Nous suivre :



Dossiers :
 
Articles :

Alors qu’ils étaient des dizaines de milliers, encore, en Grèce et en Espagne [voir les vidéos à la fin de l’article] pour protester contre les plans d’austérité et pour demander de vraies démocraties, peu d’« indignés » se sont retrouvés aujourd’hui pour manifester à l’appel de la journée mondiale des indignés du 19 juin (quelques information ici). Selon les sources, ils étaient entre 450 et un millier à manifester depuis la faculté de Jussieu jusqu’au parvis de l’hôtel de ville, où devait ensuite s’organiser un « pique-nique citoyen » puis une assemblée générale. Alors qu’ils sont des dizaines de milliers dans d’autres villes du monde à protester depuis plus d’un mois, et certains diront depuis de nombreux mois si l’on considère que cette « globalrevolution » est issue des révolutions islandaise et arabe, le mouvement semble avoir quelques difficultés à prendre en France et à Paris. Pourtant, il semblait avoir bien commencé le 29 mai quand fut lancé l’appel de la « prise de la Bastille », plus d’un millier d’indignés s’étaient retrouvés sur la place parisienne.

Il faut dire que l’État et la préfecture ne ménagent pas leurs efforts pour museler ce mouvement qui ose demander un peu de démocratie. Cela commença à Paris le 29 mai passé, où, si certains disent que le mouvement des indignés français prend exemple sur celui espagnol, la police aussi prit exemple sur son homologue espagnole. On se souvient de ces images de la place Catalogne à Barcelone, largement relayées sur ce site, où on pouvait voir des indignés pacifiques, assis, se faire abondamment tabasser. Les flics français usèrent eux d’une violence beaucoup plus modérée et calculée pour évacuer la Bastille. Et ce fut la norme qui fut instituée en France : faire taire cet appel à la démocratie, que la société de contrôle n’a aucun intérêt à voire grandir.

En effet, on a pu voir les diverses tentatives d’installer de vraies « acampadas », des campements, à chaque fois déjouées par les policiers. À Paris, à Poitiers, à Montpellier, à Lyon, à Marseille, à Nice, à Perpignan, et dans des dizaines d’autres villes, les autorités semblent avoir choisi la fermeté systématique face à tout espoir de plus de démocratie. Le site Politis, dont nous vous invitons à lire l’article « Indignés » : la « démocratie réelle » dans l’étau policier a recueilli ces témoignages : “Les gendarmes mobiles ont plusieurs fois encerclé les rassemblements, retenant pendant plusieurs heures parfois les participants dans des « gardes à vue collectives ». « La moindre de nos actions est suivie par un nombre impressionnant de gendarmes, raconte Bruno de la commission communication du mouvement parisien. Cela montre que les autorités ont peur de l’ampleur que nous pouvons prendre. C’est une question politique. » « Le gouvernement tente clairement de nous empêcher de grandir », juge aussi Julien de la même commission. « Il maintient une pression pour que les gens s’épuisent, sans toutefois nous réprimer franchement pour éviter que cela ne soulève un mouvement de sympathie », ajoute encore Benjamin qui anime le site internet réelledémocratie.fr.”

Paris aujourd’hui, dimanche 19 juin, n’a pas échappé à la règle. Alors que le parvis de l’hôtel de ville avait été déposé comme lieu légal de l’arrivée de la manifestation parisienne, il était déjà bloqué par un important dispositif policier à l’arrivée du cortège. Se passant le mot, les indignés se sont alors retrouvés devant Notre Dame pour tenir une assemblée générale. Mais là aussi, à peine avaient-ils commencé qu’ils se sont retrouvés encerclés par la police, qui ne les lâche pas d’une semelle. Le parvis de Notre Dame s’est alors transformé en cafouillage géant quand les policiers, dans toute leur finesse, se retrouvèrent à encercler de pauvres touristes qui n’avaient rien demandé à personne, et à donner quelques coups de matraque réglementaires. Cependant, la police n’osant pas chahuter trop la foule en raison de la forte présence touristique, pendant que les participants à l’assemblée générale étaient encerclés, les soutiens et les policiers se livrèrent à un genre de « guerre de position » selon un indigné qui décrit la scène. Une bonne moitié de participants à l’assemblée générale fut arrêté selon nos sources. Les touristes, eux, étaient encore bloqués devant les portes de Notre Dame, certains continuant impassiblement de faire la queue, d’autres, ébahis, prenant des photos.

Après avoir été fouillés devant les cars, une centaine de participants à l’assemblée générale furent donc embarqués dans deux grands cars destinés aux arrestations massives. Comme on peut le voir sur la vidéo ci-dessous, certains furent portés du parvis jusque dans les paniers à salade.
Plus tard, des dizaines de personnes tentèrent d’empêcher les cars de partir, mais ces derniers réussirent à rejoindre les commissariats des XIe et XVIIIe arrondissements. Les indignés arrêtés furent finalement tous relâchés.

Paris s’éveille

Voir la vidéo montrant bien l’arrestation des indignés :

Madrid en direct, les manifestations d’aujourd’hui :

Watch live streaming video from spanishrevolutionsol at livestream.com

Vidéos des manifestations à Madrid aujourd’hui :

En Grèce aujourd’hui :