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Le 2 novembre, 125 sans papiers de Lille se sont mis en grève de la faim, demandant leur régularisation et celle de leurs camarades. Au fond, ils ne demandent depuis des années que l’application des accords Delarue, obtenus… sous Raffarin…, qui prévoyaient une rencontre mensuelle entre préfecture et collectifs de sans-papiers qui présenteraient leurs dossiers en ayant la possibilité de les « argumenter ».

Un tel laxisme, voilà qui provoquerait immanquablement un puissant « appel d’air », par-dessus la Méditerranée, le Sahara, l’Atlantique, l’Océan indien et le désert de Gobi… – on comprend que Lille craingne de ne pouvoir accueillir tous les migrants du monde. Des fonctionnaires de l’illustre métropole du nord accepteraient d’écouter une fois par mois les arguments des sans-papiers en faveur de leur régularisation dans le cadre des lois horrifiques de la République française, et le tam tam se répercuterait jusqu’au fond de la jungle si fort qu’on pourrait craindre de réveiller les lions. Tous les chantiers d’Asie seraient aussitôt désertés, et des millions d’hommes et de femmes traverseraient la planète aussitôt pour accourir dans les bras d’une administration française si manifestement accueillante.

Non, le message de la République est tout autre, maintenu intact de Hortefeux à Valls : ici, on laisse les sans-papiers crever plutôt que de s’abaisser à les écouter. Une centaine de personnes en grève de la faim depuis plus de quarante cinq jours, c’est trop pour faire nouvelle. Disons plutôt que c’est une habitude prise, par les médias nationaux, d’ignorer le mouvement de sans-papiers de Lille, trop actif, mauvais exemple.

Habitude prise sous Sarkozy. Se souvient-on qu’une quarantaine de sans-papiers avaient mené une grève de la faim de plus de 70 jours, à l’été 2007, pour l’application de ces mêmes accords Delarue, arrachés de haute lutte, en 2004, déjà après une série de grèves de la faim ? C’était les débuts du règne sarkozyste. Le nouveau président s’appuyait alors sur un nouveau Préfet, Daniel Canepa – promu depuis préfet de la région île de France –, qui avait d’abord promis l’expulsion aux grévistes de la faim, mais avait finalement dû plier. Déjà à l’époque, la presse s’était largement désintéressée de l’affaire.

Aujourd’hui, victoire : la Préfecture annonce qu’elle recevra mercredi une délégation de sans-papiers… Elle pourrait commencer par s’excuser du mauvais fonctionnement des services publics qui ont si mal traité les grévistes de la faim – allant jusqu’à les refuser des hôpitaux au-delà du 40e jour de jeûne...

Paris s’éveille

Sortie de crise pour les sans-papiers en grève de la faim ?

8/12/2012

Le comité des sans-papiers (CSP 59) va être reçu ce mercredi par la préfecture du Nord. L’occasion d’une sortie de crise après l’occupation de l’église réformée de Fives et d’une grève de la faim de 45 jours.

Le Comité des sans-papiers (CSP 59) sera reçu demain en début d’après-midi en préfecture, en présence de la Ligue des droits de l’homme. Le but : trouver une issue à la grève de la faim débutée il y a quarante-cinq jours dans le Nord par une centaine de sans-papiers.

Fervent militant de la régularisation massive, le collectif accepte dorénavant une étude au cas par cas : « Nous sommes en accord avec les principes définis par la circulaire du 28 novembre 2012 du ministre de l’Intérieur », confirme Roland Diagne, porte-parole du CSP 59.

Exclu en 2007 de la commission chargée d’étudier les dossiers de régularisation après une grève de la faim de dix semaines, le CSP 59 espère pouvoir réintégrer ces rendez-vous mensuels : « Toutes nos actions et occupations ont pour but d’obtenir le droit à la défense argumentée de chaque dossier, comme c’était le cas auparavant », ajoute Roland Diagne.

De son côté, après une première rencontre, le 6 décembre, avec le collectif, la préfecture a fait un geste en acceptant d’examiner une liste de 147 personnes, dont une grande majorité en grève de la faim, transmise par le CSP 59. Reste à savoir si elle acceptera le retour du collectif en tant qu’observateur régulier.-

[Source : métro]

« Le préfet veut-il ma mort ? »

14 décembre 2012

Ils sont toujours plus d’une centaine à poursuivre la lutte. Éparpillés aux quatre coins de la région depuis leur évacuation de l’Église réformée de Fives, les sans-papiers grévistes de la faim continuent leur bras de fer avec la préfecture... Alors que certain-es dépassent aujourd’hui leur quarante-troisième jour de jeûne.

Valenciennes, Dunkerque, Saint-Omer, Lens, Douai, Maubeuge, Calais, Fourmies... Depuis l’intervention de la police et du GIPN pour évacuer les sans-papiers du temple de Lille-Fives [1], les grévistes de la faim se sont dispersé-es dans les hôpitaux de la région. Au regard de leur état de santé, ils demandent à être hospitalisé-es. À défaut, certain-es sont placé-es en centre d’hébergement d’urgence ou dans des hôtels « sociaux » (parfois réquisitionnés par la préfecture, les mairies ou payées par les associations locales). Entre les mains du préfet, ils attendent que celui-ci prenne enfin ses responsabilités.

La bataille des hôpitaux

Cette situation d’éclatement géographique est la conséquence du refus du CHR de Lille d’hospitaliser durablement les grévistes de la faim. Aux services d’urgence de l’hôpital Salengro ou de l’hôpital Saint-Vincent, les mêmes scènes se répètent chaque jour : si les grévistes ne sont pas admis ils sont jetés dehors. Épuisé-es, ils se retrouvent parfois même à passer la nuit sur le trottoir, par -4°c. Pour eux et leurs soutiens, il faut alors bricoler de quoi affronter ce mois de décembre glacial, en attendant de se faire réadmettre. Ce mardi 11 décembre par exemple, ils sont expulsés à 8h30 de l’hôpital Salengro avant d’être rabattus de force vers la station de métro Calmette par le service de sécurité de l’hôpital. Ils y seront cueillis en milieu de journée par la police nationale qui les amène au commissariat central. Quelques heures plus tard, on apprend que l’un d’entre eux (sans doute choisi à cause de son fort caractère) a été transféré vers le Centre de rétention de Lesquin et qu’il risque l’expulsion.

Si tous les grévistes éparpillés dans la région ne semblent pas tou-tes exposé-es aux mêmes genres de traitements, les jours passent et les témoignages édifiants se multiplient. À l’hôpital Salengro de Lille, un médecin demande à un gréviste pourquoi « il ne se suicide pas ». À Hazebrouck, un gréviste perfusé de force se retrouve le bras couvert de sang après que l’infirmier lui ai retiré sans ménagement l’intraveineuse...

