolutionnaires.

[Source : correspondance]