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Un tribunal de Doha vient de condamner à la prison à perpétuité le poète Mohamed al-Ajami, dit Ibn al-Dhib, pour avoir écrit un poème dans lequel il compare tous les pays arabes à la Tunisie en lutte contre une élite despotique. Ibn al-Dhib a été accusé d’incitation au renversement du régime, d’insulte au monarque, d’atteinte à la Constitution et condamné au terme d’un procès à huis-clos. L’émir du Qatar, le cheikh Hamad ben Khalifa Al-Thani, qui est parfois présenté comme un libéral, soutient le printemps arabe quand il se produit chez ses voisins, mais n’en veut pas chez lui... La puissance financière de cet émirat, troisième producteur de gaz au monde, ses investissements en France (dans le PSG et ailleurs), les services qu’il a rendus aux dirigeants américains et français lors des guerres en Irak et en Lybie ne sauraient justifier le silence et la complicité des autorités françaises envers ce déni de justice. Nous demandons au président de la République française d’intervenir sans tarder pour la relaxe et la libération d’Ibn al-Dhib injustement condamné.

premiers signataires : Jean Ristat (poète) - Francis Combes (poète) - Julien Blaine (poète) - Franck Delorieux (écrivain) - Jacques Roubaud (poète) - Gérard Noiret (poète) - Olivier Barbarant (écrivain) - Alain Lance (poète) – Lionel Ray (poète) - Philippe Beck (poète) - Jacques Ancet (poète) - Jean Portante (poète) - Pascal Boulanger (poète) - Claude Ber (poète) - Jacques Bidet (philosophe) - Yvon Quiniou (philosophe) - Gaston Bellemare (Directeur du festival international de poésie de Trois Rivières, Québec) - Lucien Wasselin (poète) - Patricia Latour (journaliste) - Charles Dobzynski (poète) - Jacques Demarcq (poète) - Marianne Auricoste (poète) - Catherine Zittoun (poète) - Pascal Commère (poète) - Alexis Pelletier (poète) - René Schérrer (professeur émerite à l’université Paris VIII) - Gabriel Matzneff (écrivain) - Gianni Burattoni (peintre) - Victor Blanc (poète) - Marc Viellard (écrivain) - Valerio Magrelli (poète, Rome) - Mario Urbanet (poète) - Jean-Pierre Siméon (poète) - David Dumortier (poète) - Paul Dakeyo (poète) - Jack Hirschman (poète, San Francisco) - Salah Al-Hamdani (poète) - Gérard Cartier (poète) - Max Alhau (poète) - Michel Deguy -(poète) - Jean-Marie Perret (poète) - Jean-Pierre Balpe (poète) - Agnes Gueuret (poète) - Paul de Brancion (poète ; Union des poètes) - David Christoffel (poète) - Eric Brogniet (poète) - Isabela Checcaglini (éditrice) - Jean-François Cocteau (poète) - Roger Toumson (poète) - André Velter (poète) - Eric Maclos (poète) - Jean-Marc Adolphe (directeur de la revue Mouvement) - Georges Hassomeris (poète) - Leïla Cukierman (directrice du Théâtre Antoine Vitez d’Ivry) -Suzanne Doppelt (poète) - Fred Griot (poète) - Marc Delouze (poète) - Jean-Michel Espitallier (poète) - Huguette de Broqueville (poète) - Kim Andringa (traductrice) - Vincent Gimenot (Marché de la poésie) - Lucienne Deschamps (chanteuse) - Danièle Rivière (éditrice) - Luc Bénazet (écrivain) - Sylvie Nève (poète) - Yann Lauwereyns (poète ; Pays-Bas) - Anne Talvaz ((poète) - Franck Smith (poète) - Jan Mysjkin (poète) - Florence Pazzottu (poète) - Hélène Sanguinetti (poète) - Roxana Paez (poète) - Silvia Baron Supervielle (poète) - Samira Negrouche (poète, Alger) - Pierre Jorris (poète) - Sigurdur Palsson (poète, Islande) - Ariane Dreyfus (poète)


Voir en ligne : la pétition

Qatar : un poète condamné à la perpétuité

le 29/11/2012

Mohammed al-Ajami, alias Ibn al-Dhib, avait écrit en 2011 un poème où il rendait hommage à la révolution tunisienne.

Un tribunal du Qatar a condamné jeudi à la prison à vie un poète poursuivi pour incitation contre le régime et diffamation du prince héritier de cette monarchie du Golfe, qui soutient les soulèvements antigouvernementaux dans les pays du Printemps arabe, a indiqué son avocat. Mohammed al-Ajami, alias Ibn al-Dhib, était jugé sous trois accusations, a précisé à l’AFP Me Néjib al-Naïmi : « incitation contre le régime, diffamation du prince héritier », Tamim Ben Hamad Al-Thani, et « atteinte à la Constitution ».

