Après le nettoyage ethnique à Rosarno, Maroni (ministre de l’intérieur) expulse les « clandestins ». Et le cercle se referme.
La logique de la déportation gagnera une autre fois ?
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Publié le: 16 janvier 2010
Le Ministre de l’intérieur Maroni, en un long entretien fait, dimanche, à la télévision SKY a rappelé que tous les migrants qui ont été transférés de Gioia Tauro et Rosarno (Calabre) dans le camp de Crotone (Calabre) et Bari (Les Pulles) seront identifiés et si trouvés dépourvus du titre de séjour seront expulsés (bien que les premières annonces et invitations à aller dans ces camps étaient fait sous garantie de non-expulsion).
On ne sait pas encore s’ils sortiront du camp avec un papier qui les invite à quitter le territoire en cinq jours, en les condamnant à la clandestinité, où s’ils seront expulsés de force, après des longs mois d’enfermement dans les camps d’identification et expulsion. Il apparait difficile que l’enfermement puisse durer très peu et que en quelques jours plus d’un millier de migrants soient amenés à leurs ambassades et accompagnés à la frontières.
Dans le même entretien Maroni annonce l’ouverture d’autre camps d’enfermement en Italie et rappelle les victoires de son gouvernement : la baisse d’arrivées à Lampedusa et les nombreuses expulsions : 40 000 dans les derniers deux ans. Sur ce chiffre il n’y a aucune possibilité de contrôle ; dans le passé ce type d’information passait par la court des contes, maintenant ne sont effectués aucun contrôle et chacun peut dire le chiffre qui veut (comme après les manifestations pour le nombre de présents !). Ce qui est sure c’est que le paquet sécurité, avec l’introduction du délit de clandestinité et le prolongement de la durée de détention à six mois n’a pas fait faire diminuer le nombre d’expulsions mais augmenter de façon tragique les mauvais traitements des migrants.
Maroni attaque les autorités locales en les accusant de « trop de tolérance » en protégeant les mafieux locaux qui ont imposés la déportation des migrants (peut être parce que coûte moins cher de laisser pourrir les oranges plutôt que les faire recueillir et du coup les migrants-esclaves ne servaient plus dans la plane de Gioia Tauro).
La Lega Nord alliée de la n’drangheta (mafia calabraise) ?
Les expulsions que les policiers sont sur le point d’effectuer sur les migrants victimes du nettoyage ethnique de Gioia Tauro, constituent une sorte de légitimation de l’action violente des criminels de Rosarno et beaucoup d’argent pour les patrons qui n’ont pas payé les misères rémunération dues aux travailleurs saisonniers migrants en échange de leur travail de mois. Beaucoup de télévisions ont interviewés des migrants qui ne voulaient pas quitter Rosarno parce qu’ils avaient peur de perdre le déjà bas salaire de mois de dur travail.
Les liaisons entre la mafia (n’drangheta) et la population locale qui a lancé la chasse aux migrants à coup de barres de fer sont aussi évidentes. Un des trois italiens arrêté et le fils d’une des familles mafieux plus influentes sur le territoire.
Une fois déportés, arrêtés et expulsés, aucun migrant ne pourrait plus réclamer ses droits de rétribution pour le très dur travail effectué dans les campagnes de Rosarno. L’action de la n’drangeta s’est transformée en un avantage pour tous les entrepreneurs qui ne voulaient plus payer les « immigrés clandestins ». À cela s’ajoute un Ministre qui se limite à accuser les migrants et jamais les patrons des champs d’orangers. Après les barres de fer des mafieux arrivent celles du Ministère. Cette situation qui rassure l’opinion publique, ne peut pas être acceptée avec résignation par qui a un minimum de respect pour dignité humaine, même si partis et syndicats se cachent derrière un profond silence. Il faut agir avec détermination pour sauver tout d’abord des déportations les victimes du nettoyage ethnique de Rosarno, constituer des groupes antiracistes, groupes de défense socio-légaux pour des actions de solidarité et mobilisation, de revendication des droits des migrants aussi et surtout de ceux qui sont irréguliers.
Il est clair qui les migrants qui ont été transférés dans les camps de Bari et Crotone se trouvent en une situation de danger et que le transfert s’est passé avec des garanties de non expulsion. Il faut donc faire prévaloir la possibilité de reconnaitre un spécial titre de séjour pour motifs de protection sociale prévue par l’art 18 du TU 286/1998
Source : migreurop



