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Le Ministre de l’intérieur Maroni, en un long entretien fait, dimanche, à
la télévision SKY a rappelé que tous les migrants qui ont été transférés de
Gioia Tauro et Rosarno (Calabre) dans le camp de Crotone (Calabre) et Bari
(Les Pulles) seront identifiés et si trouvés dépourvus du titre de séjour
seront expulsés (bien que les premières annonces et invitations à aller dans
ces camps étaient fait sous garantie de non-expulsion).

On ne sait pas encore s’ils sortiront du camp avec un papier qui les
invite à quitter le territoire en cinq jours, en les condamnant à la
clandestinité, où s’ils seront expulsés de force, après des longs mois
d’enfermement dans les camps d’identification et expulsion. Il apparait
difficile que l’enfermement puisse durer très peu et que en quelques jours
plus d’un millier de migrants soient amenés à leurs ambassades et
accompagnés à la frontières.

Dans le même entretien Maroni annonce l’ouverture d’autre camps
d’enfermement en Italie et rappelle les victoires de son gouvernement : la
baisse d’arrivées à Lampedusa et les nombreuses expulsions : 40 000 dans
les derniers deux ans. Sur ce chiffre il n’y a aucune possibilité de
contrôle ; dans le passé ce type d’information passait par la court des
contes, maintenant ne sont effectués aucun contrôle et chacun peut dire
le chiffre qui veut (comme après les manifestations pour le nombre de
présents !). Ce qui est sure c’est que le paquet sécurité, avec
l’introduction du délit de clandestinité et le prolongement de la durée de
détention à six mois n’a pas fait faire diminuer le nombre d’expulsions mais
augmenter de façon tragique les mauvais traitements des migrants.

Maroni attaque les autorités locales en les accusant de « trop de
tolérance » en protégeant les mafieux locaux qui ont imposés la
déportation des migrants (peut être parce que coûte moins cher de laisser
pourrir les oranges plutôt que les faire recueillir et du coup les
migrants-esclaves ne servaient plus dans la plane de Gioia Tauro).

La Lega Nord alliée de la n’drangheta (mafia calabraise) ?

Les expulsions que les policiers sont sur le point d’effectuer sur les
migrants victimes du nettoyage ethnique de Gioia Tauro, constituent une
sorte de légitimation de l’action violente des criminels de Rosarno et
beaucoup d’argent pour les patrons qui n’ont pas payé les misères
rémunération dues aux travailleurs saisonniers migrants en échange de leur
travail de mois. Beaucoup de télévisions ont interviewés des migrants qui ne
voulaient pas quitter Rosarno parce qu’ils avaient peur de perdre le déjà
bas salaire de mois de dur travail.

Les liaisons entre la mafia (n’drangheta) et la
population locale qui a lancé la chasse aux migrants à coup de barres de
fer sont aussi évidentes. Un des trois italiens arrêté et le fils d’une des familles mafieux
plus influentes sur le territoire.

Une fois déportés, arrêtés et expulsés, aucun migrant ne pourrait plus
réclamer ses droits de rétribution pour le très dur travail effectué dans
les campagnes de Rosarno. L’action de la n’drangeta s’est transformée en un
avantage pour tous les entrepreneurs qui ne voulaient plus payer les « 
immigrés clandestins ». À cela s’ajoute un Ministre qui se limite à accuser
les migrants et jamais les patrons des champs d’orangers. Après les barres
de fer des mafieux arrivent celles du Ministère. Cette situation qui
rassure l’opinion publique, ne peut pas être acceptée avec résignation par
qui a un minimum de respect pour dignité humaine, même si partis et
syndicats se cachent derrière un profond silence. Il faut agir avec
détermination pour sauver tout d’abord des déportations les victimes du
nettoyage ethnique de Rosarno, constituer des groupes antiracistes, groupes
de défense socio-légaux pour des actions de solidarité et mobilisation,
de revendication des droits des migrants aussi et surtout de ceux qui
sont irréguliers.

Il est clair qui les migrants qui ont été transférés dans les camps de Bari
et Crotone se trouvent en une situation de danger et que le transfert
s’est passé avec des garanties de non expulsion. Il faut donc faire
prévaloir la possibilité de reconnaitre un spécial titre de séjour pour
motifs de protection sociale prévue par l’art 18 du TU 286/1998

Source : migreurop