Mensonge et indifférence

Le Comité des Sans-Papiers dénonce les effets pervers de cette situation de dispersion qui a pour effet « d’invisibiliser la grève de la faim en traitant les sans-papiers non pas comme des grévistes de la faim nécessitant une surveillance médicale, mais comme des SDF avec difficultés sociales […] Le message implicite : la grève de la faim n’existe pas » [2]. Au vue de la couverture médiatique, on ne peut pas réellement lui donner tort. Alors, que le dernier sujet proposé par France 3 Nord-Pas-de-Calais (et remontant déjà au 6 décembre) titre sans honte : « les sans-papiers grévistes de la faim ont tenté d’envahir le service des urgences », Grand Lille TV de son côté, déclare ce mercredi 12 décembre que « Les grévistes squattent les trottoirs de l’hôpital Saint-Vincent ». On se demande si c’est la préfecture qui donne des ordres ou si ce sont les journalistes qui se comportent eux-même comme de vulgaires flics.

Faut-il mourir pour avoir des papiers ?

En attendant que les journalistes fassent réellement leur boulot, les grévistes écopent et les organismes trinquent. Certain-es vomissent du sang, d’autres sont contraint-es d’arrêter la lutte pour ménager leurs reins. Pour les autres, la détermination demeure, mais les risques d’accident se font de plus en plus importants. Le préfet, dans sa grande mansuétude, promet de recevoir le CSP dans cinq jours (cinq jours !) pour étudier la liste des grévistes. En attendant, sa stratégie d’intimidation se poursuit par -4°c dehors et jusque dans les centres de rétention : dans la matinée de ce jeudi 13 décembre, deux autres grévistes étaient embarqués par la police devant le CHR Calmette. L’un d’eux, placé en centre de rétention, s’y trouve toujours (tandis qu’un autre a été libéré par le tribunal administratif ce vendredi).

Le préfet, seul responsable de cette situation dangereuse qui dure déjà depuis trop longtemps, fait payer aux grévistes le prix de sa surdité ; mais les sans-papiers ont manifesté – et manifestent encore –, les sans-papiers ont occupé – et occuperont encore. Ils poursuivront leur grève de la faim, mobilisés avec leur soutien, pour la régularisation.

[Source : labrique.net]

Quand un élu de la République vient contrer l’arbitraire préfectoral et faire vivre l’égalité et la justice !

Mardi 11 décembre matin, les 10 grévistes de la faim accueillis aux urgences du CHR de Lille tard dans la soirée de lundi , sont sortis par le service de sécurité du CHR et amenés dans le hall de la station de métro « Calmette ».

A la demande de Transpole, les services de police et de la PAF les emmènent au commissariat central pour, dans un premier temps, un contrôle d’identité.

A l’issu de ce contrôle, le traitement des situations de ces 10 grévistes de la faim alors au 41e jour de grève de la faim, connaîtra l’arbitraire le plus total.

Huit d’entre eux seront jetés à la rue après s’être vus notifiés des Procès Verbaux et une amende de 132€ (l’un d’entre se verra également notifié un OQTF). Un gréviste de la faim sera envoyé vers un CHRS de Roubaix après avoir été, selon ses propos, malmené par les policiers et le dernier sera transféré au CRA de Lesquin.

L’état de santé de M.F est inquiétant, deux jours plus tôt lors du dernier contrôle connu au CH de Douai, il était en hypoglycémie avancée et présentait un état général dégradé (douleurs musculaires, douleurs aux reins). Il a perdu 14kg.

Lors de son arrivée au CRA, il demandera vainement un suivi médical qui ne sera effectif que le lendemain matin par l’infirmier du CRA.

Après avoir rencontré l’Ordre de Malte, association assurant une permanence à l’intérieur du Centre de Rétention de Lesquin, M.F apprend qu’il ne peut bénéficier d’une demande d’asile car il est sous le coup des « accords Dublin » et que son expulsion vers l’Espagne peut être rapide.

Manifestement le traitement singulier de la situation de M.F témoigne d’une volonté préfectorale de faire de ce cas particulier une victime, un otage, un outil de pression pour casser la détermination des grévistes de la faim à faire valoir leur soif de justice.
Tard dans la soirée de mercredi, M.F aura vent de la confirmation de sa réadmission en Espagne et donc de son expulsion imminente.

Contacté par le Comité des Sans Papiers très tard dans la soirée, Jean-Jacques Candelier député maire du Douaisis, bénéficiant au titre de son statut de parlementaire d’un droit de visite à tout moment dans les centres de rétention, accepte au nom de l’égalité et des valeurs de la République Française de rendre visite à M.F et de répondre à sa demande d’hospitalisation compte tenu de son état de santé lié à sa grève de la faim.

J. J Candelier entre aux alentours de 1h du matin au CRA de Lesquin, où il est reçu par le Capitaine du Centre, sa demande d’hospitalisation de M.F compte tenu de son état de santé et de son extrême faiblesse physique, sera entendue. M.F sera accompagné par ambulance escortée par les services de la PAF aux urgences du CHR de Lille dans la nuit .

Ce jeudi 13 décembre dans la matinée M.F quitte les urgences du CHR de Lille pour se voir transféré dans une unité psychiatrique de l’EPSM Métropole à Tourcoing toujours sous surveillance de la PAF.

M.F poursuit sa grève de la faim, déterminé dans sa soif de justice et malgré l’acharnement préfectoral dont il fait l’objet.

En fin d’après-midi il s’est vu remettre au centre de psychiatrie une convocation au Tribunal administratif de Lille à 8h30 ce vendredi 14 décembre.

Le CSP59 remercie chaleureusement J.J Candelier pour son soutien et sa mobilisation au service des valeurs républicaines en soutien à la juste lutte des Sans Papiers.

EXIGEONS LA PRISE EN COMPTE DES REVENDICATIONS DES GRÉVISTES DE LA FAIM !!!

Ce vendredi 14/12 le TA de Lille vient de libérer M.F : une nouvelle victoire !

SOYONS TOUS MOBILISES DEMAIN SAMEDI 15H Place de la République

pour soutenir les revendications des grévistes.

[Source : CSP59]

La préfecture invisibilise les grèvistes dans des centres d’hébergement pour SDF, les fait chasser des hôpitaux, et prend l’un d’eux en otage au CRA de Lesquin

SAMEDI 15 DECEMBRE A 15H PLACE DE LA REPUBLIQUE AU 46éme JOUR : GRANDE MANIFESTATION DE SOLIDAIRTE AVEC LES GREVISTES DE LA FAIM SANS PAPIERS !

SAMEDI 22 DECEMBRE A 15H PLAC E DE LA REPUBLIQUE AU 53éme JOUR : GRANDE MANIFESTATION DE SOLIDARITE AVEC LES GREVISTES DE LA FAIM SANS PAPIERS !

