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Après la tentative d’expulsion illégale de ce week-end à Montreuil, des nouvelles : « la société IAD a “suspendu” son agent immobilier, la préfecture a ouvert une “enquête administrative” sur l’action de la police ce jour-là, et la maire de Montreuil a pris des “mesures conservatoires” à l’encontre d’Hafid Hafed », informent les squatteurs.

La Préfecture aurait ainsi « ouvert une enquête administrative ». Une telle enquête se devrait de faire la lumière sur les agissements de la police – et sa non-intervention face à une agression caractérisée d’occupants de maison, manifestement illégale, extrêmement brutale de surcroît.

Il y aurait lieu de faire intervenir les « bœufs », ainsi qu’on appelle dans la police l’IGPN, soit la police des polices. La fiche Wikipédia précise toutefois à leur sujet : « L’organisation non gouvernementale Amnesty International estime que, bien que cette direction ait pour mission de “traquer et dénoncer” les dérives de la police nationale, l’IGPN ne remettrait que rarement en cause les comportements illégaux des policiers. Cette administration serait en effet victime de fortes pressions de l’autorité supérieure (ministère de l’Intérieur), qui ferait tout pour que les “bavures” policières soient couvertes. Cela viserait à préserver au mieux l’image de la police. »

De quel « état de droit » peut-il s’agir si une partie de la population échappe par principe à l’obligation de respecter le droit des autres ? Et, au hasard, qu’il s’agisse de ceux-là même supposer faire respecter le droit ?

Le scandale permanent d’une police qui échappe à la police mériterait certes qu’on s’y penche... Mais on comprend ici que les fonctionnaires présents ayant protégé manifestement les pratiques mafieuses de petits voyous de l’immobilier ne sont pas les seuls en cause.

Sait-on assez combien les flics sur le terrain sont tenus, à la minute, par les « ondes » qui les relient constamment au QG de la Préfecture ? À tel point que quoi qu’il arrive en Seine-Saint-Denis impliquant les forces de l’ordre, c’est toujours personnellement le Préfet Lambert qui est en cause.

Et de même pour les autorités municipales de Montreuil, auxquelles on peut faire bien des reproches, mais pas celui de manquer d’attention à tout ce qui se passe sur le territoire de la commune. Leur réseau d’agents innombrables – à commencer par la police, mais sans oublier les relais associatifs multiformes qu’elles entretiennent – font qu’en aucune circonstance la Mairie peut se prétendre innocente de ce types d’agissements, deux jours consécutifs.

Mais y a-t-il un lieu pour interpeller mairie ou préfecture ? Y a-t-il une presse pour s’intéresser à ce genre de problèmes ? Y a-t-il une justice ? Une opinion publique ?

À l’arrivée, on diagnostiquerait une démocratie malade de la base au sommet – un État de droit qui ne serait plus qu’un décor…

Et surtout, une vie politique trop lamentable, où les citoyens n’ont plus la force de demander des comptes.

Paris s’éveille

Vigiles à Montreuil : le point sur le 74, rue des Caillots

Le 74, rue des Caillots à Montreuil est une maison squattée depuis quatre ans. Durant cette période, elle a été vendue et rachetée à plusieurs reprises par des spéculateurs. Le dernier en date, un agent immobilier appelé Hafid Hafed et affilié au réseau IAD, prétend en être devenu propriétaire le vendredi 22 juillet.

Le samedi 23, il fait irruption par surprise dans la maison avec une équipe de gros bras et commence à démolir le compteur électrique et d’autres installations. Le lendemain, dimanche 24 juillet, après une nouvelle pression physique directe sur les habitants sous prétexte de « négociations », il lance une attaque frontale sur la maison avec une vingtaine de mercenaires armés de masses, de barres de fer et de gaz lacrymogène. Trois personnes ont été blessées au cours de cette attaque.

Ces faits appellent, de notre part, les observations suivantes :

1) Le dimanche 24 juillet, nous n’avons pas laissé faire les vigiles et les avons empêché de pénétrer à l’intérieur de la maison. Nous nous opposerons de nouveau dans l’avenir à ce type d’attaque, que ce soit au 74, rue des Caillots ou dans d’autres maisons.

Il y a un enjeu à agir directement contre ce genre de pratiques, qui ne concernent certainement pas que les squatteurs. L’histoire récente est remplie d’exemples où les hommes de main des promoteurs et des marchands de biens s’en prennent à tous ceux qui ne peuvent payer leur loyer ou rembourser leur crédit, ou encore à ceux qui ont le malheur de gêner des projets immobiliers en refusant de quitter leur logement volontairement.

2) Le dimanche 24, la police, appelée par le voisinage, s’est employée à protéger les vigiles qui ont pu continuer à pénétrer dans le jardin tandis que les personnes soutenant les squatteurs étaient repoussées par la BAC. La collusion avec la police de Montreuil est avérée, et bien visible sur les images filmées par des voisins et diffusées sur Internet par leurs soins. Jamais un petit agent immobilier comme Hafid Hafed n’aurait osé lancer une attaque armée en plein jour, un dimanche après-midi, s’il n’avait pensé pouvoir compter sur la bienveillance du commissariat local. Ce n’est pas parce que la police est arrivée que les vigiles ne se sont pas emparés de la maison, mais parce que nous étions déterminés à rester.

