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Le Guardian rapporte que « le porte-avions français Le Charles-de-Gaulle aurait décidé de ne pas secourir un navire de migrants à la dérive au large de la Libye ». Il précise que « sur 72 personnes à bord, 61 sont mortes, faute d’assistance ». Parmi lesquelles, des femmes et des enfants. « Malgré les alertes des garde-côtes italiens et les contacts du bateau avec au moins un navire militaire de l’OTAN et un hélicoptère, aucun sauvetage n’a été tenté », ajoute le journal anglais. « Un hélicoptère serait venu dans la foulée survoler le bateau et aurait lancé des bouteilles d’eau et des paquets de biscuits. »

Le ministre répond que c’est complètement impossible, le Charles de Gaulle n’ayant jamais approché des côtes libyennes à moins de 180 kilomètres, alors que ce drame se serait produit à 110 km des côtes. Il ajoute que de nombreux journalistes à bord n’auraient pas manqué de rapporter des faits « aussi graves » s’ils s’étaient produits.

Il faudrait donc ouvrir une commission d’enquête pour savoir ce qui s’est passé. Restait-il effectivement des journalistes à bord ce jour-là ? Qui étaient-ils ? N’ont-ils réellement rien vu ou bien auront-ils omis d’en parler ? C’est qu’il y a journaliste et journaliste. Parmi ceux potentiellement accrédités pour une telle excursion, on peut craindre qu’il y ait eu surtout des propagandistes stipendiés de l’armée.

L’information donnée par The Guardian est bien trop détaillée pour être aussi facilement écartée. Un deuxième député en aura fait état, dans une deuxième question écrite, à laquelle le ministre a répondu une deuxième fois.

On y apprend qu’après « avoir commencé à dériver, le 29 ou 30 mars l’embarcation serait passée à proximité d’un porte-avions, “si proche, disent les rescapés, qu’il était impossible de la rater”. » Et c’est « après enquête », que « le journal anglais affirme que c’était Le Charles-de-Gaulle ». Le Guardian rapporte que « selon les survivants, deux avions ont alors décollé du navire et volé lentement au-dessus du bateau tandis que les migrants se tenaient sur le pont, tenant à bout de bras les bébés affamés. Mais aucune aide n’est venue. Incapable de s’approcher plus près du porte-avions, l’embarcation a continué à dériver. À court de vivres, de carburant et sans possibilité d’appeler à l’aide, ils ont commencé à mourir un par un de soif et de faim ».

Notons que le plus souvent les ministres omettent de répondre aux questions gênantes. Le fait que li ministre de la défense ait au contraire tenu à répondre est certes louable, même s’il se sera contenté de recopier sa réponse la deuxième fois. Encore faut-il que ses déclarations soient vérifiées pour qu’il s’agisse d’autre chose que d’un démenti officiel, pour répondre à une accusation extrêmement grave – et non moins plausible – d’infraction au droit maritime, de manifeste non assistance à personnes en danger, et de crime raciste tel qu’il s’en produit à répétition dans le contexte des actuelles migrations de harragas en Méditerranée.

13e législature

Question N° 109764 de M. Christian Eckert (Socialiste, radical, citoyen et divers gauche - Meurthe-et-Moselle)

Question écrite

Ministère interrogé > Défense et anciens combattants Ministère attributaire > Défense et anciens combattants

Rubrique > défense Tête d’analyse > marine

Analyse > groupe aéronaval. missions

Question publiée au JO le : 31/05/2011 page : 5649 • Réponse publiée au JO le : 09/08/2011 page : 8578

Texte de la question

M. Christian Eckert attire l’attention de M. le ministre de la défense et des anciens combattants sur les affirmations d’un grand quotidien britannique selon lequel le porte-avions français Le Charles-de-Gaulle aurait décidé de ne pas secourir un navire de migrants à la dérive au large de la Libye. Sur 72 personnes à bord, 61 sont mortes, faute d’assistance. Parmi eux, des femmes et des enfants. Selon le journal anglais, « malgré les alertes des garde-côtes italiens et les contacts du bateau avec au moins un navire militaire de l’OTAN et un hélicoptère, aucun sauvetage n’a été tenté ». Un hélicoptère serait venu dans la foulée survoler le bateau et aurait lancé des bouteilles d’eau et des paquets de biscuits. Il lui demande si le bâtiment français a été appelé au secours par ces migrants et s’il a refusé de les prendre en charge.