Tous les jours à 18h rassemblement Place de la République pour organiser le soutien aux grévistes de la faim

Dès l’évacuation du temple de l’église réformée, les grévistes de la faim sont éparpillés dans les structures d’hébergement « Grand Froid » pour la majorité et dans les hôpitaux pour la minorité qui est systématiquement jeté ensuite aux portes des urgences comme c’est le cas des sept grévistes qui ont passé la nuit d’hier par moins 4, à terre devant l’hôpital Saint Vincent. Le message implicite : la grève de la faim n’existe pas, c’est une invention machiavélique du CSP59.

Les témoignages sont nombreux signalant que certains grévistes vomissent de la bile et du sang, qu’après avoir difficilement obtenu une ambulance, les grévistes sont emmenés dans les hôpitaux où ils sont confrontés à un chantage d’examens en contrepartie d’une perfusion. Si ils refusent la perfusion, ils se voient délivrer de facto un bon de sortie et jetés à la rue avec des données du genre « grippe ».

Certains foyers d’hébergement ont sollicité auprès des sous préfecture une antenne médicale, ils se sont vu refuser cette demande. Les inquiétudes liées à la santé de plus en plus dégradée des grévistes de la faim sans papiers s’expriment sur la situation dans laquelle les structures d’hébergement sont ainsi mises du fait de la stratégie préfectorale qui consiste à invisibiliser la grève de la faim en traitant les Sans Papiers non pas comme des grévistes de la faim nécessitant une surveillance médicale à 42e jour aujourd’hui de grève de la faim, mais comme des SDF avec difficultés sociales (voir le certificat joint en PJ).

Dans des hôpitaux dans lesquels les grévistes ont été orientés les certificats sont truffés d’erreur. Un des grévistes est signalé comme pesant 99kg alors que pesé dans le centre d’hébergement où il est arrivé quelques heurs plus tard à sa sortie d’hôpital, il pèse 62kg !!!

Plusieurs grévistes de la faim présentent à ce jour des glycémies inquiétantes, malgré cela ils sont mis dehors des hôpitaux et jetés à la rue alors que leur état de santé nécessite une surveillance médicale (voir les documents joints) !!!

Quelle est la stratégie de la Préfecture ? Ignore t- elle qu’une grève de la faim peut entraîner des séquelles pour la vie des grévistes ? Est-elle en train de jouer avec la vie de ces hommes et de ces femmes qui ne demandent qu’une seule chose : le droit de pouvoir vivre dignement dans ce pays.

Alors que suite à la rencontre en Préfecture du 07/12 le CSP59 accompagné de la LDH, du MRAP, du GRIAM et du Collectif Afrique, il a été convenu que la liste portée par la grève de faim serait déposée en Préfecture ce lundi 10/12/12, les pressions auprès des grévistes de la faim ne cessent d’augmenter (l’un est détenu au CRA de Lesquin et d’autres ont passé la nuit et sont toujours devant l’hôpital Saint Vincent), la Préfecture et le ministre de l’intérieur poursuivent leur acharnement et refusent d’entendre la juste revendication des Sans Papiers en grève de la faim.

Il est effroyable de constater que dans le pays historiquement berceau des droits de l’homme l’hôpital est transformé en officine d’exécution des décisions de la préfecture.

L’Etat déclare son plan « grand froid », mais fait jeter à la porte des hôpitaux dans le grand froid à terre des humains parce que nés quelque part ailleurs à plus de 42 jours de grève de la faim. Le Ministre de l’intérieur M. VALS et le Préfet punissent ces hommes, ces femmes et ces familles QUI OSENT EXIGER D’EUX LA FIN VERITABLE DE L’ERE SARKOZY ET D’UNE POLITIQUE QUI FAIT D’EUX, D’ELLES LES ETERNELS OTAGES ELECTORALISTES DU LEPENISME FASCISTE.

Le CSP59 appelle les élus REPUBLICAINS, les DEMOCRATES du monde de la CULTURE, des ARTS, de la MUSIQUE, du CINEMA, du SPORT, les SYNDICALISTES, les responsables ASSOCIATIFS, les AUTORITES RELIGIEUSES DE TOUTES LES CONFESSIONS à EXIGER que s’arrête LA REPRESSION INHUMAINE SUBIE PAR LES GREVISTES DE LA FAIM.

[Source : CSP59]

Rafle barbare de grévistes de la faim, un gréviste incarcéré au centre de rétention de Lesquin !

Le 64e anniversaire de la déclaration universelle des Droits de l’Homme, notamment rédigée par Stéphane Hessel, est célébrée par le Préfet Dominique BUR qui vient de kidnapper et prendre en otage un gréviste de la faim, qui vient d’être placé au centre de rétention de Lesquin.

Au 41e jour les grévistes de la faim sont jetés à terre par les autorités hospitalières puis mis en garde à vue avant d’être à nouveaux rejetés à terre devant le commissariat central de Lille dans le pays théoriquement berceau des Droits de l’Homme.

Le CSP59 demande aux élu-e-s de la République à aller rendre visite le gréviste de la faim incarcéré au centre de rétention de Lesquin et à venir voir les grévistes de la faim jetés à la rue devant le commissariat de Lille.

Le CSP59 exige la libération du détenu/otage du préfet et la ré hospitalisation de tous les grévistes de la faim à la rue.

[Source : CSP59]

La préfecture s’acharne sur les sans papiers grévistes de la faim !

Hier soir, dans la nuit du 10 au 11 décembre, 10 sans papiers au 40e jour de leur grève de la faim ont été jetés à terre devant les urgences de l’hôpital Salengro. Les responsables de l’hôpital ont menti en déclarant que ce sont les grévistes qui ne voulaient pas rester à l’hôpital. La mobilisation des sans papiers, des soutiens, et la détermination des grévistes de la faim a conduit les autorités hospitalières à les ramener à l’intérieur.

Dès ce matin, 8h30, les grévistes de la faim sont expulsés à nouveau de l’hôpital et jetés à terre devant les urgences. Vers 9h le service de sécurité de l’hôpital est utilisé pour les repousser vers le métro Calmette. Une fois au métro Calmette, la police nationale les arrête et les conduit au commissariat central de Lille pour les placer en garde à vue. A partir de 16h30, au fur et à mesure, ils sont relâchés et jetés à terre devant le commissariat. Un d’entre eux a été gardé. Celui-ci, gardé, a déclaré la veille à l’hôpital, et cela figure dans son bulletin de sortie de l’hôpital : « le Préfet veut ma mort ».

L’un des grévistes de la faim, celui qui a passé quatre jours dans le hall de l’hôpital Saint Vincent, et qui avait été perfusé de force après avoir été attaché, a été envoyé dans un foyer à Roubaix.

