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Depuis le 2 mai, l’annexe de la Bourse du travail, rue Charlot, à Paris, est occupée jour et nuit par plus de 500 sans-papiers. Deux mois après les occupants sont toujours aussi déterminé à poursuivre leur action, et s’organisent pour faire connaître leur combat et renforcer l’unité de tous les collectifs de sans-papiers.

Le lendemain de la manifestation du 1er mai – largement dominée par le problème des sans-papiers –, le 2 mai, la CSP 75 – qui regroupe des collectifs des 11e, 18e et 19e arrondissements de Paris – organisait l’occupation, par un millier de sans-papiers, de l’annexe Eugène Varlin de la Bourse du travail, 85 rue Charlot.

Les premières semaines, ils n’occuperont que la cour du bâtiment, les salles leur étant fermées. Ils y supporteront y compris de très fortes pluies, jusqu’à ce que finalement, en juin, la grande salle de conférence soit ouverte, permettant de transformer celle-ci en immense dortoir.

Leur détermination n’aura pas faibli un instant. Ils ont occupé la Bourse du travail – siège, entre autres, de l’union départementale de la Cgt –, pour interpeller les syndicats sur le problèmes des travailleurs isolés, souvent sans fiche de paye, qui ne sont pas pris en compte dans le processus de revendication engagé. Ils auront pris la décision de cette occupation face au refus de la Préfecture de recevoir le millier de dossiers qu’ils voulaient y déposer, les renvoyant vers la Cgt, désignée alors comme interlocuteur unique pour des régularisations collectives.

Se battant pour la régularisation de tous les sans-papiers, la Coordination des sans-papiers 75 ne pouvait accepter cette nouvelle clause discriminatoire, se rajoutant par-dessus les innombrables « critères » imposés par l’administration pour d’éventuelles régularisations.

Des partis politiques et des organisations de soutiens aux sans-papiers se seront prononcées dès le premier jour contre cette occupation, considérant qu’elle était « inopportune » – susceptibles de « diviser » le mouvement. Les occupants de la Bourse du travail se retrouvent depuis dans un relatif isolement. C’est pour briser cet isolement que la CSP 75 a appelé une première fois le 8 juin a une réunion de tous les collectifs de sans-papiers de France, à laquelle ont assisté la plupart des collectifs de région parisienne, plus des représentants venus de Lille, d’Angers ou de Bordeaux.

Toujours pour rompre cet isolement, le 28 juin, la CSP 75 organisait une « conférence-débat télévisée sur matelas » – sur les matelas de l’occupation – dans la grande salle de conférence. Le thème de cette conférence : « enjeux et perspectives du mouvement des sans-papiers ». Y assisteront plus de cinq cent personnes.

Parallèlement, la commission presse des occupants de la rue Charlot a réalisé, avec l’aide du Quotidien des sans-papiers, un Journal de la Bourse du travail, dont le numéro 1 est paru le jour de la conférence [téléchargeable librement sur le site sanspapiers.info]. Les porte-paroles des occupants s’y expriment en détail sur le sens de leur action, et les perspectives qu’ils entrevoient. Ils y appellent de nouveau à la plus large unité des collectifs de sans-papiers, dans l’espoir d’instaurer un véritable rapport de forces afin de débloquer la situation face à l’intransigeance du gouvernement.

Et le 2 juillet, les occupants de la Bourse du travail pouvaient fêter leurs deux mois d’occupation ! Toujours aussi déterminés à poursuivre leur lutte.

QSP