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On découvre chaque jour de nouvelles dimensions de l’ordre xénophobe qui prétend s’imposer au “pays
des Droits de l’homme”. Ainsi les dispositions prises contre les “mariages blancs” se révèlent en fait
contre les couples mixtes...

Ainsi, le délire raciste de l’administration voudrait rendre l‘endogamie obligatoire
 !

C’est le groupe Amoureux au ban public, né l’été dernier à Montpellier, qui aura débusqué ce
pot aux roses.

Il y a déjà 150 dossiers à Montpellier – et plus de deux cents à Paris, où la Cimade aura
ouvert à l’automne une section des Amoureux – le plus discètement possible pour éviter un afflux ingérable.
On présente dans ce numéro du QSP quelques uns de ces cas – mais on en trouve beaucoup plus
sur le site des Amoureux au ban public amoureuxauban.net.

Que se passe-t-il ? Il semble que ce soit simple : il y a une limite au racisme contre laquelle tous les idéologues
et tous les politiciens démagogues a priori ne peuvent rien, c’est le métissage – l’amour est sans
frontières. Il se trouve que c’est aussi le mal absolu pour la pensée raciste. Précisèment ce contre quoi
elle prétend se dresser. La société multicurelle et métissée lui apparait comme une monstruosité contre
laquelle tous les moyens sont bons.

Ce pourquoi les législateurs racistes, de Pasqua à Sarkozy en passant
par Hortefeux et Mariani, auront tout fait pour construire la barrière la plus haute possible, dans
l’espoir de la rendre infranchissable pour les amoureux.

Et qu’auront-ils réussi à faire ? Un enfer. Les amoureux, aux premiers jours de leur amour, vivent dans
la crainte et l’humiliation. Ils ont osé transgresser les tabous racistes ? Ils n’ont qu’à payer ! Et, au delà
des politiciens législateurs, il y a l’administration qui exécute les consignes. Les gendarmes qui viennent
chercher les amoureux chez eux, les maires qui demandent s’ils ont des relations sexuelles régulières...

Jadis, il était recommandé par la morale de se présenter vierge au mariage.

C’est le contraire
aujourd’hui pour les couples mixtes. On leur demande des preuves de leur intimité – le monsieur portet-
il des slips ou des caleçons ?! Il faut imaginer ces interrogatoires en mairie où les amoureux se font cuisiner
séparément sur leur intimité, pour vérifier s’ils se recoupent...
Aussi obscène que soit le procédé, on pourrait toujours croire jusque-là qu’il ne s’agisse que de débusquer
les “faux” amoureux qui commettent des mariages “blancs” pour obtenir des papiers – puisque
c’est la seule voie qui reste pour les régularisations. On est détrompé quand on voit que les mairies
“dénoncent” si souvent d’authentiques amoureux à la Préfecture – qui envoie aussitôt la police.

S’agit-il
d’une erreur d’appréciation ?

Bien sûr que non, puisque la police vient chercher le sans-papiers chez
lui… à son domicile conjugal !

C’est, parmi de nombreuses autres, l’histoire de Lætitia et de Mohamed que l’on trouvera plus loin [voir
page 4]. Elle a circulé sur Internet – et, en quelques jours, elle aura ramassé une montagne de signatures.
Finalement Mohamed sera libéré du centre de rétention du Mesnil-Amelot – et le maire procèdera
enfin à la cérémonie de mariage en s’excusant. Allez voir sur le site des “amoureux au ban public” les
petits films qu’on y trouve, où les amoureux racontent leurs histoires, côte à côte, en se tenant par main
– mignons comme au premier jour du bonheur. Écoutez-les dire aussi combien leur bonheur est horriblement
gâché par ces dispositions ignobles.

Mais pourquoi s’arrêter là ? Un internaute aura attiré notre attention sur des subtilités qui passent généralement
inaperçues en dépit de la période électorale : la réforme de la Constitution sur laquelle – à la
demande d’Hortefeux –, est en train de plancher la commission Mazeaud, viserait à “découpler constitutionnellement
le droit au mariage de celui de vivre en France”. Ce pourquoi l’État raciste aurait besoin
de rien de moins que de retoucher le premier article de la Constitution de 1958, celui qui prévoit que la
République française “assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race
ou de religion” [voir page 8].

Parlant d’élections, il serait bienvenu de demander aux candidats aux postes de maires de nos communes
s’ils entendent appliquer les dispositions xénophobes de contrôle des couples mixtes.

Parlant de 1958, il serait bon de se rappeler que depuis un demi-siècle ce pays est affligé par la constitution
la plus anti-démocratique. Il est certainement temps d’en changer.

Pour rétablir la liberté.