Les huit sans papiers sont ce soir devant le commissariat central de lille avec des soutiens et font face à la police.

Le CSP59 demande la libération de celui arrêté et toujours maintenu en garde à vue et la ré hospitalisation des 8 sans papiers grévistes de la faim qui poursuivent leur mouvement.

RASSEMBLEMENT TOUS LES JOURS 18H PLACE DE LA REPUBLIQUE A LILLE
APPEL AUX SOUTIENS, AUX ORGANISATIONS ASSOCIATIVES, SYNDICALES, POLITIQUES A RENDRE VISITE, A SOUTENIR LES SANS PAPIERS GREVISTES DE LA FAIM ENVOYES AUX QUATRE COINS DE LA REGION : CAMBRAI, CALAIS, DUNKERQUE, BETHUNE, LENS, FOURMIES, VALENCIENNES, TRITH SAINT LEGER, LILLE, ARRAS, ROUBAIX, MAUBEUGE...

[Source : CSP59]

Mercredi 12 décembre 2012

Le préfet doit prendre en compte la grève de la faim !

« Camarades, la victoire va arriver, on est presque arrivé. Il ne reste pas grand-chose et selon notre détermination sera le résultat. Courage mes frères et sœurs ».

Voilà le message d’encouragement par sms que les grévistes de la faim s’envoient entre eux et elles et aux manifestants sans papiers, soutiens et militants qui manifestaient ce samedi 8 décembre.

En retour les manifestants faisaient parvenir aux sans papiers grévistes les images filmées de la manifestation.

Ayant appris que six sans papiers grévistes avaient été expulsés du foyer de Dunkerque où la préfecture les a mis, la manifestation s’est rendue au CHR pour découvrir que les six avaient été transférés au foyer de la rue Lambersart.

Certes la préfecture en recevant une délégation du CSP59 le jeudi 6 décembre a montré sa nouvelle disposition de prendre en compte la revendication qui dure depuis 2007 de droit à la défense argumentée des dossiers tous les mois du mouvement social, citoyen, anti-raciste et antifasciste qu’est l’auto-organisation des sans papiers composante indéniable de la société civile.

Cette ouverture de la préfecture que le CSP59 apprécie et partage doit trouver ABSOLUMENT son prolongement par la prise en compte de la grève de la faim qui a démarré le 2 novembre dernier.

Partant des engagements électoraux du président Hollande, à savoir « pas de régularisation massive et cas par cas juste », le CSP59 a fait une proposition de sortie de la grève de la faim qui permet de rester dans le cadre de la circulaire.

Le CSP59 demande à la préfecture d’arrêter la stratégie qui consiste à transférer les grévistes de la faim des hôpitaux aux foyers d’hébergement de la région Nord-Pas-de-Calais avant parfois de les jeter à la rue aux portes des hôpitaux sous ce grand froid et tout cela dans le but de les fatiguer, de les décourager et les pousser à l’abandon. Ce que l’utilisation du GIPN (censé être un corps d’élite spécialisé dans la lutte contre les terroristes) n’a pas obtenu lors de l’évacuation du temple de l’église réformée ne saurait être obtenu en maltraitant les grévistes de la sans papiers et en essayant de dénaturer leur lutte en besoin de sdf.

Le CSP59 demande à la préfecture de prendre en compte sa proposition afin que la souffrance et la dégradation de la santé des grévistes de la faim soient écourtées, sans compter que le risque d’accident grave devient de plus en plus important au fil des jours de grève de la faim. Les 50 jours sont toujours un tournant dans une grève de la faim qui voient certains grévistes basculer dans le suicidaire parce que voyant dans l’interlocuteur qui doit répondre à sa revendication le mépris pour sa santé et sa vie.

Le cynisme fasciste des Le Pen et du FN faisant du chantage sur les soi-disant « appel d’air des régularisation » doit être démasqué comme un mensonge manipulateur. En effet régulariser dans un contexte de grève de la faim et permettre l’exercice du droit à la défense argumentée des dossiers a permis de 2004 à 2007 sur la base de l’accord DELARUE de ne pas pousser les sans papiers au désespoir et donc à la grève de la faim. Ceci est tellement vrai que la grève de la faim a été provoquée par le préfet Sarkoziste de 2007, M. CANEPA, lorsqu’il a fait rafler soixante sans papiers occupants et mis en vain dans un avion pour les expulser trois d’entre eux dont un annoncé régularisé.

Le CSP59 appelle à la poursuite de la MOBILISATION SOLIDAIRE AVEC LES GREVISTES DE LA FAIM SANS PAPIERS PAR DES MANIFESTATIONS LES PLUS MASSIVES POSSIBLES :

• Dimanche 09/12/12 à 11h au Marché Wazemmes au 39éme jour

• Lundi 10/12/12 à 18h à Place de la République au 40éme jour

• Mardi 11/12/12 à 18h à Place de la République au 41éme jour

• Mercredi 12/12/12 à 18h à Place de la République au 42éme jour

• Jeudi 13/12/12 à 18h à Place de la République au 43éme jour

• Vendredi 14/12/12 à 18h à Place de la République au 44éme jour

• Samedi 15/12/12 à 18h à Place de la République au 45éme jour

[Source : CSP59]

Dimanche 9 décembre 2012

L’Etat français invite les églises à ouvrir leurs portes aux SDF… et demande à l’église réformée de Lille d’évacuer les Sans Papiers en grève de la faim !

Les radios et la presse font état de l’appel de l’Etat Français adressé aux Eglises et autres lieux de cultes d’ouvrir et accueillir les sans domicile fixe (sdf) en cette période de grand froid qui s’en vient.

Mais ici « l’exception Lilloise » ou l’apartheid Lillois est qu’au même moment l’Eglise Réformée est contrainte par la préfecture à présenter par un huissier une requête qui ordonne l’expulsion des grévistes de la faim à plus de 30 jours du temple protestant du 165 rue pierre Legrand.

A lire ou écouter la presse on observe l’éternel retour des rengaines racistes et colonialistes selon lesquelles les grévistes sont de « grands enfants » manipulés par des « gourous ». Mais quand un Maire se couche et fait grève de la faim, il n’arrive à aucun esprit de ces grands républicains ou démocrates auto-proclamés donneurs de leçon de rechercher quel « gourou » se cache derrière cette grève de la faim.

La préfecture continue à rester sourde à nos revendications en nous présentant comme des étrangers qui n’ont aucun respect pour l’Etat français.

Ainsi on nous demande de « mettre de l’eau dans notre vin » parce que nous tiendrions des propos « durs », mais quand le délégué de Florange crie sa révolte en parlant de « trahison » après l’agitation par le gouvernement de la « menace » de la nationalisation, personne n’allègue des « propos durs » pour les discriminer comme le fait la préfecture pour le CSP59 depuis que M. Canepa, ex-préfet, ex-directeur de cabinet adjoint de Sarkozy alors ministre de l’intérieur a décidé, après s’être auto-nommé préfet dans le nord, d’utiliser l’appareil de l’Etat pour en finir avec le CSP59 en liquidant l’accord Delarue conclu sous le premier ministre Rafarin en 2004.

