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Dans le contexte de révolte dans les
prisons administratives que sont les
centres de rétention, quatre détenus du
centre de Vincennes avaient été mis en
examen pour incendie en début de
semaine.

Trois d’entre eux ont été libérés
entre mardi et mercredi sans poursuites,
mais le quatrième est passé en
comparution immédiate mercredi soir.
La juge a passé la journée à repousser le
dossier qu’elle considérait comme trop
peu fourni.

Elle voulait des preuves de
sa nationalité, voire obtenir un extratit
de casier judiciaire. Derrière son petit
carré, son accent de l’Ouest parisien et ses boucles d’oreille en perles, elle a
donc administré pendant 8 heures des
mois de prisons ferme à toute la misère,
la pauvreté et la révolte que contient
une séance de comparutions immédiates.

Vers 20 heures, elle se penche sur le cas
de Hasni. En France depuis huit jours,
il est arreté gare Montparnasse le jour
de son arrivée, le 21 janvier. Venu
d’Espagne, il est en transit à Paris pour
aller voir son père à Nancy. Il a son billet
dans la poche. Pas de chance, un
contrôle banal, comme on dit, dans une
gare, comme souvent. Direction
Vincennes.

Une semaine plus tard une caméra de
vidéosurveillance, parait il, le voit rentrer
dans une chambre, comme on dit
pour nommer les cellules en CRA, avec
une clope cachée dans sa main.

Quelques minutes plus tard, un feu se
déclenche. La juge revient sur les dépositions
des trois autres retenus qui l’auraient
désigné, chargé, voire même
accusé d’avoir mis le feu volontairement...

évidemment parole de flic ou
de juge on en saura pas plus. Mais la
juge justement est bien tentée de
requalifier et de juger un incendie
volontaire et non un incendie involontaire
tel que c’est prévu. Pour cela elle
s’obstine à dire qu’il est interdit de
fumer dans les prisons administratives.

C’est faux, mais il faudra attendre que
l’avocate le dise et qu’on vérifie dans
les textes....

La proc demande six mois
avec sursis car « cette affaire très simple
aurait pu avoir de graves conséquences
surtout dans une endroit ou beaucoup de
gens vivent et travaillent ».… on appréciera
les deux verbes...

Bref, du début à la fin du procés on
oublie le contexte. L’avocate a choisi
elle aussi de ne pas trop insister dessus...

Comme il est marié en Espagne, qu’il
compte quitter le territoire au plus
vite...la juge décide finalement d’en
finir vite. Trois mois quand même pour
la route... Mais – et c’est la bonne nouvelle
–, pas de retour au centre.


[Source :
Fermeture des centres de rétention]