Texte de la réponse

Lorsqu’un bâtiment de la marine nationale en opération croise la route ou réceptionne l’appel d’un bateau en détresse, il prête naturellement et immédiatement assistance à ses occupants, conformément au droit international maritime, et plus précisément à la convention internationale pour la sauvegarde de la vie humaine en mer (convention SOLAS). En 2010, la marine nationale a ainsi intercepté une quarantaine d’embarcations d’émigrants, porté dans ce cadre assistance à près de 800 personnes, et organisé le sauvetage en mer de plus de 400 autres. S’agissant des faits évoqués par le journal The Guardian, il convient de préciser que ni le porte-avions Charles-de-Gaulle, ni aucun autre élément du groupe aéronaval n’a été en contact avec un bateau de migrants entre le 25 mars et le 10 avril 2011. Le quotidien britannique indique à cet égard que l’embarcation dont il relate le parcours se trouvait à une distance d’environ 110 kilomètres de Tripoli lors de sa rencontre avec un porte-avions, alors que le Charles-de-Gaulle ne s’est jamais situé à moins de 180 kilomètres des côtes libyennes. Au cours de la période considérée, le seul contact entre un navire de la marine nationale et un bateau d’émigrés libyens a eu lieu le 28 mars 2011, près des côtes maltaises, à plus de 350 kilomètres de Tripoli. Le bâtiment français concerné, le pétrolier-ravitailleur Meuse, faisant route vers Toulon, a aussitôt signalé aux autorités maltaises la position de cette embarcation, qui évoluait sans apparente difficulté. Le porte-avions Charles-de-Gaulle a par ailleurs accueilli 38 journalistes à son bord entre le 20 mars 2011, date de son appareillage pour rejoindre sa zone d’opération en Libye et le 10 mai 2011, date de son escale en Crète. Des faits aussi graves que ceux mentionnés par The Guardian n’auraient en conséquence pas manqué d’être rapportés par d’autres médias, s’ils s’étaient produits.

Une deuxième question sur le même sujet aura été posée :

Question N° 108431 de M. Hervé Féron (Socialiste, radical, citoyen et divers gauche - Meurthe-et-Moselle)

Question publiée au JO le : 17/05/2011 page : 4941 • Réponse publiée au JO le : 09/08/2011 page : 8578

Texte de la question

M. Hervé Féron attire l’attention de M. le ministre de la défense et des anciens combattants sur les affirmations d’un grand quotidien britannique selon lequel le porte-avions français Le Charles-de-Gaulle aurait décidé de ne pas secourir un navire de migrants à la dérive au large de la Libye. Sur 72 personnes à bord, 61 sont mortes, faute d’assistance. Parmi eux, des femmes et des enfants. Selon le journal anglais, après avoir commencé à dériver, le 29 ou 30 mars l’embarcation serait passée à proximité d’un porte-avions, « si proche, disent les rescapés, qu’il était impossible de la rater ». Après enquête, le journal anglais affirme que c’était Le Charles-de-Gaulle. « Selon les survivants, deux avions ont alors décollé du navire et volé lentement au-dessus du bateau tandis que les migrants se tenaient sur le pont, tenant à bout de bras les bébés affamés. Mais aucune aide n’est venue. Incapable de s’approcher plus près du porte-avions, l’embarcation a continué à dériver. À court de vivres, de carburant et sans possibilité d’appeler à l’aide, ils ont commencé à mourir un par un de soif et de faim ». Au regard de ces terribles accusations, il lui demande si le bâtiment en question était bien le Charles-de-Gaulle.

Texte de la réponse

Lorsqu’un bâtiment de la marine nationale en opération croise la route ou réceptionne l’appel d’un bateau en détresse, il prête naturellement et immédiatement assistance à ses occupants, conformément au droit international maritime, et plus précisément à la convention internationale pour la sauvegarde de la vie humaine en mer (convention SOLAS). En 2010, la marine nationale a ainsi intercepté une quarantaine d’embarcations d’émigrants, porté dans ce cadre assistance à près de 800 personnes, et organisé le sauvetage en mer de plus de 400 autres. S’agissant des faits évoqués par le journal The Guardian, il convient de préciser que ni le porte-avions Charles-de-Gaulle, ni aucun autre élément du groupe aéronaval n’a été en contact avec un bateau de migrants entre le 25 mars et le 10 avril 2011. Le quotidien britannique indique à cet égard que l’embarcation dont il relate le parcours se trouvait à une distance d’environ 110 kilomètres de Tripoli lors de sa rencontre avec un porte-avions, alors que le Charles-de-Gaulle ne s’est jamais situé à moins de 180 kilomètres des côtes libyennes. Au cours de la période considérée, le seul contact entre un navire de la marine nationale et un bateau d’émigrés libyens a eu lieu le 28 mars 2011, près des côtes maltaises, à plus de 350 kilomètres de Tripoli. Le bâtiment français concerné, le pétrolier-ravitailleur Meuse, faisant route vers Toulon, a aussitôt signalé aux autorités maltaises la position de cette embarcation, qui évoluait sans apparente difficulté. Le porte-avions Charles-de-Gaulle a par ailleurs accueilli 38 journalistes à son bord entre le 20 mars 2011, date de son appareillage pour rejoindre sa zone d’opération en Libye et le 10 mai 2011, date de son escale en Crète. Des faits aussi graves que ceux mentionnés par The Guardian n’auraient en conséquence pas manqué d’être rapportés par d’autres médias, s’ils s’étaient produits.

[Source : assemblée nationale]