La circulaire du ministre Valls donne comme directive aux préfets de permettre la défense argumentée des dossiers des sans papiers par les syndicats, les associations et les collectifs, alors l’apartheid préfectoral vis-à-vis du CSP59 qui perdure depuis 2007 peut-il encore perdurer comme « exception Lilloise » ?

Or si le préfet avait eu un minimum d’écoute et si au lieu de s’enfermer dans une vision de la société civile fondée sur le principe royaliste du « monarque qui choisit ses courtisans », il avait compris que l’autorité de l’Etat repose avant tout sur la justesse de ses actes, nous ne serions pas aujourd’hui dans une crise dont la sortie ne peut être que la régularisation « humanitaire » dont parle la circulaire Valls.

Le CSP59 réaffirme qu’il est temps et grand temps que l’administration Française se débarrasse des séquelles d’une vision colonialiste des sans papiers, des immigré(e)s, des Arabes, des Berbères, des Noirs, des Asiatiques et des musulmans.

Le CSP59 invite le préfet à lire toutes ses nombreuses déclarations entre 2004 ( accord Delarue) et 2007 (avant que le préfet Canepa ne vienne ici pour nous écraser) pour se rendre compte que nos déclarations sont adaptées aux attaques et agressions dont nous faisons l’objet.

Le CSP59 exige un respect et en retour sait que le respect doit être réciproque, surtout quand il s’agit de l’Etat.

Le CSP59 précise que la revendication légitime de la régularisation de tous les sans papiers ne nous a jamais, depuis 16 ans, empêché d’œuvrer dans le cadre du « cas par cas » imposé par le rapport des forces du moment à l’exercice du droit à la défense argumentée des dossiers en préfecture.

Le CSP59 appelle au sens de la responsabilité de l’Etat qui, depuis 2007, va toujours dans une dérive répressive et arbitraire vis-à-vis des sans papiers, particulièrement à Lille en acceptant le droit à la défense argumentée des dossiers tous les mois en préfecture et en acceptant une solution humaine réaliste que nous sommes à même de présenter dès que la préfecture daignera nous entendre.

[Source : CSP59]

Grève de la faim : APPEL A SOUTIEN !

Depuis le 02/11/12, des Sans papiers se sont déclarés en grève de la faim. Sans aucune réaction préventive du Préfet du Nord, ils viennent aujourd’hui, dimanche 25 novembre de trouver refuge au Temple de l’Eglise Réformée de Fives (165 rue Pierre Legrand) à Lille, pour demander à l’hôpital et au SAMU de faire constater la réalité de la grève de la faim afin que le Préfet du Nord prenne la mesure de la situation de désespoir dans laquelle il a poussé les Sans Papiers et qu’il donne satisfaction aux revendications suivantes :

• recevoir le CSP59 qui lui remettra la liste portée par la grève de la faim en vue d’une régularisation.

• le droit à la défense argumentée mensuelle par le CSP59 en Préfecture des autres situations.

Sur les 125 grévistes de la faim, 17 ont été évacués dans les hôpitaux entre 13 h et minuit ce dimanche. Suite aux examens médicaux, les hôpitaux leur ont délivrés un bon de sortie.

A 19h30, 3 grévistes de la faim, puis un peu plus tard 2 autres, sont évacués à l’hôpital Provot de Roubaix. Il ne leur a été fait qu’une prise de sang, alors que les grévistes demandaient des examens complets démontrant la réalité de leur grève de la faim aux yeux du Préfet. L’hôpital a ensuite refusé de leur donner les résultats, contrairement à ce que dit la « Charte du patient », et a fait appel à la police. Les sans papiers n’ont quitté l’hôpital qu’avec un bon de sortie.

Les grévistes de la faim sont, à 02 h ce lundi matin, toujours à l’Eglise Réformée de Fives et espèrent que le Préfet ne laissera pas perdurer une grève de la faim qui met en péril leur santé et leur vie.

Le CSP 59 appelle à soutenir les sans papiers grévistes de la faim et a leur apporter de l’eau, du sucre, du thé, des couvertures.

[Source : CSP59]

Plus d’une centaine de Sans Papiers occupent le siège du PS et déclarent poursuivre leur grève de la faim !

Ils, elles étaient exactement 130 sans papiers dont quatorze enfants et nourrissons à occuper le siège de la Fédération nord du PS. Deux sans papiers ont été arrêtés puis relâchés.

Plusieurs dizaines de sans papiers et soutiens se sont retrouvés à l’extérieur scandant les slogans de la lutte.

Le PS a porté plainte contre les « occupants sans papiers et l’organisateur (sic !) pour violation de domicile privé et séquestration des employés (sic !) » qui se promenaient de salle en salle, allaient dehors, rentraient de nouveau, bref drôle de « séquestration ».

A la demande du PS et suite à sa plainte pleine d’inexactitudes, des compagnies de CRS, plus des agents de la BAC et de la PAF ont envahi les rues environnantes et la rue Lydéric préparant la charge pour expulser, trier et rafler les occupants sans papiers.

Débutée vers 11h l’occupation prend fin vers 15h suite à une négociation avec le préfet lui-même par l’intermédiaire du Commissaire central chargé de l’évacuation.

Le préfet déclare que son cabinet recevra une délégation en vue du réexamen sur la base de la circulaire ministérielle qui sort la semaine prochaine.

Les sans papiers qui se déclarent en grève la faim, après avoir entendu le compte rendu fait par leur porte parole qui a été reçu par le Commissaire et le responsable du local du PS, ont décidé (un peu dans la confusion il est vrai) de sortir tout en réitérant auprès du préfet leurs revendications qui figurent dans les attestations sur l’honneur accompagnées du certificat médical qu’ils, qu’elles se sont engagé(e)s à remettre à leur AG à travers leurs référents juridiques :

• La régularisation des grévistes de la faim et de l’ensemble de leurs camarades de la liste qui sera déposée en préfecture ;

• Le droit à la défense argumentée des dossiers par le CSP59 tous les mois en préfecture.

Le PS a pris l’engagement de recevoir une délégation du CSP59, ce qui sera fait et nous le demandons au plus haut niveau pour que ce parti au pouvoir prenne toute la mesure de l’inhumanité d’une continuité de la lamentable, funeste et indigne politique de Sarkozy et d’une droite réduite à singer le FN. Le « changement » promis ne doit pas devenir « les promesses électorales sont faites pour ceux qui y croient ».

