Nous suivre :



Dossiers :
 
Articles :

La portée historique de l’évènement est déjà évidente pour les mouvements sociaux états-uniens, mais il se pourrait que cela devienne une référence internationale.

Source : teleliberte.net

Le maire de New York, Michael Bloomberg, avait annoncé l’évacuation de Liberty Plaza ce vendredi 14 octobre à 7:00 du matin. Mais dés 6:00 (12:00 à Paris) on pouvait voir en direct sur internet http://www.livestream.com/globalrev... la foule grandissante et enthousiaste crier « the people united will never be defeated », le peuple uni ne sera jamais vaincu, à l’arrivée de groupes de soutien aux couleurs des syndicats (Unions) ; ce slogan qui rappelle forcément les mouvements sociaux sud-américains qui ont bouleversé la géopolitique du cône sud depuis trois décennies a été suivi d’une marche silencieuse.

Bougies en mains, des centaines de personnes, peut-être même des milliers, ont fait face au dispositif policier de sécurité. Wall Street, désert et bunkérisé, le cœur du problème économique mondial a failli faire un infarctus. Vers 6:30 l’évacuation était officiellement reportée. C’est énorme. À la veille de la démonstration mondiale du 15 octobre, c’est une véritable répétition à l’échelle newyorkaise. Après avoir démontré leur détermination et leur patience sur le bitume newyorkais, ils viennent de démontrer leur efficacité collective face à une administration dont la réputation n’est plus à faire.

Après 27 jours d’occupation, le maire, qui n’a pas hésité à utiliser ses forces de l’ordre à plusieurs reprises, et qui a fait arrêter 700 manifestants en début de semaine, n’a même pas envoyé ces hommes au contact. Devant l’importance de la foule matinale, il a pris la décision qui s’imposait.

Des deux côtés de l’atlantique, le mouvement social international dont l’acte de naissance sera célébré dans le monde entier demain 15 octobre 2011, n’a aucune raison de s’arrêter. Il n’est pas spontané et il produit le programme politique le plus censé que j’ai entendu depuis mon éveil à la chose publique. Il est d’ailleurs la conséquence logique de l’hypocrisie, du cynisme et de l’arrogance croissante des oligarchies dirigeantes qui ont fait la preuve de leur corruption et donc de leur non-légitimité.

Depuis que les indignés espagnols ont fait leur apparition, euh non, depuis le printemps arabes, euh non, depuis la révolution islandaise, euh p’tet même depuis bien avant finalement, un autre monde est en marche. Ça ne se fera pas en un jour, mais ça semble maintenant tout à fait inéluctable. Reste une inconnue, qu’elle va être la réaction de défense des 1% ?

Ils ont tous les moyens ; ils ne seront peut-être pas raisonnables, ils ne l’ont pas été jusqu’ici ; leur défense repose structurellement sur les médias qui fabriquent l’opinion et ignorent l’essentiel, et sur la police et l’armée qui maintiennent les apparences et l’impunité. Il semble maintenant inévitable que les forces de l’ordre et les rédactions nationales vont devoir décider entre servir leurs hiérarchies et actionnaires, et défendre leur concitoyens. Ce sont maintenant plus de 200 villes aux États-Unis, et presque 2000 à travers le monde qui annoncent des mobilisations pour ce 15 octobre.

En France, vu la cohérence répressive de l’arsenal législatif mis en place sous Sarkozy et mis en application par son pote Guéant, vu aussi, le mutisme des médias qui ne semblent pas avoir remarqué un mouvement international sans précédent, après avoir couvert en direct le printemps arabe, il y a de quoi se poser des questions et avoir quelques inquiétudes. Surtout après les récents évènements de Mayotte et de Lyon. Espérons que demain nous soyons très nombreux, partout, et que les autorités françaises redeviennent aussi raisonnables que Mr. Bloomberg.

À demain.

PP

http://15october.net/fr/

http://www.meetup.com/occupytogether/

http://www.dailykos.com/story/2011/10/04/1022722/-Occupy-Wall-Street:-List-and-map-of-over-200-US-solidarity-events-and-Facebook%C2%A0pages?detail=hide