3) Parmi les personnes venues soutenir les squatteurs de la rue des Caillots se trouvaient des habitants d’une maison occupée, située rue des Sorins et actuellement menacée d’expulsion. A la suite de cette démonstration de solidarité active, les flics ont multiplié le harcèlement sur les habitants de cette maison, pénétrant dans la cour de l’immeuble et arrêtant cinq personnes sans papiers. Trois sont actuellement en centre de rétention. Rue des Caillots comme rue des Sorins, la pression sur les squatteurs, qu’elle soit légale par les flics ou extra-légale par les vigiles armés, poursuit le même objectif : faire fuir les indésirables pour maximiser les profits.

4) Ces actions concomitantes des vigiles et des flics contre les squats ont eut lieu dans une ville, Montreuil, qui est le siège d’enjeux urbanistiques majeurs (prolongements des lignes de transports, écoquartiers, etc.) L’opposition à ces projets, qui se développe rapidement (comme par exemple aux Roches) commence à gêner beaucoup d’intérêts. L’enjeu dépasse donc de beaucoup la seule question de l’occupation des maisons vides : il s’agit de se débarrasser de tout ce qui peut gêner ou entraver l’action des promoteurs et des spéculateurs.

5) Maintenant que l’opération a échoué, les différentes autorités cherchent à se dédouaner : la société IAD a « suspendu » son agent immobilier, la préfecture a ouvert une « enquête administrative » sur l’action de la police ce jour-là, et la maire de Montreuil a pris des « mesures conservatoires » à l’encontre d’Hafid Hafed. Ne nous y trompons pas : dans ce genre d’histoire, les puissants gagnent toujours. Soit le coup de force réussit, et on est débarrassé à bon compte des indésirables. Soit il échoue, et la faute en retombe sur les exécutants. Ceux qui ont cru qu’en écrasant plus faibles qu’eux ils pourraient jouer dans la cour des grands, comme cet Hafid Hafed, sont alors lâchés comme des merdes par leurs anciens protecteurs. Dans les méandres tortueuses de la vie politique locale, nous ignorons qui, exactement, soutenait Hafid Hafed : et d’ailleurs nous nous en foutons. Le résultat est de toute façon le même.

6) C’est un système tout entier qui s’en prend aux pauvres en général : c’est un système tout entier que nous entendons combattre.

Le collectif de défense du 74, rue des Caillots.

1er communiqué

la maison qui pue

dimanche après midi, un groupe de vingt mercenaires armés de gaz et de barre de fer ont violemment attaqué les habitants de la « maison qui pue », rue caillot, à Montreuil. Ils étaient déjà venu la veille saccager le mobilier et menacer les trois personnes présentes.

Sans une résistance improvisée, c’est sans doute bien plus de trois personnes qui auraient été blessées dans le but (non atteint) d’évacuer cette maison, occupée depuis plus de quatre ans.

Ces hommes sont payé par Hafid Hafed, affilié à l’entreprise IAD, qui rachète à bas prix des logements habités pour les revendre vide sur le florissant marché du 93.

Nous avons résisté et nous résisterons, pour ne pas laisser se généraliser ces pratiques, susceptible de réduire en quelques instants à la misère et au silence tous ceux qui, quelles qu’en soient les raisons, n’ont pas les moyens de payer un loyer.

« Investir dans la pierre » en cassant du pauvre n’est pas une pratique nouvelle. Laisser place nette pour installer dans des centres villes calmes et propres une population qui rapporte sert en effet des intérêts puissants. Ceux des investisseurs immobiliers mais aussi politiques qui ont tout à gagner de la boboisation de Montreuil et d’ailleurs, et ce quel qu’en soit le prix humain.

Chasser la misère dans d’autres rues lointaines, cela permet d’obtenir la paix sociale, au profit de ceux qui en ont les moyens. La police ne sera jamais là pour défendre d’autres buts que ceux de ces rapaces.

Elle l’a bien prouvé par son attitude d’hier : elle n’a bougé le petit doigt que pour tenter d’arrêter certains des attaqués. Cinq sans-papiers de la rue des Sorins venus porter main forte ont été arrêtés.

Un a été relâché, les quatre autres passaient devant le juge, à Bobigny dans la soirée.

C’est donc à nous d’organiser la résistance, pour ne pas nous laisser voler, air ébahi et bras ballants, nos quartiers et nos vies.

SOLIDARITÉ AVEC LA KIPU !

des occupants


2e communiqué

Tentative d’expulsion illégale encadrée pas la police de Montreuil :

ICI ON L’APPELLE LA « MAISON QUI PUE »

C’est une maison occupée depuis fin 2007. Depuis le début, personne ne l’a réclamée, pas de procédure judiciaire.

Nous avons été surpris lorsque samedi 23 et dimanche 24 juillet, des groupes armés de barres de fer, masses, … , hyperviolents, ont attaqué la maison et ses habitants.

Ils sont menés par Hafid Hafed et Medhi Ibanez, agents immobiliers dans le groupe IAD, qui disent avoir racheté cette maison et veulent l’expulser sans passer par les voies légales. Ils ont cassé portes, fenêtres, électricité, portail, clôture, menacé les habitants de mort, blessé trois personnes, …

À chacun de leur passage, la police les a bien vu donner l’assaut contre la maison mais n’est jamais intervenue.

Nous ne partirons pas comme ça de cette maison. Nous allons nous défendre contre ces attaques : de nombreux soutiens ont permis que les assaillants ne rentrent pas dans la maison dimanche, les voisins solidaires aident notamment en diffusant l’information.

Si nous défendons cette maison, c’est aussi pour que ces pratiques cessent.

LA VILLE N’EST PAS AUX SPÉCULATEURS

ELLE EST A CEUX QUI L’HABITENT