Il est fondamental que les autorités prennent la mesure du fait que les sans papiers se déclarent en grève de la faim depuis le 2 novembre lors de l’occupation de la Maison de la Médiation de la Mairie de Lille et plus les jours passent plus la grève de la faim s’installe et donc que l’on va vers une situation de non retour en arrière parce que la seule solution sera de régulariser.

Une telle situation est entièrement de la responsabilité du préfet lui-même qui n’aura pas pris la mesure de la détresse dans laquelle il a mis les sans papiers, qui pourtant, ne demandaient que le droit de pouvoir défendre leurs dossiers. Il est clair qu’avec la grève de la faim déclarée par les sans papiers, à la revendication initiale s’ajoute celle de la régularisation de la liste qui sera déposée en préfecture à partir du 19 novembre prochain.

Le CSP59 demande à l’ensemble des soutiens solidaires et militants d’organiser une chaîne de solidarité et une pyramide d’information sécurisée afin de préparer la sortie massive des grévistes de la faim le jour J.

En attendant le CSP59 poursuit ses actions de mobilisation et d’occupation et préparent activement le concert de la fraternité et de la solidarité des travailleurs avec et sans papiers à la Bourse du Travail de Lille, rue Geoffroy Saint Hilaire, le samedi 17 novembre à partir de 15h.

[Source : CSP59]

3/12/2012

Lille : en grève de la faim depuis un mois, 120 sans-papiers occupent un temple

Alors que Cécile Duflot en appelle à l’Eglise pour héberger des sans-abri, 120 sans-papiers occupent le temple protestant de Lille-Fives, depuis le 25 novembre. Ils sont tous en grève de la faim, depuis 32 jours pour les plus anciens, plus de 25 pour les autres.

Pour les responsables de l’Eglise réformée, la situation est compliquée. Les fidèles ne peuvent plus assister au culte dans le bâtiment occupé.

D’après La Voix du Nord, les responsables du temple ont finalement sollicité l’évacuation des lieux ce lundi. Le conseil presbytéral s’était jusque-là refusé à faire intervenir les forces de l’ordre, par principe.

Tenant à éviter que d’autres sans-papiers se joignent aux occupants, les responsables du temple filtrent les entrées. Pas de journalistes, pas de curieux et pas trop de militants. Ils restent devant la porte.

Le Comité de soutien aux sans-papiers (CSP59) peut toutefois faire passer à l’intérieur de l’eau, du sucre, du thé et du café (seule alimentation possible pour des grévistes de la faim). Le temple est situé à quelques mètres du local du collectif, qui sert de base logistique.

Alexandre, l’un des soutiens, a réussi à entrer dans le temple vendredi, à l’occasion d’un ravitaillement en boissons. Il se dit « dégoûté et révolté » par l’attitude du préfet du Nord, qui « fait mine d’ignorer l’occupation et la grève de la faim » :

« Après des manifestations chaque mercredi soir, de multiples rassemblements devant la préfecture, des marches, des cérémonies de parrainages, des rendez-vous avec des élus ou des maires ainsi que des occupations (qui se soldent par des gaz, des coups de matraques et des arrestations), les sans-papiers ont décidé de mettre leur vie en danger. »

Le militant a pris des photos et tourné une vidéo, « à la demande des sans-papiers », pour essayer de médiatiser leur situation au-delà de la presse locale. On y voit des dizaines de personnes, allongées dans des lits de fortune à l’intérieur du temple, parfois un gobelet à la main.


Grève de la faim des sans-papiers à Lille par rue89

GRÈVE DE LA FAIM DES SANS-PAPIERS À LILLE, VENDREDI 30 NOVEMBRE.

Une cinquantaine de passages à l’hôpital

Kamel, du CSP59, s’inquiète. « On est pas en train de jouer. » Il rapporte « une cinquantaine d’évacuations » par les pompiers et le Samu depuis une semaine, après des malaises.

Selon le Centre hospitalier régional universitaire de Lille, ce sont au total « 100 personnes » qui « ont été prises en charge par le SAMU 59 et transférées sur tous les services d’urgence de la métropole lilloise. »

Refusant malgré tout de s’alimenter, les sans-papiers finissent par revenir au temple, contre l’avis des médecins. Kamel décrit la situation :

« A l’intérieur, il y a des hommes et des femmes de toutes les nationalités : des Maghrébins, des gens d’Afrique noire, des Asiatiques. Il y a aussi quelques enfants, qui ne font pas la grève de la faim bien sûr.

La préfecture n’est pas venue, ils ne nous ont même pas appelés. Ils n’ont parlé qu’avec la Ligue des droits de l’homme (LDH), pour leur dire que les sans-papiers doivent cesser la grève de la faim et quitter les lieux, avant toute négociation. »

Annick Batallan fait partie des membres de la LDH qui ont rencontré le directeur de cabinet du préfet, mercredi dernier. Elle déplore une situation « extrêmement bloquée » :

« L’un des sans-papiers nous a dit qu’il avait déjà fait la grève de la faim à Roubaix, il y a quelques années. Il a arrêté quand la préfecture a promis de réexaminer les dossiers, mais n’a pas été régularisé. Cette fois-ci, il est donc hors de question qu’il bouge.

A la LDH, nous ne sommes pas très partisans de la grève de la faim, un mode d’action violent pour les grévistes, mais ce sont des adultes responsables. Nous n’avons pas à leur dire quoi faire.

Ils sont dans un triste état. Certains ont dit que c’était bidon, vu l’état dans lequel ils sont je peux témoigner qu’ils ne mangent pas. Tous ces sans-papiers sont amenés à la grève de la faim par l’attitude du gouvernement et de la préfecture.

Il y a eu un immense espoir après les élections présidentielles et législatives, et depuis six mois on attend. Après dix ans de sarkozysme, c’est le désespoir. »

Hollande élu, « on avait fait la fête »...

Sans illusion, la LDH a écrit à nouveau à la préfecture du Nord ce lundi matin. Kamel, lui, répète qu’ils n’ont « pas demandé la Lune » :

« Ce sont des gens avec des dossiers béton, des emplois. La politique menée est dans la continuité de ce que faisait l’UMP. Nous n’avons ressenti aucun changement, pourtant on avait fait la fête... »

Ce lundi matin, un huissier est passé au temple, évoquant une expulsion prochaine pour raisons sanitaires. Mais, selon Kamel, il n’a précisé « ni le jour ni l’heure ». La préfecture du Nord n’a pas donné suite à notre appel.

[Source : Rue 89]

Infos du 14 Décembre - 45e jour :

Des camarades grèvistes (7 ce jour) se sont fait sortir du CHR ce matin vers 7h. Ils ressortent souvent sans aucune couverture, et le besoin de soutien avec des couvertures (disponible au local du CSP) dans ces moments là est presque quotidien.

