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Des femmes incarcérées à la MAF ( maison d’arrêt de femme) de Seysses en Haut Garonne ont envoyées des courriers pour alerter sur leur conditions de détention et sur les mauvais traitements qu’elles subissent.
Une première lettre, datée du 10 mai 2013, relate les cinq tentatives de suicides des dix jours précédents et le refus de la part de la direction de recevoir les prisonnières en délégation.
Une seconde lettre datée du 30 mai relate des faits très graves de « passage à tabac » répétés sur une prisonnière Basque espagnole ; fouille au corps abusives et généralisées, refus de soin notemment après une fausse couche d’une détenue et autres mauvais traitement. A lire ci-dessous.
A la suite de ces courriers d’alarmes envoyés à la radio associative Canal Sud et notamment à son émission « bruits de tôle » la radio aura réussi a répercuter la parole des prisonnières : Un reportage de France trois midi Pyrénées aura surtout laissé la parole aux représentants des surveillants qui se plaignent de leur conditions de travail. Autre sujet, qui n’explique pas les comportements des surveillants décrits dans les lettres. Le personnel parle de diffamation tandis que la direction ne répond pas aux différents appels des journalistes.

Enfin une dernière lettre en réaction a ce reportage a été envoyé, celle d’une ancienne détenue qui elle aussi fait une liste « non exhaustive » des traitements quotidiens que subissent les prisonnières en plus de leur peine d’incarcération.

Rappelons que Seysses est une maison d’arrêt en surpopulation de 134% qu’elle fait partie de la nouvelle génération de prison moderne de type « Orwelien » comme la qualifie la ligue des droits de l’Homme dans son rapport en mars 2013.
La maison d« ’arrêt de Seysses a été »ouverte" en 2003, elle contient quatre bâtiments : deux pour homme majeurs, un pour mineurs et un pour femmes. 16 détenus et 2 surveillants ont mis fin a leur jours depuis 2008.


Voir en ligne : rapport de la LDH-Seysses mars 2013

Premier courrier reproduit dans le journal de l’Envolée :

Second courrier :
Maison d’arrêt pour femmes
à Seysses (MAF),
le jeudi 30 mai 2013
Madame, Monsieur de la radio.

Je viens à vous pour dénoncer les maltraitances que l’on subit à la MAF de Seysses, que ce soit en tant que spectatrice qu’en tant que persécutée. Tout d’abord, il y a 4-5 jours, une détenue basque espagnole que les surveillantes provoquent très souvent verbalement ! Donc notre collègue détenue Iti a demandé gentiment aux surveillantes de ne pas la tutoyer, que le respect doit être dans les deux sens, enfin voila le ton est monté et Iti a été passée à tabac, coups de pieds dans le ventre, etc. De là il l’ont jetée comme un chien au mitard (cellule disciplinaire). Il y fait très froid dans cette cellule, elle a réclamé une couverture et ils ne lui ont pas donné.
Aussi, le lendemain Iti a été vue par le médecin à qui elle a fait part qu’elle était indisposée et qu’elle n’a rien, ni serviette ni papier toilette. Le médecin lui a donné de l’essuie-tout, ne serait-ce que pour l’hygiène, et en la remontant au mitard les surveillantes lui ont confisqué l’essuie tout. Iti a fait part de son mécontentement et, hélas, les surveillantes l’ont repassée à tabac. Résultat ils lui ont mis 25 jours de mitard dans des conditions inhumaines, sans hygiène, elle a froid, et pour faire valoir ses droits la pauvre Iti fait la grève de la faim avec une amie qui elle aussi fait une grève de la faim.
Et pour les détenues qui ont tout entendu ou qui ne sont tout simplement pas d’accord avec leur façon tortionnaire, les détenues qui font un refus de plateau (de prendre le manger aux heures de repas), les surveillantes nous font comprendre qu’on a pas intérêt, elle nous dissuadent en nous faisant comprendre qu’il vaut mieux pas s’en mêler.
Madame, monsieur de la radio il faut faire quelque chose et vous aussi chers auditeurs, auditrices, aidez-nous à ce que les choses changent. Les surveillantes se comportent pire que les détenues, elles nous mettent la pression, l’humiliation, elles jouent avec nous.
Par exemple, hier, une maman était venue voir sa fille, et parce que cette vieille dame sonnait au portique à cause de son soutien-gorge – cette dame à même proposé d’enlever son soutien-gorge – malgré ça ils lui ont fait faire demi-tour et rentrer chez elle. Cette dame n’a pas de voiture, elle prend le bus, et la prison est à plus d’1h30 de la ville.
Il y a aussi une jeune yougoslave qui a fait une fausse couche et qui n’a pas eu les soins adéquats, il y a aussi une détenue qui a été fouillée abusivement, elle l’a ressenti comme un viol et cela trois fois dans une pièce différente en interrompant son parloir.
Je peux citer beaucoup d’autres abus. Nous sommes des détenues, pas animaux ! Il faut sincèrement que l’on nous aide. Nous, on ne peut rien faire du fond de notre cellule. Voilà pourquoi je vous demande de nous aider pour que nos conditions de détentions soient justes. Merci de m’avoir écouté, j’espère que ma lettre va pouvoir nous aider grâce à vous.
Merci.

