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Autant de sans-papiers que de forces de l’ordre : vendredi 4
avril, entre cent et deux cents personnes en situation irrégulière,
pour la plupart d’origine africaine, ont occupé de 10h à 13h30 les
locaux de l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) au
105 boulevard Raspail, à Paris. Elles ont été évacuées et escortées
jusqu’à la station de métro Rennes par un nombre équivalent de
policiers et de gendarmes, intervenus à la demande de la direction de
l’établissement.

Parmi les manifestants, des hommes, des femmes et des enfants,
qui espéraient « trouver refuge dans ce lieu de réflexion sur les
questions d’immigration et d’identité »
, selon l’un d’entre eux,
membre de la Coordination 75, qui regroupe des sans-papiers des
11e, 18e et 19e arrondissements de Paris. Ils entendaient aussi
faire entendre leur voix, à la veille de la mobilisation nationale
organisée samedi 5 avril pour protester contre la politique
migratoire du gouvernement.

À la grille de l’école, bouclée, l’un des responsables justifie l’appel aux forces de l’ordre par « le souvenir des dégradations en 2006 lors des manifestations contre le contrat première embauche. On a décidé d’appeler la police tout de suite. »

« Cet amalgame n’est pas justifié », selon Rose-Marie Lagrave,
directrice d’études à l’EHESS, qui faisait cours au moment où le
cortège s’est invité dans les lieux. « Ils sont entrés très calmement,
on les a à peine entendus. Ils n’ont pas cherché à empêcher les
séminaires. Ces sans-papiers risquent gros, ils risquent d’être
expulsés, ce n’était pas le cas des étudiants ou des militants lors
des manifestations anti-CPE. On aurait pu négocier leur sortie sans
faire appel à la police »
, regrette-t-elle.

Plusieurs enseignants, chercheurs et étudiants ont pris
position dans un texte griffonné avant l’évacuation : « Nous exprimons
notre solidarité avec les sans-papiers réfugiés à l’EHESS et notre
refus de les voir expulsés. Nous soutenons l’action des travailleurs
sans papiers réfugiés dans notre institution. »
Signé : Liora Israël,
Rose-Marie Lagrave, Elisabeth Claverie, Bénédicte Zimmermann, Cyril
Lemieux, Luc Boltanski, Juliette Cadiot, Damien de Blic ou encore
Serge Paugam.

Ils se sont donnés rendez-vous à la manifestation de samedi,
lancée à l’appel du collectif Uni(e)s contre une immigration jetable,
du Réseau éducation sans frontières et de collectifs de sans-papiers.
Des universitaires et des chercheurs, parmi lesquels Alain Morice,
Etienne Balibar, Gérard Noiriel et Loïc Wacquant ont fait savoir leur
intention de se joindre à la mobilisation

la brève : appel à la manif du 5.

[Source : mediapart]