Le camarade incarcéré au CRA il y a quelques jours, et hospitalisé hier en psychiatrie, passait eu TA ce matin, et a été libéré.

Un dernier grèviste de la faim est toujours au CRA, arrêté hier matin par la police au CHR de Lille.

Infos du 13 Décembre :

Appel à la mobilisation au Tribunal Administratif de Lille (rue Jacquemars Gièlé) demain matin vendredi 14 décembre à partir de 9h pour soutenir le gréviste de la faim sans papiers qui été placé hier au centre de rétention et qui a été transféré en psychiatrie à l’hopital Dron à Tourcoing sous garde policière. Il sera demain à son 45 eme jour de grève de la faim.

Nous venons d’apprendre que le sans papiers gréviste de la faim dont nous étions sans nouvelle et qui a été arrêté par la police est détenu au commissariat de Lille depuis ce matin.

Le CSP59 demande leurs libérations

Les camarades sans papiers qui étaient dans les urgences pendant la nuit passé (12 au 13) ont été mis dehors ce matin, repoussés par la sécurité de l’hopital (sécurité renforcée actuellement par l’intervention d’une boite privée). Après environ une heure dehors, sans protection contre le froid hormis leurs vêtements, les deux groupes de camarades se sont rassemblés.

Dans le même temps, deux camarades grèvistes ont été embarqué (depuis l’intérieur de l’hopital) dans un fourgon et emmenés par la police.

La police est de nouveau intervenu, sur demande notamment du responsable de la sécurité de l’hopital, pour repousser les camarades grèvistes jusqu’en dehors des plates bandes de l’hopital. Trois camarades ont fait un malaise et ont été transféré aux urgences, où ils n’ont pas été reçus par un médecin (au prétexte d’une précédente sortie trop récente…). Ils ont été de nouveau mis dehors dans les heures du midi.

En parallèle, le camarade sans papier gréviste de la faim qui était placé en centre de rétention (risque d’expulsion vers l’espagne - Accords de dublin…) a été transféré aux urgences du CHR dans la nuit passé où il est resté jusqu’aux heures du midi. Il a ensuite été hospitalisé en psychiatrie.

Infos du 12 Décembre :

Sauf changement selon les évènements, une Assemblée Générale est prévue ce soir après la manifestation. Elle est ouverte à touTEs, les personnes sans papiers comme les soutiens.

9h : Les 7 camarades sans papiers grèvistes de la faim ont passé la nuit devant les urgences de l’hopital St Vincent. Besoin de soutien sur place pour les soutenir.

Infos du 11 Décembre :

Dans la nuit : Un des camarades grèviste de la faim été transféré du commissariat à l’hopital pour être hospitalisé. Les autres camarades qui étaient au commissariat de la faim sont à St Vincent et se font jetés des urgences un à un (avec l’aide de la BAC). Ils restent pour le moment devant les urgences de St Vincent

19h45 : Le rassemblement continue devant le commissariat central, un sans papier grèviste de la faim est encore à l’intérieur.

16h35 : Le rassemblement est toujours en cours, une trentaine de personnes sont présentes. Les sans papiers grèvistes de la faim ne sont pas en garde à vue mais n’ont pas encore été libéré

14h : Appel à un rassemblement devant le commissariat central en soutien aux camarades grèvistes interpelés

13h : Les grèvistes de la faim, restés hier soir aux urgences, ont été mis dehors ce matin. Ils se sont réfugiés dans la station de métro et suite à un contrôle Transpole, ont été arrêtés puis emmenés au Commissariat Central de Lille.

Après de nombreuses actions et occupations durant les derniers mois et aucune réponse dela préfecture à leur revendication,les sans papiers organiséEs au sein du Comité des Sans Papiers 59 (CSP59) ont entâmé une grève de la faim depuis le 2 Novembre 2012.A partir du 25 Novembre, l’église réformée de fives a été occupée par 125 sans papiers en grêve de la faim.

Ce mardi 4 décembre, la préfecture a fait expulser les occupantEs de l’église par l’intervention du GIPN et de dizaines de camions de CRS.. AmenéEs dans un premier temps à l’hopital Roger Salengro, les grèvistes ont ensuite été disperséEs dans de nombreux hopitaux de la région (Lille, Wattrelos, Tourcoing, Lomme, Seclin, Douai, Hazebrouck, Lens, Valenciennes, Denain) durant la nuit du mardi 4 au mercredi 5 décembre.

Mais la frénésie répressive et raciste de l’Etat ne s’est pas arrêtée pour autant, les sans papiers de sont fait jetéEs des hopitaux ce mercredi 5 décembre, et sont actuellement rassembléEs face aux urgences du CHRU de Lille, en présence de nombreux cars de CRS.

Le jeudi 6 décembre, les pompiers ont emmenés les grêvistes dans les hôpitaux de Fourmie, Maubeuge, Cambrai, Douai et Valenciennes. Un rassemblement permanent a toujours lieu devant les urgences du CHR de Lille (Salengro).

Un communiqué de la préfecture du 7 décembre annonce un « début d’un processus de discussion entre la préfecture et une délégation du comité des sans-papiers ». Une nouvelle rencontre devrait avoir lieu ce lundi 10 décembre.

Après avoir été emmenés dans les différents hopitaux de la région, puis mis dehors, les grèvistes de la faim sont actuellement dans différents foyers d’hébergement de la région.

Le Samedi 8 Décembre, une manifestation régionale a eu lieu en soutien aux grévistes de la faim, de la place de la république à Lille jusqu’au centre de rétention de Lesquin.

Le Lundi 10 décembre, des camarades sans papiers en grève de la faim ont été rapatriés aux urgences du CHR de Lille où l’hospitalisation leur a été refusé. Elles et ils sont restéEs devant les urgences sous des bâches et couvertures, tandis que le directeur de l’Hopital menaçait d’appeler la police, ce qu’il finit certainement par faire.

A 18h, la manifestation de République est transormée en rassemblement au CHR. Le rassemblement n’attire pas que les manifestantEs, et 7 camions de CRS arrivent en même temps, suivi de peu par trois voitures de la BAC et autant de la PAF avec un fourgon d’embarquement banalisé (PAF).

Les soutiens se déplacent devant l’entrée des urgences alors que les CRS se déploient et les pontes du commissariat de Lille vont discuter avec les camarades grèvistes. Le temps passe, la police filme, les militantEs aussi…Les agentEs de la PAF, BAC et le camion d’embarquement avancent au niveau des grèvistes de la faim. Alors qu’une rafle se laisse présumer, les grèvistes de la faim se lèvent aider des soutiens et sont de nouveaux acceptés aux urgences pour être examinés. Les soutiens sont ensuite contraints de s’éloigner jusqu’à la route suivante par les CRS.

