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Nouvelle journée d’action hier contre la réforme des retraites. La mobilisation a été assez forte dans les trois principales villes de l’Oise.

« Ce n’est pas facile de mobiliser les gens un samedi. Ils ont envie de se reposer, après leur semaine de travail, et puis ceux qui viennent de loin commencent à craindre de manquer de carburant. Dans ce contexte, le résultat de cette manifestation est vraiment inespéré. » Ce délégué syndical d’une entreprise compiégnoise dresse ainsi le portrait de la manifestation, contre la réforme des retraites, qui a eu lieu hier matin dans les rues de la ville impériale.

À Compiègne, de 3 000 à 5 000 participants selon la police, plus de 6000 selon les syndicats. Bien moins que mardi dernier — on comptait 10000 manifestants — mais assez exceptionnel pour un samedi. Peu de lycéens mais de nombreux salariés des entreprises de la région — en particulier les plus touchées par la crise — ont participé à ce long défilé dans les rues du centre-ville.

Point d’orgue de cette matinée : d’ex-salariés de Continental ont brûlé des pneus sur la place de l’hôtel de ville, puis sur le pont Solferino, un temps bloqué par les manifestants. « Il ne faut pas relâcher la pression, souligne l’un d’eux. Déjà, on se fixe un nouveau rendez-vous à mardi matin. On se retrouvera ici même, à 10 heures, pour une nouvelle manifestation. »

À Beauvais, c’est à 14 heures qu’était donné le rendez-vous de la contestation. 1700 manifestants selon la police et 7000 selon la CGT, ont battu le pavé de la cité de Jeanne Hachette dans le calme, entre pluie et soleil. Seul point sur lequel tout le monde est d’accord : la mobilisation aura été plus forte que le samedi 2 octobre. « Il ne faut manquer aucun rendez-vous. Bien montrer qu’il n’est pas question de céder », insiste une mère de famille, originaire de Mouy, venue avec son fils de 5 ans et demi, « drapeau rouge de la lutte » serré entre ses deux mains. Ses aînés, les lycéens, auront été très minoritaires dans ce cortège, alors qu’ils étaient plus de 600 à défiler dans les rues de la ville-préfecture vendredi. Quelques incidents avaient émaillé cette manifestation globalement bon enfant : la municipalité a ainsi porté plainte après la casse d’une des portes vitrées de l’hôtel de ville, qui avait été prise pour cible.

À Creil, les manifestants se sont retrouvés à 10 heures devant la Faïencerie. Ils étaient 2000 à avoir fait le déplacement, selon les syndicats. « Il y a moins de monde que mardi dernier à Montataire (NDLR : il y avait eu entre 4 000 et 6 000 manifestants), mais, le point positif, c’est que nous avons rassemblé plus de personnes que le samedi 2 octobre à Chantilly et qu’il y a de nouvelles têtes. » Touchés par des mesures de chômage partiel, environ cinquante salariés d’Arcelor ont participé au défilé. En revanche, les lycéens étaient absents. Le prochain rassemblement dans le Bassin creillois aura lieu mardi, à 10 heures, à Montataire.

[Source : Le Parisien]