Il a ajouté qu’il allait interjeter appel la semaine prochaine contre ce verdict, rendu « au terme de six audiences, pour la plupart secrètes ». L’avocat a indiqué avoir émis en vain des réserves sur la composition du tribunal, dont le président, un Soudanais, « était lui-même juge d’instruction » dans l’affaire de son client.

En vertu des accusations retenues contre lui, le poète était passible d’une peine de cinq ans de prison au maximum, a encore dit Me Naïmi, un ancien ministre de la Justice du Qatar, soulignant que « la perpétuité ne s’applique qu’en cas de tentative de coup d’État ».

« Nous sommes tous la Tunisie »

Amnesty International s’est aussitôt élevée contre le verdict qui a « toutes les caractéristiques d’une atteinte scandaleuse à la liberté d’expression » et appelé à la libération du poète, présenté comme « un prisonnier d’opinion ». « Il est déplorable que le Qatar, qui veut se présenter à l’échelle mondiale comme un pays qui défend la liberté d’expression, se livre à ce qui semble être une violation flagrante de ce droit », a déclaré le directeur régional d’Amnesty, Philip Luther, dans un communiqué.

Le poète avait été arrêté le 16 novembre 2011 sous l’accusation d’« incitation au renversement » du régime et d’« insulte à l’émir », cheikh Hamad ben Khalifa Al-Thani, avait indiqué fin octobre Amnesty en réclamant sa libération. L’ONG avait indiqué que la justice du Qatar lui reprochait d’avoir écrit en 2010 un poème critiquant l’émir, mais que selon des militants du Golfe, la véritable raison de son arrestation est son « Poème du jardin », écrit en 2011 alors qu’avait commencé le Printemps arabe.

Ce poème rend hommage à la révolution tunisienne et exprime l’espoir que le changement touche d’autres pays arabes, affirmant « nous sommes tous la Tunisie face à une élite répressive ». Richissime État gazier du Golfe, le Qatar a été épargné par la vague de contestation qui a soufflé sur le monde arabe.

[Source : lepoint.fr]

Pétition pour la libération du poète qatari Ibn al-Dhib

le 19 décembre 2012

Un appel a été lancé pour demander la libération de l’écrivain, condamné à la prison à perpétuité pour avoir critiqué l’action du gouvernement tunisien.

Le 30 novembre dernier, le poète qatari Mohamed al-Ajami a été condamné à la réclusion à perpétuité pour incitation au renversement du régime, insulte au monarque, atteinte à la Constitution, au terme d’un procès à huis clos (voir notre actualité). Il avait écrit un poème s’adressant au premier ministre du gouvernement provisoire tunisien, Mohammed Ghannouchi. Dans Nous sommes tous la Tunisie, le poète critique la situation post-Printemps arabe. La décision a été dénoncée par Amnesty International ainsi que par le PEN (Poètes, essayistes, nouvellistes). L’avocat de Mohamed al-Ajami a affirmé son intention de faire appel.

Le 17 décembre dernier, la Biennale internationale des poètes en Val-de-Marne a lancé une pétition en ligne. Le texte, qu’on peut lire sur le site https://12383.lapetition.be, rappelle l’affaire : « Un tribunal de Doha vient de condamner à la prison à perpétuité le poète Mohamed al-Ajami, dit Ibn al-Dhib, pour avoir écrit un poème dans lequel il compare tous les pays arabes à la Tunisie en lutte contre une élite despotique. Ibn al-Dhib a été accusé d’incitation au renversement du régime, d’insulte au monarque, d’atteinte à la Constitution et condamné au terme d’un procès à huis clos. »

Le texte met en cause l’influence de l’émir du Qatar, et demande au président de la République française d’intervenir : « L’émir du Qatar, le cheikh Hamad ben Khalifa Al-Thani, qui est parfois présenté comme un libéral, soutient le printemps arabe quand il se produit chez ses voisins, mais n’en veut pas chez lui… La puissance financière de cet émirat, troisième producteur de gaz au monde, ses investissements en France (dans le PSG et ailleurs), les services qu’il a rendus aux dirigeants américains et français lors des guerres en Irak et en Libye ne sauraient justifier le silence et la complicité des autorités françaises envers ce déni de justice. Nous demandons au président de la République française d’intervenir sans tarder pour la relaxe et la libération d’Ibn al-Dhib injustement condamné. »

[Source : Livres hebdo]