L’attente reprend…et les premiers camarades grèvistes finissent par sortir, avec un refus supplémentaire par l’hopital de les hospitaliser Certains ne
recoivent même pas de lettre lors de leur sortie des urgences…

Alors que tous les camarades grèvistes sont sortis des urgences, le médecin-chef vient accompagné des stars locales du commissariat, et propose aux grèvistes dans un élan d’humanisme de pouvoir rester dans les urgences, accompagnés de quelques autres personnes. Les grèvistes acceptent.

Le rassemblement prend fin peu après, il est 22h30, une voiture banalisé est venu se positionner un peu plus haut sur la route, gyrophares allumés, avec 3 ou 4 BACeux hargneux à ses côtés. Une provocation supplémentaire…

Dans son communiqué du 9 Décembre, le CSP59 appelle à la poursuite de la MOBILISATION SOLIDAIRE AVEC LES GREVISTES DE LA FAIM SANS PAPIERS PAR DES MANIFESTATIONS LES PLUS MASSIVES POSSIBLES.

 ! SOLIDARITE AVEC LES SANS PAPIERS !

[Source : indymedia Lille]

Tuez les tous, ça ira plus vite (bis) !

Une centaine d’étrangers sans papiers sont en grève de la faim depuis 44 jours pour tenter de sortir du blocage provoqué par la fin de non recevoir opposée par le préfet à leur demande de régularisation. Une grève de la faim presque invisible, un dialogue de sourds sans fin. Cela se passe à Lille, l’une des grandes métropoles françaises.

Notre voisin blogueur philippe alain ne nous tiendra pas rigueur de reprendre un titre de billet que lui inspira la crise d’évacuation de camps de Roms à partir de l’été 2012.

Bien des étrangers sont venus pour travailler, envoyés par leur famille ou leur village gagner ici de quoi les faire vivre là-bas. La loi est ainsi faite qu’il faut être ici depuis dix ans (et le prouver) pour avoir une chance d’obtenir un titre de séjour. Dix ans d’insécurité, de précarité extrême et d’exploitation au travail, c’est long. D’où les collectifs qui se regroupent autour d’un slogan logique dans sa radicalité : « Régularisation de tous les sans-papiers » (Tiens, un alexandrin ! Au pays de Racine et Hugo…). Ils lancent des actions spectaculaires, telle l’occupation de la Bourse du travail à Paris en 2009, créant parfois incompréhension et malaise chez les associations « amies » et les syndicats. Et ils tentent de négocier les régularisations directement avec le préfet.

Le CSP59 (Comité des sans papiers 59) est actif dans le Nord depuis le milieu des années 1990. Un livre co-écrit par une partie de ses membres permet de se faire une idée « de l’intérieur » de la trajectoire et du rapport à la société d’« accueil » de ces personnes que l’on ne voit que trop comme un bloc abstrait : la république à l’école des sans papiers.

Les négociations avec les préfets successifs ont connu des phases contrastées. EA près leur exclusion de la réunion mensuelle de concertation par le préfet qui n’appréciait pas leur attitude - « on nous demande de « mettre de l’eau dans notre vin » parce que nous tiendrions des propos « durs », mais quand le délégué de Florange crie sa révolte en parlant de « trahison » après l’agitation par le gouvernement de la « menace » de la nationalisation, personne n’allègue des « propos durs » pour les discriminer comme le fait la préfecture pour le CSP59 » - le dialogue de sourds s’était installé. Le 2 novembre 2012, « les sans papiers qui occupent depuis ce matin la maison de la médiation, porte de Paris à Lille, face au blocage de la situation, viennent de voter en assemblée, la grève de la faim qu’ils ont décidé d’entamer immédiatement ». Les grévistes seront 120.

Le 8 novembre, ils occupent brièvement le siège de la fédération Nord du Parti Socialiste, bientôt délogés par les forces de police. Le CSP59 persiste dans sa revendication : « Une telle situation est entièrement de la responsabilité du préfet lui-même qui n’aura pas pris la mesure de la détresse dans laquelle il a mis les sans papiers, qui pourtant, ne demandaient que le droit de pouvoir défendre leurs dossiers. Il est clair qu’avec la grève de la faim déclarée par les sans papiers, à la revendication initiale s’ajoute celle de la régularisation de la liste qui sera déposée en préfecture à partir du 19 novembre prochain. ».

Le 25 novembre, toujours en grève de la faim et toujours sans signal d’écoute de la préfecture, ils occupent un temple protestant de Fives-Lille d’où ils seront délogés le 4 décembre dans la soirée, et méthodiquement répartis dans divers hôpitaux du département :

- 12 au CHR de Lille

- 12 à l’hôpital Saint-Vincent

- 3 à l’hôpital Saint-Philibert

- 7 à l’hôpital Provo de Roubaix

- 6 au CH Dron de Tourcoing

- 6 à l’hôpital de Wattrelos

- 8 à l’hôpital de Seclin

- 7 à l’hôpital d’Armentières

- 7 à l’hôpital de Valenciennes

- 7 à l’hôpital de Denain

- 7 à l’hôpital de Douai

- 7 à l’hôpital d’Hazebrouck

- 7 à l’hôpital de Lens. Ils étaient encore 96 au total.

Leur mouvement est soutenu par des élus, par la Ligue des Droits de l’Homme, la Fédération des Associations de Solidarité avec les Travailleur-euse-s Immigré-e-s (FASTI, la CGT Éduc’Action Nord, par les militants qui se retrouvent au rassemblement quotidien à 18h30 Place de la République à Lille.

Aujourd’hui, selon le CSP59, « les grévistes de la faim sont éparpillés dans les structures d’hébergement »Grand Froid« pour la majorité et dans les hôpitaux pour la minorité qui est systématiquement jetée ensuite aux portes des urgences comme c’est le cas des sept grévistes qui ont passé la nuit d’hier à -4°C à terre devant l’hôpital Saint Vincent. Le message implicite : la grève de la faim n’existe pas, c’est une invention machiavélique du CSP59 ». L’un d’entre eux, enfermé au centre de rétention administrative de Lesquin en vue de son expulsion vers l’Espagne, a été libéré le 14 décembre sur décision du tribunal administratif.

Malgré une rencontre en Préfecture le 7 décembre ; où le CSP59 était accompagné de la LDH, du MRAP, du GRIAM et du Collectif Afrique, selon le CSP59 « les pressions auprès des grévistes de la faim ne cessent d’augmenter, (...) la Préfecture et le ministre de l’Intérieur poursuivent leur acharnement et refusent d’entendre la juste revendication des Sans Papiers en grève de la faim ».

Le ministre de l’Intérieur vient d’adresser aux préfets une longue série de préconisations visant à améliorer l’accueil des étrangers en préfecture. Puisse-t-il être entendu...

Martine et Jean-Claude Vernier

[Source : blog médiapart Droit des étrangers]