Troisième courrier d’une ancienne détenue de la MAF de Seysses :

Bonjour canal sud,

je vous écris pour apporter mon témoignage au sujet des mauvais
traitements dénoncés à la M.A.F. de Seysses. J’ai été incarcérée pendant
quelques mois dans cette prison il y a peu de temps et je ne peux que
confirmer ce que disent les détenues dans leurs courriers.

Durant cette période d’enfermement j’ai assisté et/ou vécu plusieurs
scènes dont je vous fais une liste, non exhaustive, ci-dessous :
- régulièrement et pour des raisons injustifiées les parloirs sont
annulées alors que les familles sont là et à l’heure.
- les surveillantes lisent tout les courriers avant de les distribuer et
divulguent volontairement leurs contenus à qui veut bien les entendre. -
une détenue malade a été privée de nourriture parce que les
surveillantes exigeaient qu’elle se lève elle-même pour prendre le plateau
repas que sa codétenue était prête à lui récupérer pour l’aider. - les
infirmier-es et médecins ne respectent pas le secret médical et divulguent
des informations non nécessaires aux surveillantes.
- une détenue a attendu prés d’un mois avant de pouvoir subir
l’intervention dont elle avait besoin, elle a faillit faire une septicémie
tellement la prison a mis de temps à l’envoyer à l’hôpital.
- alors que les femmes blanches et parlant français sont appelées par leur
nom, les autres sont bien souvent désignées par leur nationalité ou région
d’origine.
- il n’y a aucun moyen de traduction mis en place par l’A.P, qui ainsi
exclut la possibilité aux non francophones d’accéder aux même droits que
les autres.
- après chaque parloir les surveillantes effectuent une fouille totale à
nu automatiquement sur chacune des détenues alors que cela n’est pas
obligatoire. la fouille se fait dans un recoin mais tout le monde peut
voir. C’est une pratique non nécessaire et rabaissante.
- certaines détenues attendent plus d’un mois pour recevoir les repas adaptés a leur régime alimentaire.
- les surveillantes, soit parce qu’elles ont la flemme de faire leur
travail, soit simplement par vengeance, pratiquent la technique de
l’oubli, c’est à dire qu’elle laissent les détenues dans la salle
d’attente parfois pendant des heures (là il n’y a rien, ni toilette, ni
eau, ni occupation)
... et j’en passe...

Ce peut paraître des détails mais lorsqu’on est privée de liberté les
proportions ne sont pas les mêmes. Ce qui est certain c’est que les
surveillantes exercent leur toute puissance sur les détenu-es de manière
arbitraire et font preuve de sadisme, et qu’elle bénéficient de la
complicité de la direction qui les couvre. Je ne suis donc pas surprise
que les problèmes à la M.A.F soient niés en bloc par l’A.P, qui en plus en
profite lâchement pour pleurnicher sur ses conditions de travail. Si je
vous écrit aujourd’hui c’est pour soutenir ces détenues et dans l’espoir
que les média arrêtent de mettre en doute leurs propos.

Vous comprendrez que je ne signe pas de mon nom

Lire ci-dessous carré d’info Toulouse :
http://carredinfo.fr/prison-de-seysses-des-detenues-alertent-sur-les-mauvais-traitements-27224/